Relation distante vis-à-vis de Tévoédjrè Koupaki : ingratitude ou crainte de représailles ?

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Décédé le 06 novembre, le professeur Albert Tévoédjrè a été inhumé le week-end dernier, samedi 23 novembre 2019, à Adjati. Durant plus de deux semaines, que d’hommages ont été rendus à la mémoire du Frère Melchior, Médiateur émérite, pour le rôle qu’il a joué pendant l’historique conférence des Forces vives, et sa participation à l’animation de vie politique béninoise de 1990 à ce jour. Mais dans le lot de personnalités ayant éprouvé le besoin de rendre hommage à l’illustre disparu, une voix a manqué. Une voix pas des moindres, celle de l’actuel ministre secrétaire général de la présidence, Pascal Irénée Koupaki.

 

Du jour de son décès jusqu’à son inhumation, les Béninois ont attendu en vain les hommages de Pascal Irénée Koupaki à la mémoire de Albert Tévoédjrè. Etait-il allé incognito dans la maison du défunt faire ses civilités à la veuve et signer le livre de condoléances ? Etait-il présent à la messe d’enterrement ? Possible ! Même dans ce cas, il y a problème. Pourquoi Pascal Koupaki choisirait de rendre un hommage discret à celui qui a publiquement porté son choix sur sa personne dans le lot de candidats à la présidentielle de 2016 ? Maintenant, si Pascal Irénée Koupaki n’a, en aucun moment, rendu hommage au Renard de Djrègbé, ce sur quoi s’accordent nombre de Béninois, cela ne peut que surprendre plus d’un. Qu’est-ce qui peut alors justifier cette curieuse posture de l’apôtre de la nouvelle conscience à l’égard de son mentor d’hier ? De deux choses l’une.

Soit Pascal Koupaki a déjà oublié le service à lui rendu par Albert Tévoédjrè, ce qui pourrait être perçu comme de l’ingratitude, soit les prises de position de l’homme, au soir de sa vie, ont commencé par gêner Pascal Irénée Koupaki, eu égard à sa position actuelle. Il est une évidence que le professeur Albert Tévoédjrè était déçu de voir son pays plonger dans une impasse socio-économique et politique, après 30 ans de démocratie. Alors qu’il croyait que ‘’le Bénin avait vaincu la fatalité’’ à la sortie de l’historique conférence des forces vives de la nation dont il fut la Rapporteur, Albert Tévoédjrè a assisté, impuissant, à la remise en cause des acquis démocratiques sur fond de réformes politiques depuis l’avènement du régime de la Rupture. Ça, il ne pouvait le supporter. Savoir que son protégé participe à cela ne pourrait que davantage meurtrir son cœur de démocrate averti. C’est donc une évidence que Koupaki n’était plus en odeur de sainteté chez Albert Tévoédjrè. Mais devant la mort, point de rancœur. Le comportement de l’actuel secrétaire général de la présidente serait-il alors guidé par une autre considération ?

Du moment qu’il le pouvait, Albert Tévoédjrè a mis ses dernières forces dans la bataille aux côtés des forces engagées dans la Résistance pour dire : « non ! ici, c’est le Bénin ». Ses prises de position lui ont valu quelques hostilités, au point où il est apparu dans l’opinion publique que le Renard de Djrègbé n’a pas les faveurs du gouvernement de la Rupture. Dès lors, une présence de Pascal Irénée Koupaki aux côtés d’Albert Tévoédjrè aux dernières heures de sa vie pourrait être mal vue et mal interprétée. Il en est de même d’un hommage qui pourrait ne pas être avare en éloges. Dès lors, Pascal Irénée Koupaki aurait-il opté pour la solution qui l’arrange le mieux, ne pas s’attirer les foudres de la Rupture et penser avant tout à ses intérêts ?

 

M.M

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