Depuis 2016 sous Talon: Difficile ère pour les entreprises

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Comme dans une dialectique, sous la gouvernance du régime de Patrice Talon, des entreprises se créent pendant que beaucoup d’autres déposent bilan. D’aucuns, pour justifier cela diront que c’est dans l’ordre normal des choses, pour ne pas dire que c’est la loi de la nature. Loin des statistiques flagorneuses brandies tel un trophée de gloire s’agissant du nombre d’entreprises et d’emplois qu’on aurait créés depuis 2016, ne pas s’arrêter, ne serait-ce qu’un court instant, pour reconnaître que ça ne va pas, c’est refuser de voir la réalité en face. En effet, si avec une certaine facilité, des chiffres sont avancés pour faire croire à l’opinion que le marché béninois ou le climat des affaires marche, a-t-on au moins une idée du nombre d’entreprises qui ferment par mois ou par trimestre dans le pays? En tout cas, les plaintes de l’essoufflement deviennent importantes. Et, ça ferme et met au chômage, à tout va, ces trois dernières années. Que cela soit dans les médias, au niveau des agences de voyages et bien d’autres secteurs, la chose est bien remarquable. Chez ces entreprises qui arrivent à tenir encore, ce sont des gymnastiques qui s’y font pour faire face aux charges. Sinon, à vrai dire, à des employés à qui l’on doit trois à quatre mois de salaires, un salaire qui n’en est d’ailleurs pas un, c’est encore mieux. Autrement dit, ailleurs, le minimum c’est six mois. A cette allure, le Bénin sous la Rupture n’est plus loin du Bénin des années 88-89. Le comble, il suffit de faire un tour dans les institutions bancaires pour solliciter un prêt en tant qu’employé. La réaction est sans ambages. La loi sur l’embauche est la goutte de trop. Lundi 22 juillet 2019 à l’installation des Conseillers de la sixième mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), le Président de la République a exhorté l’Institution à se mettre à l’œuvre pour l’émergence de la presse béninoise qui perd des plumes depuis quelques années. « (…) on ne dénombre plus les médias emblématiques qui ont disparu ou qui sont menacés de faillite à cause de la révolution numérique… », a-t-il diagnostiqué. Patrice Talon a certainement raison. Mais à y voir de près, ce diagnostic se limite-t-il au secteur de la presse ? Le mal n’est-il pas plus profond ? N’y a-t-il pas lieu d’y aller de façon holistique même s’il se dit souvent que les entreprises de presse sont de type « particulier » ? Est-ce l’environnement économique sous régional qui en est la cause ? Est-ce la gouvernance au sommet de l’Etat avec les marchés gré à gré comme le soulignent certains entrepreneurs? Est-ce la politique fiscale ? Autant de pistes qui méritent d’être explorées.

Worou BORO

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