Sommet de l’Union africaine : Le Bénin et le Nigéria rejoignent la Zlecaf

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Au sommet de l’Union africaine (Ua), tenu au Palais des Congrès de Niamey, le Nigeria et le Bénin, après hésitations, ont finalement adhéré ce dimanche à la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). C’est sous des applaudissements nourris de leurs pairs que le président nigérian Muhammadu Buhari et le président béninois Patrice Talon ont signé l’accord. Le sommet marque ainsi le lancement officiel de la Zlecaf. 54 des 55 pays de l’Ua feront donc partie de la Zlecaf. Seule l’Érythrée n’a pas adhéré. La Zlec doit à terme constituer un marché de 1,2 milliard de personnes et permettre de faire passer les échanges intra-africains de 15% à 60%, selon l’Ua, et constituer « un pas vers la paix et prospérité». D’âpres négociations se poursuivent toutefois en coulisses sur sa mise en œuvre progressive. Le marché devait être actif à partir de 2020.

Un événement historique

Selon le nouveau rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), la signature de l’Accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) constitue un événement historique majeur pour l’Afrique, un changeur de jeu potentiel pour l’économie du continent. Par conséquent, le Rapport sur le développement économique en Afrique de cette année 2019 est à la fois opportun et pertinent pour les parties prenantes africaines. A en croire le rapport, en créant un marché unique des biens et des services pour 1,3 milliard de personnes, la Zlecaf suscite un immense espoir de création d’emplois décents, d’industrialisation et de prospérité pour l’Afrique. « C’est le plus grand événement historique pour le continent africain depuis la création de l’Oua (Organisation de l’unité africaine) », a déclaré le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Les gains tirés de la Zlecaf

Le nouveau rapport Cnuced attribue de nombreux gains à la  Zlecaf, mais qui ne sont pas automatiques. La Zlecaf pourrait entraîner une réorientation des échanges vers le marché régional, associée à des gains globaux en termes de bien-être, de production et d’emploi significatifs à long terme. Toutefois, les gains pourraient ne pas être répartis également entre les États membres, en fonction de la structure des échanges, des profils tarifaires, des calendriers de libéralisation et de la dépendance des pays à l’égard des recettes douanières. Par ailleurs souligne le rapport, les règles d’origine − les critères permettant de déterminer le pays d’origine d’un produit − pourraient jouer un rôle décisif dans le succès de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Grâce aux préférences commerciales qu’ils s’accordent mutuellement, les pays membres de la Zlecaf devraient échanger entre eux des biens intermédiaires et des biens finaux plutôt que de les importer de pays tiers. Un comité sur les règles d’origine sera créé en vertu de l’accord de la Zlecaf pour examiner chaque année le respect des règles et les dispositions relatives à leur transparence et soumettre des rapports et des recommandations à un comité de hauts fonctionnaires chargés des questions commerciales. Les tentatives d’intégration économique menées par le passé ont créé une panoplie de zones commerciales concurrentes et qui se chevauchent – Cédéao à l’ouest, EAC à l’est, SADC au sud et Comesa à l’est et au sud. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine se pencheront sur les réglementations régissant des questions telles que la libéralisation du commerce, les règles d’origine, la suppression des barrières non tarifaires et la mise en place d’un système de paiements et de règlements. Ils fixeront également une date pour le début des échanges dans le bloc. La date limite devrait laisser le temps aux entreprises de faire des ajustements et aux États de préparer de nouveaux documents commerciaux.

Des griefs cependant…

Selon les experts, une partie du problème tient au fait que les incitations au commerce sont biaisées en faveur de partenaires situés hors du continent. L’Ua estime que sa mise en œuvre permettra d’augmenter de près de 60 % d’ici à 2022 le commerce intra-africain, alors que les détracteurs du projet évoquent le manque de complémentarité des économies africaines et craignent que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels.

Thomas AZANMASSO

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