Évaluation diagnostique des reversés de 2008 : Pour ou contre ? Les enseignants divisés

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Au cours de sa rencontre du mardi 23 juillet 2019, avec les Centrales syndicales, Patrice Talon est revenu sur les tenants et aboutissants de l’évaluation diagnostique que son gouvernement tient à faire subir aux enseignants reversés de la promotion 2008. Mais pour cette fois-ci, contrairement à l’unanimité du rejet qui a été constatée pour ces évaluations organisées en son temps, des signes majeurs laissent déjà planer que la division règne autour de la nouvelle conduite à tenir quant à cette nouvelle tentative, par les enseignants.

 

Le Chef de l’Etat et son gouvernement n’entendent pas lâcher du lest. Bon gré mal gré, les enseignants seront évalués. Plus précisément, ceux reversés en Agents contractuels de l’Etat (Ace), de la promotion 2008. Ceci, après avoir boycotté avec brio, la même évaluation, pour deux fois de suite. « Au cours de cette séance d’échanges entre les partenaires sociaux et le président de la République, plusieurs décisions ont été prises en vue de l’amélioration de la qualité de l’enseignement au Bénin. L’une des plus importantes reste l’évaluation diagnostique qui permettra d’identifier les besoins, et les solutions appropriées. Au terme des évaluations, les meilleurs enseignants contractuels seront reversés dans la catégorie des fonctionnaires de l’Etat tandis que les moins bons seront admis en formation pour une mise à niveau. Par contre, ceux dont les résultats révéleront une inaptitude manifeste à la profession enseignante seront reconvertis ou ceux qui le désirent, verront leurs contrats résiliés avec paiement de leurs droits », fait croire le communiqué sanctionnant la séance. Ainsi, 18.000 enseignants concernés, verront leurs statuts s’améliorer ou se dégrader, au terme de cette évaluation diagnostique de leurs capacités intellectuelles et physiques. Si pour les précédentes tentatives, l’objectif visé par les différents Ministres sectoriels n’a pas été clairement défini aux enseignants, le Président de la République en revenant sur le sujet, l’a par contre fait. Mais malgré ses explications et assurances, certains concernés crient déjà à une trompe l’œil. Dans le rang de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et de ses Syndicats de base par exemple, pas question d’aller répondre présent à cette évaluation. A travers leurs différents appels au boycott, se dessine une crise de confiance, qui semble atteindre son paroxysme. Ils stipulent en effet, que cette évaluation n’est qu’un alibi, trouvé par le gouvernement, pour licencier ces reversés. Pendant ce temps, les autres Centrales syndicales continuent de garder le silence et ne donnent pour l’heure aucune consigne officielle, à leurs syndiqués. Une attitude étrange de la part  des autres Organisations syndicales, qui pourtant n’ont pas au cours des premières évaluations boycottées, caché leurs positions diverses. Quand on sait que c’est désormais Patrice Talon même qui est entré dans le jeu et que, tout porte à croire que la peur de voir leurs syndiqués être congédiés pour un éventuel boycott de cette nouvelle évaluation, gagne aussi ces Centrales, à travers ce silence. Une différenciation de voix entre elles et la Cstb, qui n’est nul doute qu’un dilemme voire un clivage, quant à la conduite réelle à tenir, face à cette situation. Mais en attendant l’évolution des débats y afférents, l’évidence est déjà patente : le camp de ceux qui iront composer et celui de ceux qui ne pensent pas y aller.

 

Janvier GBEDO (Coll.)

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