Déclaration des centrales syndicales du Bénin à Genève : « Un déclin de la négociation collective et de la liberté syndicale au Bénin »

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Les centrales et confédérations syndicales du Bénin prennent part aux travaux de la 108ème session de la Conférence internationale du travail (Cit) à Genève. Une rencontre qui coïncide avec le centenaire de l’Organisation internationale du travail. Et, dans une déclaration commune le 14 juin dernier, les responsables syndicaux du Bénin ont dénoncé un déclin de la négociation collective et de la liberté syndicale dans le pays.

 

Pour le porte-parole des centrales et confédérations syndicales du Bénin, Moudassirou Bachabi, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), la situation du Bénin n’est guère reluisante et continue de se dégrader davantage. « Qu’il vous souvienne, qu’à cette même tribune le porte- parole des travailleurs de mon pays à la 107ème session attirait notre attention sur cette situation, en affirmant : « Le Bénin fait face, depuis peu, à un déclin de la négociation collective et de la liberté syndicale. Malgré un corpus juridique qui intègre les normes internationales, une série de dispositions législatives et de pratiques gouvernementales, sont venues déstructurer les relations de travail rendant plus vulnérables encore des milliers de travailleurs. Des dispositions pertinentes de protection des droits des travailleurs sont unilatéralement remises en cause au motif habituel connu à savoir créer des emplois en attirant les investisseurs. Et les atteintes aux acquis sociaux et syndicaux se poursuivent, avec notamment, la sinistre offensive législative, contre l’exercice du droit de grève des personnels sanitaires et judiciaires. » Mesdames et Messieurs, la situation s’est depuis lors empirée par une aggravation de la remise en cause des acquis sociaux, démocratiques et même de l’esprit de certaines Normes internationales du travail pourtant ratifiées par mon pays par l’adoption d’une série de lois et de mesures scélérates et anti démocratiques » a déclaré le secrétaire général de la Cgtb à Genève. A l’en croire, la situation étant devenue suffisamment préoccupante, le Comité des libertés a été saisi par plusieurs organisations des travailleurs. Ceci, dans l’optique de contraindre les autorités béninoises au respect de l’esprit du droit de grève et d’attirer leur attention sur les dérives jugées dictatoriales ainsi que sur les poursuites et détentions aux relents arbitraires enregistrées çà et là par exemple. Face à la menace persistante sur les libertés syndicales et les acquis socio-professionnels des travailleurs, les centrales et confédérations syndicales appellent alors à la solidarité de la communauté internationale pour soutenir leur combat pour un Bénin plus démocratique “où l’on construit au moyen d’un dialogue inclusif respectueux des valeurs universelles une société humaine viable, juste et équitable“. Un message fort des centrales syndicales du Bénin, plus que jamais limitées dans leurs actions en faveur des partenaires sociaux.

Cent ans d’existence de l’Oit…

 

Dans leur déclaration, les centrales syndicales du Bénin ont également salué le combat mené par l’Organisation internationale du travail pendant un siècle. «…cent ans de combat mené par ce creuset tripartite pour l’équité et la justice sociale dans les relations professionnelles. Oui, cent ans d’usage d’approche consensuelle au moyen d’un dialogue inclusif rigoureux pour asseoir une humanisation des rapports et de la cohabitation entre le capital et la force de travail. Mais hélas ! Même si les différents témoignages des sommités qui se sont succédé à cette tribune révèlent que la situation n’est pas la même partout dans le monde, le chemin qu’il nous reste à parcourir pour atteindre l’idéal universel reste long et parsemé de grands défis pour la quasi-totalité des Etats et exige de la communauté internationale une solidarité plus que jamais agissante. Ces défis sont complexes, nombreux et multiformes parce qu’ils interpellent aussi bien les relations professionnelles traditionnelles que d’autres thématiques telles que les libertés publiques, l’environnement, l’impact du progrès technologique sur la qualité et l’avenir des relations du travail, la Démocratie dans nos Etats et j’en passe » a martelé le Sg/Cgtb.

 

Aziz BADAROU

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