Soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert : L’indépendance de la presse béninoise au cœur des débats

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La traditionnelle soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert s’est tenue hier, mercredi 10 juillet 2019. Sous le thème : « Indépendance et viabilité des médias au Bénin », la rencontre a permis d’échanger sur les raisons qui fondent le manque de confiance des populations en la presse béninoise de nos jours. Les débats sont précédés de la cérémonie de lancement du baromètre des médias, Bénin 2018.

 

L’indépendance de la presse béninoise s’est invitée dans la soirée politique de la Fondation Friedrich Ebert. Les panélistes Georges Amlon (Modérateur), Vincent Foly, Anselme Amoussou, Bertrand Mègbléto, Gérard Guèdègbé, se sont penchés sur la question. Mais avant, il a été procédé au  lancement du baromètre des médias, Bénin 2018 qui selon la présentation de Docteur Wenceslas Mahoussi, est une compréhensive et un système d’évaluation de l’environnement médiatique sur le continent africain. Pour la présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin Zakiath Latoundji, les éléments évoqués dans chacun des secteurs d’analyse de ce rapport dressent un diagnostic pas très reluisant au regard de l’environnement médiatique national. Elle appelle chacun à faire du baromètre, un levier de plaidoirie pour faire mettre en œuvre de nouvelles réformes dans le secteur des médias.

 

Procédant à l’ouverture du débat, le représentant résident de la Fondation Friedrich au Bénin, Hans-Joachim PreuB a indiqué que La liberté de la presse est un pilier de la démocratie et une presse libre indépendante et viable en sont les composantes. Les médias doivent être indépendants a laissé entendre Hans-Joachim PreuB. Cependant, fait-il remarquer,  cette indépendance entraîne le manque de moyens. D’où le dilemme auquel il faut trouver des approches de solution. Selon Georges Amlon, l’indépendance et la viabilité des médias sont des questions qui préoccupent chaque professionnel, mais également les citoyens en général. Chacun aspire à un média plus crédible. Mais l’indépendance des médias est fortement mise en doute de nos jours par la population et l’on s’interroge sur les raisons qui expliquent cet état de choses. Et pour Gérard Guèdègbé, à l’avènement de la démocratie, les citoyens béninois ont dévolu un rôle prépondérant aux médias. Mais de jour en jour, ces médias s’écartent de ce rôle, ce qui suscite des inquiétudes par rapport au mandat confié aux animateurs de ces médias. Ce manque de confiance qui ne date pas de nos jours, a pris de l’ampleur et les populations doutent de plus en plus de la crédibilité des médias, indiquera Anselme Amoussou : «  On n’a vraiment pas l’impression que la presse est libre », se désole-t-il. Et à l’en croire, même ceux qui fournissent des efforts d’indépendance subissent des tentations. Ce qui justifie des prises de position des journalistes dans les débats soit en faveur de la mouvance, soit de l’opposition. Cependant reconnait-il, l’indépendance requiert la possession de moyens financiers. « Il n’y a pas d’indépendance éditoriale sans indépendance économique », renchérit Bertrand Mègbléto. Selon ses propos, la presse libre a besoin de moyens pour financer ses propres activités. Les journalistes ont failli à leur mission fera-t-il savoir, en se battant un peu plus pour leur survie que pour accomplir cette mission de porte-voix de la population. « L’indépendance n’est jamais totale », affirme Vincent Foly, pour sa part. Elle dépend dit-il de la capacité de la presse à s’autofinancer. La presse béninoise est à l’image de sa société : « Nous ne pouvons pas avoir une société où tout est corrompu, où tout est sens dessus-dessous et prétendre que la presse sera autre chose, on a la presse qu’on mérite », martèle-t-il.   Il s’offusque de ce que la dépendance de la presse soit aggravée avec l’évènement du régime actuel.

 

Tous s’accordent cependant à dire est que l’indépendance est possible, car le Bénin dispose d’un arsenal juridique favorable à la liberté de la presse et qui, s’il est appliqué, permettra de corriger le tir. D’autres intervenants, notamment le nouveau conseiller élu à la Haac, Frank Kpochémè, le Rédacteur en Chef de Matin Libre, Jacques Boco  et autres ont apporté leur contribution au débat.

 

Pour une presse béninoise indépendante et viable

 

Les panélistes recommandent pour l’ensemble, le financement public des médias pour assurer leur indépendance. Ils exhortent également à la régulation du secteur de la publicité par la mise en place d’une régie publicitaire, l’intégration du budget de l’Ortb au budget général de l’Etat, voté directement à l’Assemblée nationale, le regroupement des entreprises de presse, l’amélioration de la qualité des journalistes et des contenus…

 

Thomas AZANMASSO

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