Interview avec l’artiste béninoise ‘’Ida la Reine’’ «Le showbiz au Bénin manque d’organisation et de structuration»

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« Ida la Reine », à l’état civil Ida M. Hadjétè, est une jeune Artiste-chanteuse-compositrice, qui a choisi de faire carrière dans la musique tradi-moderne qu’elle transforme en Afro-beat. Elle a à son actif 6 singles et pour bientôt un album dont le titre s’intitule « La Fin ». Tout a commencé quand elle était toute petite dans son village (Glodjibé). A l’époque, l’interprète de la chanson « Zinini »  évoluait dans un groupe traditionnel où sa voix séduisait tout le village. Lors de certains évènements et cérémonies, on n’hésitait pas à la designer pour assurer l’intérim  du lead vocal de son groupe à chaque fois que ce dernier se sent fatigué ou absent.

 

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Pourquoi avoir choisi d’être femme artiste de la musique tradi-moderne?

La tradition n’a de valeur que si elle s’inscrit dans la vie, et dans l’évolution. La tradition est une histoire de valeur, le modernisme est la vie. On ne peut pas, sous prétexte de tradition, rester dans le passé. Tradi-moderne, traditionnelle pour les valeurs et moderne pour être dans le présent. Le présent ne peut se bâtir que sur les fondations du passé c’est comme ça. Penser que l’on peut oublier le passé pour construire l’avenir c’est se tromper. Ma réelle tendance, c’est l’Afro-beat puisé dans mes racines et profondément traditionnel. Comme vous le savez, comme vous le découvrez, je viens de Glodjigbé (Hounlinko) et je vis à Cotonou, je n’ai pas renié l’un pour l’autre, je suis riche de mon passé, je fructifie mon présent pour enrichir mon avenir.

Quelles sont les difficultés auxquelles se trouve confrontée Ida dans le milieu du showbiz béninois?

Mes difficultés sont quasi les mêmes que celles des autres artistes, les difficultés de la vie courante. En tant qu’artiste, c’est d’essayer de vivre de sa passion. Pour ce qui est du showbiz en particulier, tout le monde cherche à se faire une place au soleil. J’essaye de me battre avec les armes que la vie m’a données. Les embûches m’ont permis de faire le tri, et c’est ce que je continue de faire tous les jours. Je fais mon chemin dans ce monde qui paraît étrange, magique pour certains, diabolique pour d’autres, ce n’est jamais un milieu comme les autres, il faut se battre pour progresser. Rien n’est gratuit, le travail finit par payer. Évidemment comme dans tous les milieux, il y a des bons samaritains mais il y a aussi des méchants, des profiteurs et des jaloux. Avec la maturité vous apprenez à savoir qui est qui.

Ceci dit, en tant qu’artiste, nous avons une vie publique et la difficulté c’est que certains ont du mal à faire la personne publique et la personne privée. Des personnes ont à tort le sentiment que notre vie leur appartient et se permettent de nous dire ce qui leur passe par la tête. Certains s’arrogent le droit de nous juger alors qu’ils ne savent de nous que ce que nous leur livrons à voir. On peut être exubérante et extravertie dans les différentes expressions de notre art (musique, images, comédie), et dans le privé être timide et introvertie.

Quand je prends le rôle d’artiste « Ida la Reine » je me donne sans limite dans un certain cadre, parce que je me dois à mon public, mais quand je cesse d’être en représentation je deviens Ida Hadjèté, et je réserve mon temps aux miens.

Enfin, professionnellement, le showbiz au Bénin manque d’organisation et de structuration, mais la faute est collective. Je ne veux donner de leçon à personne. Je ne prétends pas pouvoir faire mieux que les autres. Je pense que nous pourrions être mieux organisés, et que nous aurions tous à  y gagner, je suis “Artiste” et croyez-moi, juste ça ce n’est pas facile.

 

Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons?

 

Ce que j’aborde comme thèmes dans mes chansons se résume à une chose : «La Vie », c’est-à-dire l’amour, le travail, les parents, les enfants. J’essaye de créer des ambiances, de provoquer des émotions, d’engendrer des sentiments de joie.

Parlez-nous des titres de votre futur album « La Fin » qui sortira le 06 décembre 2019 et expliquez-nous pourquoi ce titre « La Fin » ?

 

Le titre de mon album « la Fin » tout simplement à encourager le public à la curiosité, tout en sachant que ce n’est pas la fin de « Ida la Reine » mais la fin pour un nouvel envol. Voilà ainsi les 9 titres de cet album à venir :

1- « Woleke » (est une musique d’ambiance jeune).

2- « Nostalgie » (vaut mieux le savourer, puisque ça dit tout).

3- « Zinini » (est une chanson ironique qui indexe certains).

4- « Nostalgie » (Remix) à voir sur YouTube ou Facebook

5- « Je ne veux plus ça » (est une chanson de maturité car il y a des erreurs à ne plus commettre).

6- « Agakélélé » (est une chanson qui encourage les hommes à mettre leur compagne sur un piédestal).

7- « Faut dépenser » (est une chanson qui parle des faits réels de la vie, car pour vivre il faut dépenser pour soi et dépenser pour les autres. Seuls les hypocrites prétendent que c’est de l’incitation à la débauche que de dire qu’il faut dépenser).

8- « Mensonges » (No comment, les intéressés se reconnaîtront)

9- « Courage » (cette chanson donne l’envie de ne rien abandonner au moment des dépressions).

 

Pourquoi selon vous, les femmes artistes béninoises ont souvent tendance à s’inspirer du sexe ou de l’amour pour composer leurs morceaux ?

 

Je voudrais d’abord apporter une précision qui me paraît primordiale. Il ne faut surtout pas confondre “Amour” et “sexe”. Je veux bien célébrer l’amour dans ce qu’il a de plus beau, c’est à dire deux personnes qui partagent un moment qui ne leur appartient qu’à eux, ce qu’ils peuvent faire dans l’intimé les regarde.

Les femmes artistes sont dans la séduction et c’est l’essence même de notre métier,  mais une fois que nous ne sommes plus en représentation nous redevenons nous-mêmes. Si certains confondent la réalité avec leurs fantasmes, franchement,  c’est à eux de se remettre en cause. Autrefois, et encore aujourd’hui, lorsque que vous voyez nos mamans avec juste un pagne sur les reins et la poitrine découverte, vous ne criez pas à l’impudeur, mais quand une artiste vous chuchote des mots doux et vous montrent un bout de son corps, nous devenons des filles de joie,  des impudiques. Êtes-vous certains que ces cris de désapprobation ne sont pas juste l’expression de leur propre frustration. Nous leur offrons un bout de rêve,  mais une fois la prestation terminée le réveil est peut-être trop brutal pour certains mauvais « coucheurs ». Quoi qu’il en soit, je suis une pourvoyeuse de rêve,  mais je ne suis pas là pour satisfaire les fantasmes de qui que ce soit. Prenez les artistes femmes pour ce qu’elles sont, des êtres humains dotés de sentiment et d’émotion, et le respect qu’elles vous donnent est celui qu’elles attendent en retour. Ecouter et regarder une artiste n’est pas forcé.

 

Un mot de fin à l’endroit de vos fans

 

Ça ressemble toujours à une fin, et pourtant, la vie continue. Pour clore cet entretien, je dirai ceci : Je suis une artiste béninoise qui a le souci du bien être de son public, de ses fans et de sa famille. Les conseillers ne sont pas les payeurs, et les intéressés se reconnaîtront. Je fais de mon mieux pour plaire, je suis toujours en train de progresser et je ne demande que ça. Sachez que c’est le public qui fait vivre les artistes alors, ne nous oubliez pas. Je tiens à remercier les fans, le public, les DJ, les autres artistes et aussi beaucoup la presse écrite à travers Kamar ADJIBADE journaliste au quotidien Matin Libre, et aux différentes chaînes de télévisions et radios béninoises sur lesquelles nous comptons pour nous faire une excellente promotion.

 

Entretien: Réalisé par Kamar ADJIBADE

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