Expulsion d’Oliver Nette : Agbénonci joue l’apaisement

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Après la convocation de certains Ambassadeurs du Bénin dans quatre pays de l’Union, suite à la décision du Bénin d’expulser l’ambassadeur Oliver Nette, Aurélien Agbénonci a commencé par user d’une certaine pondération dans cette expulsion, contrairement au ton ferme de départ.

 

Une semaine après que le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Aurélien Agbénonci, au nom du gouvernement béninois, a notifié au chef de la délégation de l’Ue cette décision, on en sait un peu plus sur les motifs qui se cachent derrière. « Il est apparu que cette coopération a été un peu perturbée par ce diplomate qui se laisse aller à des activités que nous pouvons considérer comme subversives pour notre pays », déclarait le Porte-parole du gouvernement, le Ministre Alain Orounla, pour justifier l’expulsion du diplomate. En clair, selon l’Etat béninois, Oliver Nette a déjà épuisé son quota de tolérance au Bénin. Mieux, Alain Orounla, dans la suite de ses explications, a tenu à rassurer les uns et les autres, sur la bonne voie qu’a prise le gouvernement, en actant cette expulsion de l’Ambassadeur. Mais c’était sans compter sur les promptes réactions de certains pays de l’Ue. En effet, les Ambassadeurs du Bénin en France, en Belgique, en Allemagne et en Hollande ; pays phares de l’Ue, ont été convoqués hier par les Ministères des Affaires étrangères de ces pays. Certainement, ces pays veulent savoir un peu plus sur les raisons qui motivent ce renvoi du patron de l’Ue au Bénin, à l’instar de la stupéfaction de certains membres de la Délégation. Après donc ce premier acte fort de ces pays de l’Ue en réaction à cette expulsion et, suite à la sortie d’Alain Orounla, le gouvernement béninois a commencé par revoir sa posture. En moins de 24 heures donc, il essaye de calmer le jeu. Et c’est au Ministre Aurélien Agbénonci, qu’est revenu  l’exercice, sur la radio internationale allemande “Deutsche Welle” dans la soirée d’hier. Contrairement au ton ferme employé au début de l’affaire, Aurélien Agbénonci est apparu souple et n’a pas voulu verser dans les mêmes qualitatifs que son collègue Porte-parole, quelques heures avant. « On ne l’a pas expulsé. On a retiré un agrément. On a renouvelé notre attachement à la coopération avec l’Union européenne. La nationalité de l’individu n’a pas du tout influencé la décision. Nous avons d’excellentes relations avec l’Allemagne et nous tenons à préserver nos relations tant avec l’Union européenne qu’avec l’Allemagne », a estimé le Patron de la diplomatie béninoise. Plus, il a même estimé que le Bénin n’a pas communiqué sur ce qu’il reproche à l’homme. A l’aune de cette nouvelle déclaration, il est évident que ces propos d’Aurélien Agbénonci, qui contrastent avec les déballages d’Alain Orounla, justifient le changement de ton du Bénin, dans cette affaire, contrairement à sa posture de départ.

Elle n’est certainement pas la première…

 

Pour certains affidés du pouvoir, la décision qu’a prise le Bénin concernant cet Ambassadeur, caractérise la force et la célébrité du pays dans les relations internationales, depuis l’avènement du pouvoir de la Rupture. Pour d’autres, c’est une première dans l’histoire du pays et cela est perçu par eux, comme un exploit réalisé par Patrice Talon et son équipe. Ce qui n’est d’autant pas vrai puisqu’en 2013, le Bénin a déjà été obligé de congédier l’ancien Ambassadeur français Jean-Paul Moncheau. Encore qu’en ce moment, les raisons qui ont sous-tendu ce renvoi étaient claires et rendues officielles par le gouvernement d’alors, contrairement à ce qui se joue dans l’affaire Oliver Nette.

Janvier GBEDO (Coll.)

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