Dialogue politique : Que cache le discours de clôture de Talon ?

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Le dialogue politique voulu par le Chef de l’Etat et contesté par la grande majorité de l’Opposition a pris fin samedi dernier après trois jours d’âpres discussions. Du compte rendu fait et présenté au chef de l’Etat par le rapporteur général Victor Topanou, on retient deux points majeurs, les recommandations qui ont vocation à rendre plus souples d’application les nouvelles lois électorales et les mesures d’apaisement. Deux observations méritent d’être faites à ce niveau. D’abord en ce qui concerne les recommandations ayant trait au toilettage de la Charte des partis politiques et du Code électoral, le renforcement du système partisan, l’équité dans la représentation des femmes dans les instances de décisions et la reconnaissance d’un véritable statut pour l’opposition, et d’autres propositions sur le rôle du ministère de l’intérieur dans le processus, il n’y a rien de nouveau. Tout avait été dit, tout avait été envisagé aux moments forts de la crise afin d’éviter au pays les situations qu’on regrette tous aujourd’hui. Qu’est-ce que des acteurs aussi bien locaux que sous-régionaux, qu’ils soient politiques ou de la société civile, n’ont pas fait comme suggestions ? Et pourtant on a foncé droit en organisant les législatives avec tant de morts, de dégâts matériels et de prisonniers.

Ce sont les conséquences néfastes de ce jusqu’au-boutisme qui ont engendré la nécessité de mesures d’apaisement. Paradoxalement, dans son discours de clôture, le chef de l’Etat n’a rien dit sur le sort qui sera réservé à ces mesures d’apaisement. « C’est pourquoi, les propositions d’amélioration aux textes que vous avez formulées, feront l’objet d’une appréciation attentionnée de la part de mon Gouvernement qui, je vous le réaffirme, prendra toutes les responsabilités qui sont les siennes », peut-on lire presque à la fin du discours du chef de l’Etat. Patrice Talon a pris acte des propositions d’amélioration des textes. A aucun moment, il ne s’est prononcé sur les mesures d’apaisement. Quand on sait que la plupart de ces mesures à savoir la libération de certains prisonniers impliqués dans la crise électorale de mars/avril 2019, la mise à disposition par le pouvoir exécutif d’un financement public des partis politiques, l’organisation d’élections générales ; etc. constituent les préalables de l’Opposition à tout dialogue, le silence du chef de l’Etat peut être source d’inquiétude quant à la suite favorable à donner à ces propositions non consensuelles consignées dans les doléances. Peut-être aussi qu’en n’insistant pas sur les doléances à lui posées dans son discours à la fin des travaux, Talon compte surprendre agréablement et rebondir dans l’opinion. La balle est désormais dans son camp et celui de son gouvernement en général.

 

M.M

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