Passage devant la Commission budgétaire : La Cour constitutionnelle et trois ministères ont planché

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Démarré le vendredi dernier, le passage des ministres et des responsables des institutions étatiques devant la commission budgétaire se poursuit. Hier, lundi 18 novembre 2019, les ministres du plan, du commerce et celui de la fonction publique ont fait l’exercice comme l’a fait le vice-président de la Cour constitutionnelle. Ils ont présenté à la Représentation nationale le budget de leur ministère respectif.
Pour Shadiya Alimatou Assouman, Ministre de l’industrie et du commerce, «…Pour l’année 2020, nous aurons un budget de 3.381.188.000 Fcfa à exécuter sur 3 grands programmes à savoir le programme commerce, le programme industrie et le programme soutien aux services. Par rapport aux grands axes d’utilisation de ce budget, nous allons commencer le E-commerce qui est un projet phare du Programme d’Actions du gouvernement (PAG). Nous allons réécrire notre politique industrielle, l’adopter à la réalité commerciale mondiale d’aujourd’hui, renforcer le droit du consommateur à travers l’élaboration d’un code des consommateurs pour continuer notre programme de vérification de la qualité des produits sur nos marchés. Nous avons un grand projet de transformation de nos produits locaux et un projet important sur le coton à travers le programme international appelé ‘’la route du coton” qui consiste à mettre en place des outils pour l’optimisation des sous-produits coton. Nous avons également un plan sur la recherche des marchés nouveaux puisque nous avons la chance d’avoir au moins 3 produits avec chacun une identification géographique tels que le ‘’Agonlin Mi’’, l’ananas pain de sucre et le ”gari sohoui de Savalou qui nous permettent d’aller sur des marchés plus grands.
Les députés ont pris connaissance du communiqué final de notre dernière réunion tenue à Abuja par rapport à la fermeture des frontières terrestres avec le Nigéria, une réunion qui nous donne beaucoup d’espoir »

1 561 469 000 FCFA pour la Cour constitutionnelle

Le Vice-président de la Cour constitutionnelle Amouda Razaki Issifou a expliqué que le budget de la Cour constitutionnelle pour 2020 s’élève à la somme de 1 milliard 561 millions 469 mille FCFA. “Ce budget connait une légère amélioration par rapport au budget de 2019 qui était de 1 milliard 301 millions 101 mille FCFA. Cet accroissement est dû essentiellement à la prise en compte des mesures à l’endroit de quelques membres du personnel pour améliorer les conditions de travail. Une bonne partie du budget prend en compte les dépenses du personnel et les dépenses de matériels. Nous n’avons pas de travaux en vue. Les travaux en vue, c’est la réfection du bâtiment de la Cour constitutionnelle qui est prise en charge par le budget national, notamment par le ministère de l’économie et des finances.
Les députés ont reconnu et ont déploré la faiblesse du budget, compte tenu du travail qui se fait au niveau de cette haute juridiction. La Cour constitutionnelle même n’a pas manqué de déplorée cela. Mais nous essayons d’être en phase avec les ressources de l’Etat. Nous apprécions déjà le léger accroissement dont nous avons pu bénéficier. Nous pensons que dans les années à venir, le budget ira en s’améliorant. Les députés l’ont déploré mais nous faisons avec. Nous pensons qu’avec ce budget nous pouvons faire l’essentiel de la mission qui nous est dévolue… »

20 033 628 751 FCFA, pour le ministère du plan

“Notre mission au Ministère du Plan et du Développement est d’impulser le développement économique et social, d’assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques, programmes, projets et décisions du Gouvernement en matière de développement national, régional et local. Nous sommes également chargés de la mobilisation des ressources extérieures ; une Direction Générale est d’ailleurs dédiée à cette tâche.
Le budget, gestion 2020 traduit les actions retenues dans le plan stratégique 2018-2022 et le Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses 2019-2021 du Ministère. Il est également en cohérence avec le Programme d’Action du Gouvernement (2016-2021).
Pour 2020, le budget prévisionnel du Ministère du Plan et du Développement s’établit à 20 033 628 751 FCFA, répartis comme suit :
– 5 933 628 751 FCFA en dépenses ordinaires et,
– 14 100 000 000 FCFA en dépenses en capital.
Nos priorités en 2020 consistent à la poursuite de la modernisation du Ministère, à la restructuration du Système Statistique National, et à la dynamisation de la veille stratégique. Il s’agit aussi d’opérationnaliser le cadre réglementaire de gestion des investissements publics, de renforcer l’appui aux acteurs du secteur privé et de favoriser une plus grande autonomisation des femmes.

Le portefeuille PIP actif au titre de la gestion 2020 compte sept (05) projets dont un (01) nouveau. Il est évalué à 14. 100 000 000 FCFA.
Le nouveau projet en question est dénommé SWEDD, Autonomisation des Femmes et le Dividende Démographique au Sahel. Il s’agit d’un don de la Banque Mondiale qui pour un coût total d’environ 50 milliards de francs CFA, qui sera exécuté dans tous les douze départements de notre pays. D’un côté, le SWEDD favorisera le maintien de milliers de jeunes filles dans le système scolaire…” a expliqué le Ministre Abdoulaye Bio Tchané

 

Adidjatou Mathys, Ministre du travail et de la fonction publique

« Le projet de budget de l’année 2020 du ministère du travail et de la fonction publique s’élève 7.069.000.000Fcfa contre 7.218.000.000 Fcfa au titre de l’année 2019. Il a connu une baisse de 2,06%. Vous savez que le ministère du travail et de la fonction qui a travaillé jusqu’en décembre 2016 de façon manuelle a engagé plusieurs réformes de modernisation de l’administration publique, de modernisation et la dématérialisation de la gestion des ressources humaines de la gestion des ressources humaines de l’Etat (…) Il y a d’autres modules que nous allons développer au cours de l’année 2020. Depuis quelques années déjà, pour réduire les tracasseries des fonctionnaires de l’Etat qui sont obligés de perdre du temps et de l’argent pour venir à Cotonou, nous avons enclenché la mise en ligne des actes de suivi de leur carrière. L’agent qui se trouve à Boukoumbé peut constater une amélioration de son salaire sans avoir besoin de venir le vérifier au niveau du ministère des finances à Cotonou. Nous poursuivons également la réforme des pensions. C’est une préoccupation essentielle du Chef de l’État, le président Patrice Talon, qui ne veut plus que les agents admis à la retraite et qui sont d’un certain âge avancé continuent de subir des tracasseries. Nous voulons créer l’école de formation pour renforcer les capacités des agents. Il y a aussi la réhabilitation des archives qui va se poursuivre au cours de l’année 2020.
Il y a un certain nombre de préoccupations qui ont été soulevées par les députés et auxquelles nous avons essayé de répondre. En ce qui concerne les recrutements, nous avons déjà dit que ce n’est plus systématique parce que nous ne devrions pas dépasser 35% en masse salariale par rapport à l’assiette fiscale. Or, aujourd’hui, nous avoisinons les 42% voire 44%. D’ici là, nous allons évaluer les compétences et les effectifs de la fonction publique. Est-ce que tel service X a besoin d’autant d’agents ? Est-ce que tel autre service n’en a pas besoin plus qu’un autre ? Nous ferons un redéploiement systématique au lieu de recruter d’année en année alors qu’on n’en a pas besoin. Ils ont évoqué le problème de résorption du chômage qui devra trouver sa solution dans la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, un gros projet que le gouvernement va bientôt lancer pour permettre aux jeunes de s’auto-employer… »

Kola PAQUI

Shadiya Alimatou Assouman, Ministre de l’industrie et du commerce

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