Affaire Résidences “Les Filaos“ : Houdou Ali livre sa part de vérité

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La démolition de la résidence de l’ancien président de la République, feu Mathieu Kérékou alimente depuis peu les débats. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, Houdou Ali, ancien préfet et ministre sous le Général et actuellement président de la Fondation Mathieu Kérékou, nous livre sa part de vérité. Lisez plutôt !

 

Monsieur Houdou Ali, vous avez été un proche du feu Général Mathieu Kérékou. Pourquoi avoir gardé le silence depuis au sujet de l’affaire “Les Filaos“ ?

 

Cela fait près de deux ans que nous avons tenu une conférence publique dès que les rumeurs ont commencé par circuler. C’est à cette conférence que Séfou Fagbohoun nous a envoyé un messager en la personne du journaliste Bibilary pour nous dire qu’il a les preuves attestant que ce domaine a été acquis par le Général Mathieu Kérékou et que c’est lui qui avait fait les formalités. Il m’a demandé d’aller interroger Sacca Georges, le Directeur général des domaines de l’époque. Et, Sacca Georges a dit que les formalités ont été acquises entre les deux Etats du Bénin et du Niger, copropriétaires de ce bien à travers l’Ocbn et que les deux Etats ont donné l’accord pour que l’ancien président puisse acquérir le domaine. Mais il dit ne plus maîtriser la suite après son départ du poste mais il a confirmé que l’Etat béninois et l’Etat nigérien, d’un commun accord, ont autorisé l’acquisition de ce domaine et les formalités ont été entamées. Même si on ne peut être catégorique, il y a des faits, des actes qui ont été posés dans ce processus.

Si Séfou Fagbohoun estime avoir les preuves de l’acquisition du domaine, pourquoi ne les brandit-on pas pour rétablir certaines vérités ?

Non, Séfou Fagbohoun n’était pas propriétaire, il a fait les démarches. Un Chef d’Etat a des compagnons qui s’occupent de certaines affaires. C’est en cette qualité de compagnon qu’il a fait les démarches au nom de son ami Général Mathieu Kérékou. Si lui, il est resté dedans pendant cinquante ans sans chercher à avoir un papier et des gens sont venus et en moins de deux ans, ont acquis un domaine public, on devrait lui rendre cet hommage.

Que deviennent alors les preuves dont parle Séfou Fagbohoun ?

Séfou Fagbohoun n’a pas affirmé être en possession des preuves, il dit avoir mené des démarches. Il m’a indiqué celui qui était aux affaires en tant que Directeur général des domaines. Il faut rappeler que c’est un domaine de l’Ocbn, donc une copropriété du Bénin et du Niger. Il a confirmé que les deux Etats ont donné leur accord pour l’acquisition par feu Mathieu Kérékou. Le titre de propriété, c’est une lutte juridique que les enfants auront à mener. Nous ne nous préoccupons pas de l’aspect matériel de la question.

Dites-nous franchement, selon vous, peut-on affirmer aujourd’hui que la résidence est une propriété privée du feu Général Mathieu Kérékou ?

Non, on ne peut pas le dire en toute quiétude puisque nous n’avons pas les preuves administratives. Mais ce qui est sûr, c’est que nous disons que notre préoccupation n’est pas liée au titre de propriété. Que la résidence “Les Filaos“ soit la propriété de Mathieu Kérékou ou qu’elle soit la propriété de l’Etat, en raison de l’histoire caractérisant cette maison et de l’homme qui y a vécu, nous disons qu’on devrait en faire un musée Mathieu Kérékou. Même si c’était devenu une propriété entre-temps, ce que certaines personnes nous ont confirmé mais on n’en a pas les preuves, c’est pourquoi nous refusons d’être catégoriques. Même si c’était une propriété, l’Etat béninois, par reconnaissance et pour services accomplis, devrait racheter cette maison à la famille pour en faire un musée national.

Vous avez reconnu qu’on ne peut affirmer que le domaine a été acquis par Mathieu Kérékou, pourquoi souhaitez-vous alors que l’Etat rachète encore quelque chose qui lui appartient déjà ?

Je dis comme nous n’avons pas de preuves certaines, nous défendons la thèse que ce soit propriété de l’Etat ou propriété familiale, notre préoccupation c’est d’en faire un lieu de souvenir en mémoire de l’action et des œuvres accomplies par le président Mathieu Kérékou. En 1986, nous avons fait le tour des pays de l’Europe de l’Ouest comme de l’Est, les endroits où les présidents ont résidé sont devenus des musées qui portent leurs noms. Le problème, c’est comment perpétuer la mémoire du Général Mathieu Kérékou pour les générations à venir.

Dans l’une de vos récentes publications, vous avez, dans le cadre de cette même affaire, accusé les enfants du Général Mathieu Kérékou à l’exception de Lambert Kérékou. Seraient-ils complices ? Que leur reprochez-vous ?

J’ai fait des appréciations, ce n’est pas à moi de les critiquer ni de les juger. Déjà du vivant du président Mathieu Kérékou, au regard de la Fondation Mathieu Kérékou, avec l’homme, on a échangé plusieurs fois pour savoir qui sont ses enfants qui s’intéressent à cette fondation. J’ai cité quatre noms pour dire au Président Mathieu Kérékou : vous avez des enfants qui sont vos enfants mais depuis que la fondation a été créé en 2004, voilà ceux qui se sont intéressés à cette fondation. Et c’est cela ce qui m’intéresse, qu’ils se préoccupent de la mémoire de leur père, de défendre cette mémoire à travers la fondation Mathieu Kérékou. Vous savez bien que le président Patrice Talon n’a pas fait deux ans avant d’acquérir un domaine public. Alors si Mathieu Kérékou a fait plus de cinquante ans et il n’a pas eu le temps de s’occuper des papiers de cette maison, on devrait lui tirer chapeau. En moins de deux ans, le Président Talon a acquis un bien de l’Etat. Pour le Général Mathieu Kérékou, aux dignes fils de la nation, il faut rendre hommage. Il a rendu hommage à Béhanzin avec la place Goho, aux martyrs du 16 janvier 1977, il a érigé un monument national. Et l’intelligence humaine veut qu’on lui rende, à son tour, un hommage.

Que dites-vous de la supposée intention des enfants du feu Général Mathieu Kérékou de morceler le domaine pour la vente ?

Non, cela a été démenti de manière formelle par la famille qui a dégagé notamment Lambert Kérékou que j’ai toujours présenté au Général lui-même comme quelqu’un qui a montré un intérêt pour la fondation. Il confirme ce que les autres enfants ont dit, qu’ils n’ont jamais eu l’intention de morceler…

Mais Lambert Kérékou est plutôt le neveu du Général Mathieu Kérékou, selon nos informations

Bien sûr que c’est le neveu mais chez nous en Afrique, il n’y pas de différence puisque c’est lui qui les a tous élevés.

Nous sommes au terme de l’entretien, un message à lancer ?

Je vous remercie pour l’intérêt que vous accordez à un dossier devenu aujourd’hui un dossier national car étant un dossier historique. La résidence “Les filaos“  a été habité par le regretté président Mathieu Kérékou pendant plus de cinquante ans. Qu’il vous souvienne que le Président Mathieu Kérékou a servi notre nation déjà à un niveau remarquable en tant qu’aide de camp du regretté président Hubert Maga, premier Président de la République du Bénin. De cette fonction d’aide de camp, le Président Mathieu Kérékou a occupé plusieurs postes de responsabilités et dirigé notre pays. Mais il est toujours resté dans cette maison. Comme le dirait un de ses enfants, c’était la maison familiale. Parti à la retraite, il y a vécu….J’appelle, au nom de la Fondation Mathieu Kérékou, le peuple béninois à se mobiliser pour le respect de la mémoire du Président Mathieu Kérékou. Je dis c’est très grave si cela se passait mais ce n’est pas aussi grave car c’est devant le Président Kérékou qui a dirigé ce pays pendant 18 ans qu’on a tout changé, le drapeau. C’est ainsi que demain matin, un autre pouvoir viendra rétablir Mathieu Kérékou dans sa dignité.

 

Réalisation : Aziz BADAROU

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