Après la levée du blocus au domicile de Yayi : Soglo se réjouit et reprécise les autres défis à atteindre

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L’ancien Président de la République Nicéphore Soglo, se réjouit de la « levée du blocus au domicile du Président Boni Yayi ».  A travers une déclaration rendue publique, hier, dimanche 23 juin 2019, à Cotonou, l’ancien Maire de la ville de Cotonou a salué toutes les personnalités d’ici et d’ailleurs, qui selon lui ont œuvré pour que la rue de Boni Yayi, soit dégagée du contingent policier qui y a siégé plus de 50 jours. Il a profité de l’occasion pour repréciser les nouveaux objectifs à atteindre, pour que la démocratie béninoise soit d’après son adresse, totalement libérée.

Intégralité de la déclaration

Déclaration du Président Nicéphore D. SOGLO suite à la levée du blocus au domicile du Président Boni YAYI

 

Cotonou, le 23 juin 2019

Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

En ces heures de sombres et dures épreuves pour notre chère patrie, je rends grâce à votre mobilisation, à vos immenses sacrifices et surtout à votre détermination. Nous avons maintenant de sérieuses raisons d’espérer une victoire prochaine et définitive de la démocratie dans notre pays : berceau des conférences nationales souveraines et vitrine de la démocratie en Afrique.

C’est donc d’abord devant notre vaillant peuple que je m’incline. C’est à lui que nous devons la fin de l’humiliant traitement infligé au Président Thomas Boni YAYI pendant près d’une cinquantaine de jours. Et c’est avec joie que nous avons appris la levée enfin du blocus dont son domicile était l’objet et la possibilité pour lui d’aller et de venir comme un homme libre et surtout, de se soigner.

Votre lutte n’a donc pas été vaine même si nous n’en sommes encore qu’à la première étape de la restauration de notre démocratie et cela passe nécessairement par le départ du ‘’parlement du sang’’ et la reprise des élections législatives. Reprise incluant, comme dans toute démocratie, tous les partis ou groupes politiques désireux d’y participer.

Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

La décrispation actuelle, nous la devons d’abord et avant tout, je le répète, à votre combat acharné et à votre résistance qui ont mis en émoi l’ensemble de la communauté internationale. Plusieurs personnalités d’Afrique y ont pris une part décisive. Je veux nommer ici les Présidents du Nigeria, S.E. Muhammadu BUHARI et, S.E. Paul KAGAME du Rwanda, qui méritent toute notre gratitude pour leur hauteur d’esprit, leur humanité et leur sens du discernement face à l’affreux drame en cours au Bénin. D’autres comme le Président Equato-Guinéen, OBIANG NGUEMA MBASOGO, le Congolais Sassou NGUESSO et l’Ivoirien Alassane Dramane OUATTARA y ont, ô combien, grandement contribué. Je ne saurais oublier, naturellement nos frères Présidents du Togo et du Niger avec qui nous sommes toujours en symbiose. Et que dire de la formidable mobilisation de la diaspora béninoise et des amis du Bénin partout dans le monde. Et grand merci au Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique, créé en 2006 à Maputo par un grand visionnaire : Nelson MANDELA. Ils se sont mobilisés tous, sans exception, contre l’injustice qui frappait notre pays. J’ai cependant une pensée particulière pour les Présidents OBASANJO et KUFFOR qui se sont joints à notre combat.

Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

Il s’est passé au Bénin, dans notre chère patrie, des choses d’une exceptionnelle gravité, sans précédent dans l’histoire : une élection législative d’où sont exclus tous les partis de l’opposition à l’exception des deux partis du Chef de l’Etat, une sanglante violence post-électorale, des arrestations tous azimuts. Et c’est en vain qu’ont résonné les appels à la raison des organisations sous régionales et internationales et du gratin de l’intelligentia dans tous les continents, l’Afrique en tête, avec le célèbre Prix Nobel de littérature Wolé SOYINKA.

Quelle honte et quel malheur pour pays de BEHANZIN, de KABA, de BIO GUERA ! Quelle malédiction pour le berceau des conférences nationales souveraines !

Et cette tension a été aggravée par la multiplication des opérations militaires sur toute l’étendue du territoire national contre des populations pour la plupart désarmées. Que de pertes en vies humaines ! C’est un crime. Car comme le rappelle la Banque Mondiale, de 1960 à 1972, notre pays a connu six coups d’état militaires sans que ne soit versé une goutte de sang. D’où mon appel pressant pour la cessation immédiate des actes de provocation à l’égard de nos paisibles populations et qui hypothèquent la paix dans une sous-région déjà en proie à de nombreux défis sécuritaires voire terroristes.

A la conférence nationale de février 1990, l’armée a solennellement pris l’historique décision de retourner dans les casernes ; et de ne plus se mêler des querelles politiques.

On n’explique pas donc la violation de ce serment. C’est jouer avec le feu. Car ces déploiements de détachements entiers de militaires lourdement armés à tous les carrefours des grandes villes du pays peuvent se retourner un jour contre leurs auteurs.

Car La vocation de notre armée est de protéger le pays contre des menaces étrangères. Le rôle de la police nationale fusionnée à présent avec la gendarmerie est d’assurer le maintien de l’ordre. Elle ne peut prendre pour cible, les travailleurs, les responsables des partis politiques, les paysans désarmés ou les chasseurs.

Le retour de l’armée dans les casernes devient alors un impératif catégorique et un préalable à tout dialogue et à toute recherche d’un consensus national.

Restons donc vigilants et mobilisés pour le retour de la paix et de la démocratie au Bénin.

Nous nous inclinons à nouveau avec respect et émotion devant la mémoire des innocentes victimes de la folie meurtrière qui s’est soudainement emparée de ce pays où régnait depuis des lustres, la paix et la sérénité.

Vive la liberté !

Vive l’égalité !

Vive la fraternité !

Vive le retour de démocratie !

Et vive le Benin !

Je vous remercie.

Nicéphore Dieudonné SOGLO

Ancien Président de la République

Ancien Maire de la ville de Cotonou

Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique,

Créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage de Nelson MANDELA

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