Sortie de Komi Koutché à Chicago : Voici l’intégralité de son intervention

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L’ancien Ministre d’État, chargé des finances et des programmes de dénationalisation, Komi Koutché, était en face des béninois de la diaspora à Chicago aux États-Unis, dimanche 20 octobre dernier. Une rencontre au cours de laquelle l’Opposant au régime de Patrice Talon, tout en lançant son mouvement « Dynamique sauvons le Bénin » pour appuyer la « Résistance », est revenu largement sur l’actualité sociopolitique de son pays et ce, avec plusieurs révélations à la clé.

Voici l’intégralité de son intervention, au cours de ces échanges.

Mes chers compatriotes,

Depuis plus de trois ans, nous assistons, médusés, parfois sonnés, à cette succession d’actes attentatoires à la Justice et à la démocratie qui, de façon méthodique, démolissent les acquis du renouveau démocratique ainsi que le sens de solidarité et de fraternité qui nous permettait de vivre et de travailler ensemble pour notre cher pays, quels que soient nos convictions et engagements politiques.

Ce qui a commencé comme des chasses individuelles à l’homme a  fini dans  le drame collectif des 1ers et 02 mai 2019 à Cotonou et plus tard par les événements meurtriers de triste mémoire survenus à Tchaourou et à Savè.

Aujourd’hui, notre modèle démocratique jadis respecté est devenu la risée du monde entier et suscite de fortes inquiétudes du fait des effets dévastateurs d’une dictature prétendument de développement dont nous recherchons désespérément les résultats, mais qui, hormis le fait de servir ses promoteurs, n’a semé que terreur et misère au sein du vaillant peuple Béninois. Nous avons tout perdu de la cohésion nationale préservée par les Présidents feu Général Mathieu KEREKOU, Nicéphore SOGLO et Boni YAYI ; pour ne citer que ces grands dirigeants de l’ère post conférence nationale.

Le Bénin notre cher et beau pays, traverse des moments difficiles.

Le présent est déjà extraordinairement difficile pour chacun et pour tous, et le futur ne présage de rien de sûr. Tous les facteurs existent pour prédire une

situation future tutoyant le pire, tant aux plans économique et social qu’au plan de la préservation de nos valeurs cardinales notamment celles ayant trait à la cohésion sociale dans notre riche diversité culturelle et communautaire.

Je ne voudrais pas trop m’attarder sur le diagnostic de la situation que chacun vit à sa manière. Mais je voudrais faire observer qu’il est urgent d’agir.

Une sagesse fon dit : se faire avoir une deuxième fois ne relèverait plus de l’inattendu. Alors c’est à un sursaut général que je nous appelle contre l’arbitraire et l’asservissement en cours.

Ne nous y trompons pas, cela avait commencé par de pseudo bons sentiments de lutte contre la corruption, derépression de la drogue, de l’assainissement du système partisan pour n’être tour à tour que l’élimination d’adversaires politiques et la nomination d’une Assemblée nationale monocolore.

Le récent rassemblement nommé dialogue est l’un des épisodes de ce feuilleton démarré depuis 2076 dont seul le Chef de l’État détient le secret et l’agenda. Initié par le Chef de l’État, dépositaire des sceaux de la République et du mandat à lui confié par 65% du peuple auquel se sont soumis les 35% restants des Béninois, s’il en était réellement un, devrait permettre de décrisper la situation et redonner aux Béninois, l’espoir d’un lendemain meilleur. Même si l’une des résolutions de cette rencontre avait été d’acter la mort en exil de Kami KOUTCHE et de Sébastien AJAVON, elle devrait produire ses effets si, le Chef de l’État s’était donné l’objectivité d’admettre que les Béninois sont loin des attentes nées de l’espoir qu’il a suscité en eux en 2016.

En clair, il faut admettre qu’il y a des problèmes et apporter la thérapie appropriée.

Le Bénin et le bien-être des Béninois sont au-delà des personnes de Kami KOUTCHE et de Sébastien AJAVON de même que de tous les autres contraints de vivre dehors (puisque ceux qui sont aux affaires se refusent d’admettre qu’il y a des exilés) .

Face à ce tableau sombre qui obscurcit l’avenir, il y a lieu de s’engager pour sauver le Bénin.

  • « Sauvons le Bénin », c’est un devoir patriotique de tout citoyen vis-à­ vis du Bénin, sans distinction de bord politique. il ne devra pas être la dynamique d’un camp contre un autre mais celle du peuple dans toute sa diversité contre la destruction des acquis démocratiques ;
  • « Sauvons le Bénin », c’est plutôt un devoir patriotique de tout Béninois de RESISTER à tout ce qui a tendance à détruire les fondamentaux de son pays;
  • « Sauvons le Bénin », c’est le devoir de tout Béninois, de voler au secours de son pays,
  • « Sauvons le Bénin », c’est d’abord l’affaire du Chef de l’État qui doit admettre que cela ne va pas et se détacher de son « moi » pour être le Président de tous les Béninois et percevoir les préoccupations réelles de ses compatriotes pour essayer de leur apporter les solutions idoines, en lieu et place de celles qu’il imagine à leur place et qui l’amène à penser qu’il peut évoluer sans le peuple ;
  •  « Sauvons le Bénin », c’est aussi le devoir pour le Chef de l’État de redimensionner ses certitudes et de RESISTER aux fausses croyances d’un pouvoir illimité sur le peuple, d’une part, et d’autre part, de RESISTER à tous ceux qui le poussent à faire des choix qui conduisent notre pays vers une destination inconnue ;
  • « Sauvons le Bénin », c’est aussi le devoir de cette petite classe de privilégiés du pouvoir autourdu Chef de l’État qui doit comprendre que le peuple, ce sont les 12 millions de Béninois et non cecercle concentrique qu’ils sont. Ils se doivent également de redimensionner le niveau de leur certitude et d’œuvrer pour une nouvelle alliance avec le peuple,
  • « Sauvons le Bénin, c’est surtout l’affaire de nos commis de l’État que sont nos forces de défense (dont le commandement est assuré aujourd’hui majoritairement par un type exceptionnel d’élites que sont les enfants de troupe, et donc concernés mieux que quiconque, par la préservation de notre démocratie), nos forces de sécurité, les magistrats, les fonctionnaires de l’administration (pour ce qui reste encore de notre administration) notamment, ceux de  l’administration  fiscale  qui  ces  dernières  années, ont servi à détruire, par le jeu des redressements fiscaux farfelus, ce que beaucoup de Béninois ont passé leur vie à const ru ire . Ils doivent savoir que leur seul devoir de loyauté est vis-à-vis du Bénin et de son peuple qu’ils doivent servir, défendre et protéger à tout prix;
  • « Sauvons le Bénin », c’est notamment l’affaire de toutes les forces déjà engagées dans la RESISTANCE contre la démolition de l’Etat de droit. Malgré leur souffrance et la précarité à laquelle elles sont soumises, elles doivent savoir que l’unité dans la diversité est la seule voie pour canaliser les énergies positives du peuple à agir démocratiquement sur ses dirigeants pour les orienter vers la bonne direction. Loin des divergences d’intérêts dont le rêve de réalisation dans les circonstances actuelles, ne resterait que virtuel dans la tête de leur porteurs, le seul intérêt objectivement réalisable qui conditionnerait les autres à caractère personnel, est d’abord la restauration du Bénin dans ses valeursd’antan ;
  • « Sauvons le Bénin », c’est SURTOUT l’affaire des jeunes, qui paient le prix le plus lourd de cette situation ;
  • « Sauvons le Bénin », c’est l’affaire de toute personne préoccupée par l’ampleur que prend l’arbitraire dans le Bénin d’aujourd’hui, et qui par une quelconque action, se donne le devoir de contribuer à changer la donne;
  • « Sauvons le Bénin », c’est l’affaire de tous !
  •  »Sauvons le Bénin », est enfin, l’appel au devoir. C’est le dénominateur commun de tout ce que chacun peut faire dans son parti politique, son mouvement, sa famille, sa religion, ses liens avec les milieux politiques,

sa position, etc. Mais dans une énergie positive orientée vers une unité d’actions républicaine, pour sauver le Bénin du risque  d’une  situation pire que celle de 1989 et de la destruction de ses valeurs cardinales qui constituent sa richesse.

Organisons-nous car la solution c’est nous, elle ne viendra pas d’ailleurs,

 

Brisons la barrière de la peur car les risques que la peur nous fait courir sont plus énormes que ceux que nous craignons en ayant peur.

Engageons-nous pour le Bénin dès maintenant car plus tard, ce sera déjà trop tard.

 

 

Komi KOUTCHE

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