Dialogue politique version Talon : Pourquoi ça prend l’allure d’une assise nationale déguisée

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(Le piège qui guette les partis invités)

Depuis la sortie médiatique, il y a 48 heures, du ministre de la Communication, Alain Orounla, l’opinion publique nationale et internationale en sait un peu plus sur le type ou le format du dialogue qu’entend avoir le chef de l’Etat, Patrice Talon avec ses invités qui ne sont rien d’autre que des représentants de partis politiques légalement constitués. Cependant, ça sent de la ruse quelque part.

 

Patrice Talon ne veut pas organiser une conférence nationale ou une assise nationale, comme en 1990. Ce format est exclu parce que si crise il y a aujourd’hui, elle n’est pas abyssale. Elle est juste politique et nécessite une solution précise : la retouche de lois électorales querellées. C’est du moins ce qu’a confié, en substance, Alain Orounla à la presse, lundi soir.  Sur le principe, c’est clair. Le président de la République est resté dans sa logique du 20 mai dernier (message à la nation) et du 15 juillet (rencontre avec des représentants de formations politiques en quête d’existence légale) en érigeant un mur à ne pas franchir autour de son dialogue à lui : faire des propositions pour une amélioration du Code électoral et de la Charte des partis politiques, mais pas pour remettre en cause les élections législatives exclusives et décriées à l’interne et à l’international avec les nombreux décès et dégâts matériels jamais enregistrés depuis une trentaine d’années au Bénin. Dialogue politique, et strictement avec les acteurs politiques. Pas question de l’élargir à la société civile ou à d’autres couches de la société. En dehors de ce que l’Opposition notamment les Fcbe et d’autres formations comme la Dud ne sont pas d’accord et posent des préalables, il faut également s’interroger sur un non-dit côté Pouvoir Talon. Et c’est le parti Dud, dans ses préalables, qui révèle ce non-dit. Pourquoi une invitation à une pléthore de membres, au total 30 devant représenter un parti politique. Sur cette base, il faut s’attendre, pour les 9 partis « convoqués », à près de 300 participants à ce dialogue projeté pour les 10, 11 et 12 octobre prochains. Et les conditions de participation sont bien fixées. Les 30 par parti iront faire de la figuration, combler les fauteuils vides de la grande salle du Palais des congrès pour donner l’impression à la communauté internationale que Patrice Talon prend langue avec son peuple ou toutes les forces vives de la Nation. Cet effet communication obtenu après l’ouverture du dialogue, chaque parti devra vider de la salle, 18 membres afin de poursuivre les travaux. Là encore, sur la douzaine de membres restants, c’est un seul qui sera habilité à parler au nom de la formation politique. Et c’est là toute la ruse du Pouvoir Talon qui donnerait l’impression de l’organisation d’une assise nationale, consensuelle. Une ruse, mais en même temps un piège qui guette visiblement les partis, surtout ceux ou celui de l’Opposition qui seront présents jeudi au Palais des congrès. Le nouveau cadre choisi, au lieu de la présidence de la République habituellement, s’y prête bien peut-être.

 

Worou BORO

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