Augmenter de 24% le rendement à l’hectare du maïs : 4 chercheurs béninois divulguent leur recherche

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(C’est le résultat d’une rude sélection internationale financée par Pep)

Assogba Hodonou, Economiste statisticien, spécialiste en évaluation de politique publique, en analyse de la pauvreté et planification stratégique ; Déo-Gracias Houndolo, Economiste du développement, spécialiste de l’évaluation des politiques publiques ; Rahamatou Hamidou Yacoubou, Ingénieur agronome et Dislène Sènan Sossou, diplômée en statistique et économétrie, ont procédé, mardi 26 novembre 2019 à l’Inrab (Abomey-Calavi), à la dissémination des résultats de leur recherche portant sur un cas de Conseil agricole innovant ayant permis de constater le rendement du maïs dans le contexte du Projet d’appui à la production vivrière et au renforcement de la résilience dans le secteur agricole dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines (PAPVIRE-ABC). Il s’agit d’un essai aléatoire contrôlé en vue d’une évaluation d’impact dans le secteur agricole au Bénin.

 

C’est à la suite d’une rude sélection portant sur 325 dossiers au plan mondial que le projet de recherche indépendante conduite par l’équipe des 4 chercheurs béninois, a été retenu parmi les 5 meilleurs, par le réseau mondial de recherche sur les politiques économiques (Partnership for economic policy-Pep-) qui a financé la recherche. « Nous avons travaillé dans le contexte du PAVIRE-ABC. Ce qui nous a permis en deux ans, après avoir mis en place un essai aléatoire à contrôler, de constater que le Conseil agricole que nous avons qualifié d’innovant du PAVIRE-ABC a porté ses fruits puisqu’en réalité c’est un Conseil agricole qui, au-delà de ce qui se faisait avant, a mis à disposition des producteurs, les intrants. Sinon au départ lorsque vous faites votre Conseil agricole vous dites aux producteurs simplement voici ce qui se fait. Mais on ne se préoccupait plus de comment le producteur va utiliser ces engrais pour appliquer ce qu’il a retenu du Conseiller. Dans le cadre de ce projet, il y a une innovation qui a consisté à mettre à disposition des producteurs ce qu’il faut pour appliquer ce qu’on leur a enseigné : les intrants. Et dans le cadre de notre essai, on a mis à disposition des producteurs, de façon gratuite, ces intrants et on a constaté qu’au finish, il y a eu une augmentation de 24% du rendement à l’hectare du maïs ; ce qui est vraiment important », a exposé Assogba Hodonou. Sur l’importance de ce travail de recherche, il déclare : « C’est vraiment utile, et ça permettra aux autorités agricoles d’améliorer les politiques agricoles qu’ils ont déjà conçues, qui sont en cours ou qui vont être conçues après ». A cet effet, M. Hodonou tire trois enseignements qu’il juge importants à retenir: « il faut innover pour développer, et dans le cadre du projet PAVIRE, le projet a innové en ajoutant au Conseil agricole classique, la mise à disposition des intrants. Deuxième message important, c’est que l’évaluation d’impact est importante et il urge  de le faire. C’est extrêmement rare de trouver des évaluations d’impact de façon rigoureuse comme ça. Troisième message, le Béninois peut voir le rendement du maïs augmenter de 24% si les dispositions sont prises pour améliorer le Conseil agricole ». Les conclusions de la recherche étant restituées et le débat fait autour, la suite est qu’ «  il y aura deux publications scientifiques. Une publication scientifique sur l’évaluation d’impact rigoureuse, et ce sera la première fois dans le secteur agricole, qu’une recherche  de ce genre a été effectuée par des chercheurs uniquement béninois, financé par un réseau mondial de recherche. Deuxièmement, il y aura un deuxième papier (Policy paper) qui va donner plus d’orientation. C’est un article scientifique qui donne des orientations aux autorités politiques pour dire sur la base des preuves que nous avons eues, si vous voulez améliorer votre politique agricole, il faut aller dans telle ou telle direction. Parfois ce sont des critiques scientifiques qui peuvent faire mal aux autorités parce que nous, de façon libre et indépendante, nous disons ce que nous avons vu. Ça peut plaire comme ça peut ne pas plaire. Mais il a été prouvé au plan mondial que lorsque vous suivez ces conseils, vous avez toujours une bonne politique agricole, efficace », détaille au nom de ses pairs, Assogba Hodonou. Il faut souligner la présence à cet atelier de cadres des ministères du Développement, de l’Economie et surtout du ministère de l’Agriculture avec en tête le secrétaire général adjoint, Innocent Togla qui s’est réjoui de ce que « les résultats et les conclusions de cette étude permettront de mieux orienter l’intervention du PAVIRE-ABC et d’autres projets qui s’investissent dans le Conseil agricole afin d’améliorer la production et la productivité du maïs ». Le PAVIRE-ABC étant un Projet du ministère de l’Agriculture financé par Global agriculture and food secutity programm (Gafsp), administré par la Banque mondiale et appuyé techniquement par la Banque africaine de développement.

 

 M.M

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