La représentation politique des femmes : Une question de volonté politique !

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La politique des quotas favorise la présence des femmes dans les systèmes de représentation politique et de prise de décision est une importante. En effet, le quota de 30% préconisé par la déclaration de Beijing a diversement été appliquée notamment par les Etats africains. Certains pays comme le Rwanda se sont très tôt appropriés une telle politique en l’intégrant dans leur ordonnancement juridique national au plus haut niveau à savoir la Constitution. Le taux de 30% a très vite été dépassé m ais l’argument de certaines personnes contre la généralisation de ce principe de discrimination positive à l’égard des femmes a toujours été le contexte spécifique post génocide du Rwanda où les femmes dominaient en nombre. D’autres pays, ont tout de même suivi le pas notamment pour la représentation des femmes au Parlement. Il s’agit notamment de pays tels que l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie, etc. Le Sénégal a quant à lui été encore plus progressiste en introduisant en 2010 la “parité absolue ’’. La loi stipule que les femmes doivent figurer sur les listes électorales pour tous les scrutins avec une alternance hommes/femmes dans le positionnement. L’impact a été certain car le nombre de femmes élues a quasiment doublé.
L’article 26 de la nouvelle constitution du Bénin stipule que « l’homme et la femme sont égaux en droit. Toutefois, la loi peut fixer des dispositions spéciales d’amélioration de la représentation du peuple par les femmes. » Cela est une avancée certaine en ce qui concerne la représentativité des femmes élues d’autant plus qu’il s’agit de la loi fondamentale. Cette volonté a été précisée dans le nouveau code électoral en son article 145 qui stipule que chaque parti politique désireux de prendre part aux élections, devra présenter une liste comprenant « un nombre de candidats égal à celui des sièges à pourvoir dont une femme et sa suppléante spécialement présentées au titre de sièges réservés».
Toutefois, Il existe des pays où il ne s’agit ni de constitution, ni de loi électorale mais de volonté politique manifeste d’avoir plus de femmes aux postes de prise de décision. Il s’agit en l’occurrence de pays tel que l’Ethiopie qui a eu en 2018 une femme Présidente pour la première fois de son histoire. Il est important de souligner que le nom de se son Excellence Madame la Présidente Sahle-Work Zewde a été désigné par le Parlement avec le soutien du Premier ministre. Il y a tout de même lieu de se demander s’il en aurait été autrement si le poste de Président de la République n’était pas honorifique dans un pays comme l’Ethiopie. Il existe également de mauvais élèves qui n’ont aucune loi spécifique en la matière et qui ne prennent pas non plus des décisions politiques pour une plus grande représentation des femmes dans les instances de prise de décision. Au regard de ce qui précède, il est important de noter que la politique de quotas émane avant tout d’une réelle volonté politique. Nul besoin de lois si le Gouvernement et les partis politiques souhaitent véritablement promouvoir la participation politique des femmes. Toutefois l’existence d’un texte contraignant est beaucoup plus efficace. Même si le minima est fixé à 30% cela n’empêche pas les Etats d’aller au-delà. La régulation peut provenir de la loi fondamentale à savoir la Constitution ou d’une loi électorale voire d’une loi régissant les partis politiques. Le cadre légal doit être suffisamment précis pour éviter tout contournement de la loi. Ainsi, le choix ne doit pas être donné aux partis comme ce fut le cas dans certains pays de payer des pénalités financières à défaut de positionner les femmes. La conséquence est que certains partis préfèrent payer plutôt que de positionner les femmes. L’exemple du Sénégal est intéressant car il va non seulement au- delà des 30% habituels mais surtout l’innovation est au niveau du positionnement sur les listes électorales : une alternance femme/homme est exigée et ce, pour toutes les élections. La disposition relative au positionnement est importante car les femmes pourraient ne jamais se retrouver têtes de liste ou être mises exagérément en suppléantes. Au-delà des postes électifs, il faut des lois préconisant qu’il en soit de même pour les nominations. Il est important que les femmes souvent majoritaires se retrouvent dans toutes les sphères de prise de décisions, Gouvernement, Organes de Contre -Pouvoir et Hautes Institutions. La nomination des femmes dans des instances clés, au- delà des élections démontre également si la volonté politique de promouvoir la femme en politique est réelle. Ainsi, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a depuis le 16 octobre 2018 un gouvernement comprenant autant de femmes que d’hommes pour la première fois dans l’histoire du pays. Une fois de plus, une telle volonté politique sans passer par des réformes est réelle quand les femmes occupent des ministères régaliens : Affaires étrangères, Intérieur, Défense, Justice, etc et non des ministères tels que celui du genre, des affaires sociales ou de la santé perçus comme des ministères pouvant être `communément voire valablement` occupés par une femme.
Pour que les femmes soient qualitativement et quantitativement mieux représentées dans les instances de pris de décision, il faut une véritable volonté politique au plus haut niveau. Elle est seul gage pour passer de la parole à l’acte.
Il est par ailleurs fondamental d’encourager la formation des femmes en leadership pour une représentativité de qualité. Le pouvoir ne se `donnant` pas, il est important que les femmes leaders soient outillées adéquatement pour jouer pleinement leur rôle en société et se faire élire au même titre que les hommes. Les instances de prise de décisions doivent être accessibles aux femmes leaders ‘capables’ ayant de solides bases politiques et non aux femmes `positionnées par complaisance’ des chefs de partis.
Malgré ses avantages, la discrimination positive affaiblit de facto les femmes qui en bénéficient car elles sont perçues comme `ne méritant pas` leur poste, ou incompétentes ou ayant pris la place d’hommes ayant plus de mérite. Et pourtant, les politiciens hommes ne renvoient pas toujours à des principes et valeurs tels que : probité, intégrité, compétence, etc.
L’éducation civique et la sensibilisation jouent aussi un rôle dans la participation politique des femmes au-delà des quotas. En effet, si les électeurs de façon générale mais surtout les électrices notamment sont informés des enjeux, ils pourraient mieux soutenir les femmes candidates en les élisant mais aussi en militant pour elles. Ce même travail doit être fait pour un plus grand nombre de femmes candidates. Les réalités culturelles, sociologiques, politiques et financières sont parfois des entraves à la participation des femmes donc ces dernières et leurs communautés respectives doivent être sensibilisées sur le sujet.

Nadia Nata

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