Aldis Gandigbé sur le ‘’Championnat des voix Lourdes’’ : «L’objectif est de créer de vrais champions … »

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Aldis Gandigbé  est le directeur du groupe Promoshop label, lead vocal  du groupe de musique ‘’Rafall’’, promoteur de la célèbre compétition de musique urbaine dénommée ‘’Championnat des voix lourdes’’ dont la phase finale s’annonce éclatante, dimanche 08 septembre 2019. Il lève à travers cet entretien, un coin de voile sur son parcours artistique et en profite pour dire ses ambitions pour la musique urbaine béninoise avec son initiative ‘’Le championnat des voix lourdes’’.

 

Matin Libre : Que doit-on retenir lorsqu’on entend Promoshop label ?

 

Aldis Gandigbé : Promoshop label est une entreprise de promotion artistique, culturelle et touristique. Constituée d’une dizaine de jeunes, ils se donnent pour mission l’accompagnement et la promotion de la jeunesse. C’est dans Promoshop label que se trouve le staff qui organise le championnat des voix lourdes. Je ne voudrais pas citer tous les noms de peur d’en oublier car à part de ce staff restreint, beaucoup d’autres jeunes collaborent avec nous pour la mise en œuvre de nos projets.

 

Qu’est ce qui sous-tend l’idée du championnat des voix lourdes ?

 

À l’époque, j’étais directeur adjoint de l’Union Culturelle et Artistique des étudiants de l’université d’Abomey Calavi et membre du mouvement universitaire de rap. Lors d’un évènement, j’ai constaté que nombreux étaient les jeunes talentueux qui n’avaient pas l’opportunité d’avoir accès à des studios professionnels et à une carrière professionnelle, d’ailleurs des jeunes que personne ne connaissait. Alors je me suis dit pourquoi ne pas sélectionner les plus talentueux et les accompagner, déjà que moi-même j’ai eu la chance d’avoir été découvert sur une scène musicale puis plébiscité dans l’arène musicale par un contrat de production. J’en ai donc parlé à mon producteur qui faisait déjà du bon travail avec moi, il s’agit de Dagger, pour que la maison de production puisse m’accompagner. Sans hésiter il a accepté et voilà c’était lancé. J’en ai donc parlé à 2 amis qui m’ont tout de suite aidé à écrire et à réaliser le projet. Je pense qu’ils méritent vraiment que je cite leurs noms : il s’agit de Djodys Media qui aujourd’hui a une maison de production et Arnaud Assongba photographe de formation. Alors sans savoir comment, ni où ceci allait nous mener et sans moyens, nous avons lancé la première édition que nous avons combiné avec le festival Kplon Yidji Alavo qui se déroulait à l’Université. Je crois que le gagnant de cette édition était Richhie Sonnon, qui continue actuellement son petit bonhomme de chemin dans le milieu.

 

Quels sont les objectifs du championnat des voix lourdes ?

 

Comme nous l’avions pensé c’était d’abord constituer un creuset de détection de talents qui devront forcément impacter positivement la société et mettre à la disposition de ces talents, les outils nécessaires pour l’éclosion et l’évolution de l’art qu’ils proposent. Ensuite il s’agissait également de créer une rencontre entre plusieurs styles de musiques, entre plusieurs cultures. Et enfin le but c’était de créer de vrais champions dont les noms s’imposeraient à tous afin de faire parler de ce championnat et de notre pays partout dans le monde.

 

Vous en êtes actuellement à la 3eme édition, quelles sont les particularités, les nouveautés de cette édition ?

 

Nous avons par exemple introduit le slam dans la compétition car nous avons remarqué que de nos jours, nous ne pouvons plus parler de hip-hop sans parler du slam. Comme le disait un ami slameur ‘’le slam est le jeune frère du rap’’. Et je pense qu’actuellement au Bénin le championnat des voix lourdes est la seule compétition qui réunit hip-hop et slam. Ensuite cette édition nous a permis de concrétiser un de nos objectifs spécifiques : la promotion de la musique urbaine existante. C’est-à-dire nous faisons honneur aux artistes béninois en revisitant certains de leurs morceaux qui ont impacté notre population. Enfin nous avons essayé d’apporter une variation dans le jury, c’est à dire à chaque prime, le jury diffère pour éviter les polémiques de préférences afin que tous les candidats aient à chaque prime la même chance d’être retenu.

 

Comment se passe réellement les soirées ? Quelle est l’ambiance ?

 

En ce qui concerne les candidats, ils ont trois passages. Au premier passage, ils font du freestyle (improvisation) sur un instrumental pour se présenter ou révéler une facette de leur personnalité. Au deuxième passage, le plus important de tous d’ailleurs, les candidats proposent des textes sur des thématiques bien définies, choisies à l’avance, parfois se sont des thèmes d’actualité qui font polémiques. Et leur troisième passage est celui que nous appelons la face à face ou le battle. Il faut le vivre pour le comprendre. En gros les candidats sont notés sur le texte et les punch lines, la gestion de la scène et enfin la présentation vestimentaire. Pour ce qui est de l’ambiance, nos soirées sont des moments d’échanges, de partages et de distraction alors nous trouvons toujours des astuces pour égayer le public. Nous avons pour habitude de faire déplacer des guests stars, par exemple nous avons eu la chance d’avoir avec nous déjà D-Blue, Keurblaan, Cruiz AG, Ariss Deston, Shama Bongo de la Belgique, Amangbegnon, Kamikaze, Cir Aragon, et des jeunes talentueux comme Royaume 229, Sopeci, Agbozo…. Donc à chaque spectacle nous essayons d’innover.

Pour la finale vous nous réservez quoi ?

 

Comme je l’ai dit plus haut, nos soirées sont très intéressantes avec pleins de surprises. Pour la finale le programme sera très alléchant, nous dévoilerons les surprises au fur et à mesure sur notre page facebook et sur notre chaine YouTube. Je m’en voudrais de terminer mes propos sans  remercier tous ceux qui nous accompagnent sur cette édition, vraiment j’en suis honoré car nous avons beaucoup de personnes et de structures qui nous soutiennent, qui croient en ce que nous faisons. Je vais remercier tout particulièrement le promoteur de l’espace Mayton, Mr Tony Yambode, qui nous aide vraiment beaucoup. Alors comme tout projet de jeunes, nous rencontrons beaucoup de problèmes, nous en rencontrons tellement que parfois nous sommes tentés d’abandonner. Mais étant des jeunes, responsables, nous avons le devoir d’aller jusqu’au bout. Donc dans ce sens, le message pour la jeunesse c’est qu’il n’y a rien qu’on gagne sans sacrifice, il faut également que nous nous soutenons mutuellement et que nous prenons conscience que nous sommes vraiment l’avenir de notre nation. Osons, prenons des risques, développons nos idées, nos propres concepts et travaillons pour les concrétiser. Aux autorités je demanderais juste que les projets de jeunes soient aussi considérés, que nous bénéficions également du Fac (Fond des arts et de la culture).

 

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