Cafouillage dans la communication gouvernementale : Et si Orounla revoyait sa copie ?

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Nommé  le 5 septembre 2019, Alain Orounla, est devenu dès lors, Ministre de la Poste et de la communication, dans le gouvernement de Patrice Talon. Mais, après près de trois mois de fonction, cette communication gouvernementale dont il a hérité en tant que Porte-parole, se porte de plus en plus mal. Car, tellement il se plait et se complait dans ce rôle, au point où toutes ses sorties sur des dossiers sensibles voire controversés au lieu de tirer l’exécutif d’affaire, plongent davantage ce dernier et par ricochet, sèment la confusion dans l’opinion.

 

Depuis le 6 avril 2016 qu’il est en place, le régime de Patrice Talon, a attendu trois ans avant d’avoir en bonne et due forme, un Porte-parole. Et c’est à Alain Orounla, qu’est revenue cette charge au sein de l’équipe gouvernementale. Ainsi, par cette désignation formelle, l’on espérait avoir désormais une image de l’exécutif bien soignée et enfin débarrassée de certains couacs et fragments d’antan. D’autant plus qu’Avocat bon teint et surtout rhétoricien confirmé, l’homme malgré tout ce que certains béninois lui reprochaient par rapport à son passé, était sûr de remplir cette mission, sans crier grâce. Mais, il a fallu près de trois mois après son entrée en action, pour que cette dent dure qu’ont toujours ces concitoyens contre la promotion d’Alain Orounla, devienne de plus en plus justifiée. Et pour cause, depuis que l’homme joue ce rôle de Porte-parole, les choses semblent aller de mal en pire, quant à cette communication gouvernementale. À chacune de ces sorties, ses incartades et ce, surtout sur des dossiers sensibles. En témoignent d’ailleurs, ses affirmations sur le supposé appel téléphonique entre Patrice Talon et Boni Yayi. Des propos balayés dare-dare de revers par les proches de Boni Yayi, et non confirmés comme tels, par Patrice Talon lui-même, lors de son récent entretient avec des journalistes français. Pis, après avoir prophétisé une rencontre du siècle entre ces deux mêmes hommes en marge de la visite de la délégation de la Cedeao à Cotonou, tout s’est encore soldé par un échec retentissant puisque, la fameuse rencontre démentie à nouveau par les proches de Boni Yayi, a fini par faire long feu. Tout ceci, à l’instar de la dernière randonnée médiatique de ce ministre et au cours de laquelle, il n’a pas lésiné sur les mots comme à son habitude, pour justifier l’expulsion de l’Ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, l’allemand Oliver Nette. À ce niveau, même si Alain Orounla n’a pas parlé d’expulsion mais de retrait d’accréditation, il a quand-même donné les motifs qui ont sous-tendu cet acte du gouvernement, à l’endroit de l’Ambassadeur. Des dires sur lesquels, son collègue des Affaires étrangères et de la coopération, était obligé de revenir, tout en notifiant que le Bénin, n’a pas encore communiqué sur les motifs du retrait d’accréditation à Oliver Nette, en contraste donc avec les justifs du Porte-parole.  En clair, au lieu de sortir l’exécutif d’affaire, tout montre que le ministre Alain Orounla, ne fait que plonger Patrice Talon et son gouvernement dans le gouffre. Conséquence, le feedback que devraient avoir ses clarifications sur ces dossiers se transforme en incertitude et inquiétude. De quoi dégrader davantage l’image de ce gouvernement.

 

Nécessité de recadrer…

 

Si les qualités oratoires du Ministre Porte-parole, ne font sans nul doute aucun défaut, ses capacités à assurer cette charge à lui confier par le chantre du Nouveau départ, posent par contre un problème, pour un grand nombre. Par ces ratés qui ne sont que les corollaires incontestables de ses phrases et explications au-delà de la normale exigée en communication gouvernementale, tout porte à croire que l’ancien candidat aux législatives pour le compte du Bloc républicain (Br), confond la liberté de ‘’tout dire au prétoire’’, à celle qui régit ses nouvelles fonctions. Étant donné que l’homme porte désormais la parole de tout un gouvernement, la sensibilité, le choix de ses mots et la réserve dans son énonciation des faits, ne doivent plus être des choses sur lesquelles, les béninois seront obligés de le tenir en haleine. Surtout, dans ce contexte où ça continue de gronder en guise de conséquence à la crise politique, ne pas mettre la majorité des populations d’accord sur des sujets aussi sensibles qu’ils soient, est un vrai camouflé pour un porte-parole et pour l’équipe qu’il représente. Dans ces conditions où l’optimisme béat laisse ainsi place au doute cartésien, la nécessité pour le ministre Alain Orounla de vite  trouver le fil d’Ariane afin de renverser la donne, s’avère désormais impérieuse. La crédibilité de l’État béninois en dépend.

 

J.G

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