Pour un nouvel élan : Et si l’Opposition revoyait sa stratégie de lutte ?

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Pendant que ses réformes et visions politiques lui permettent à tort ou à raison de faire totalement asseoir son hégémonie à la tête du Bénin, l’Opposition en ce moment dans un certain déclin, se montre de plus en plus blafarde et ne cesse de s’apitoyer sur son sort. Ceci, au point où on se demande si cette dernière, faute de son inadaptation et de ses vieillottes stratégies de lutte, ne court déjà pas à sa propre ruine, face aux enjeux futuristes.

 

Avec Patrice Talon, plus rien n’est plus comme avant, politiquement parlant. À l’aune de ses réformes politiques nourries de controverses et d’énigmes, l’altération de la démocratie béninoise, parait progressivement évidente. Ainsi, de gré ou de force et parfois au grand dam des règles de bienséance et des amertumes du peuple béninois, le régime de la Rupture par maints coups bas démocratiques, ne cesse d’étendre ses tentacules. Après trois ans de gouvernance, le Chef de l’Etat et son landerneau politique, donnent l’impression de par  leurs actes, de tout verrouiller, en leur faveur. Pendant que ce constat devient patent voire alarmant, l’étau se resserre par contre sur l’Opposition béninoise. Non pas celle fabriquée pour appâter les Béninois, mais celle qui a juré équilibrer et renforcer le jeu démocratique, à travers la veille citoyenne. Elle, justement, depuis que le pouvoir en place déroule tous ses plans répondant ou non aux lois et textes en vigueur, ne cesse de s’alarmer et de montrer de plus en plus son aventurisme. Ecartée dare-dare du parlement, persécutée et affaiblie, cette Opposition ne semble plus avoir son mot à dire dans le gotha politique du pays, quelles que soient les circonstances. Au lieu d’en prendre conscience et de repartir sur de nouvelles bases, les leaders qui composent et qui dirigent ces forces politiques de l’Opposition  font d’ailleurs tout, pour étaler leurs dédains et désaccords, aux nez de leurs adversaires politiques. Tenez ! Aucun cadre de concertation irrésistible, aucune stratégie de lutte nouvelle et onéreuse, aucune initiative démocratique à long terme… En clair, tout dégage à les observer, une confusion certaine. Sinon, qui dirige les forces politiques de la Résistance ? Quelles sont leurs stratégies de luttes démocratiques ? De qui et de quoi sont-elles réellement composées ? Même au niveau des exilés politiques, rien n’innove ni ne rassure totalement. Quant à eux, ils sont pour la plupart dans l’hexagone, mais n’apparaissent guère ensemble en public, pour des actions et points de vue  concertés. Depuis qu’ils y sont, Sébastien Ajavon, Komi Koutché, Léhady Soglo, Valentin Djènontin et cie par exemple, n’ont jamais daigné faire même au gré de leurs humeurs, une apparition commune, de quoi rassurer leurs militants à la base, qui à coup sûr, voudraient les voir ensemble. Exceptés les points de presse tous azimuts, les sorties médiatiques parfois incertaines et autres formes de manifestations conventionnelles, plus rien d’innovant. A quelques mois des élections communales et locales et à moins de deux ans de la présidentielle, le sommeil paradoxal de cette Opposition ne cesse de s’envenimer. Alors que Patrice Talon prépare déjà activement 2021 afin de rempiler éventuellement, ses adversaires politiques peinent même à exister. Avec toutes ces stratégies des temps anciens dont a jusque-là fait preuve l’Opposition béninoise et ce, face à ce régime qui ne recule devant rien, tout porte déjà à croire que la démocratie béninoise souffre cruellement d’une voix contradictoire ou d’Opposition digne de ce nom, sérieuse et rassurante. Puisque, cette Opposition ne réalise pas encore après trois années de lutte, que l’adversaire est différent.  De quoi donc, réajuster et actualiser sa méthode de défense. Même si elle se vante d’être unie dans la pluralité, l’Opposition béninoise doit se réaliser définitivement que l’environnement est un pouvoir d’expériences variées. Demeurer donc dans une stratégie de lutte agonisante voire fade, est le chemin parfait de sa disparition certaine. Décider dès lors de ne pas renaitre de ses cendres, c’est décider d’être complice de sa propre mort et de l’anéantissement du jeu démocratique actuel. Encore que l’alternance au pouvoir, gage de vitalité de la démocratie béninoise, repose sur cette Opposition.

 

Janvier GBEDO (Coll.)

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