Bepc 2019/Fort taux de réussite : “La quantité d’accord mais la qualité d’abord“, dixit le Cp Thierry Daga

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Le pourcentage élevé de réussite enregistré à l’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc 2019) continue d’alimenter le débat et les avis sont plus que divergents. Si le syndicaliste et enseignant Thierry Dovonou reste sceptique quant au fait que ces résultats soient révélateurs du réel niveau des candidats, le Conseiller pédagogique Thierry Daga estime qu’il faudra finir par ne plus se voiler la face pour relever les défis du secteur éducatif. Pour lui, la qualité devrait plutôt primer sur la quantité…

 

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 « Nous savons tous quel est le vrai niveau de la plupart de ces candidats déclarés admissibles à plus de 56℅ au BEPC 2019, y compris dans les disciplines dont on dit qu’ils y auraient réalisé de très bonnes performances. Jusqu’à quand nous entendrons à nous mentir collectivement ? Pourquoi ce manque de courage collectif pour venir au secours du système éducatif ? D’où nous vient cette lâcheté qui nous force à collectivement singer et rire là où on devrait pleurer sur le sort de l’éducation au secondaire ? Ayons le courage collectif de dire ensemble : le Borgou dernier ou premier, il n’y a aucune espèce de différence, c’est simplement attristant ce qui nous arrive » déclare le conseiller pédagogique, Thierry Daga dans un post sur les réseaux sociaux. « Pourquoi le taux réussite de plus de 56℅ au plan national aux détriments des résultats catastrophiques desdits candidats ne préoccupe personne? Dans une situation où malgré le niveau dangereusement préoccupant de ces candidats dans les matières scientifiques et en français, je dis bien et en français, on nous dit que leurs performances dans les disciplines littéraires fonderaient ce taux ” surprenant” de réussite, nous devrions tous nous interroger, non pas spécifiquement sur le cas borgolais, mais plutôt sur les résultats nationaux. Si tout le système éducatif peut continuer à pratiquer la politique de l’autruche comme c’est le cas pour ces résultats du BEPC 2019, d’ici quelques années, s’en sera fini pour l’enseignement/apprentissage/évaluation dans le secondaire. C’est bien triste de constater que ceux qui les premiers ressassent chaque jour et à juste titre que le système éducatif est malade,   au lieu de faire face courageusement aux maux dont il souffre réellement et qui sont connus de tous ses acteurs attentifs, s’escriment de façon cyclique à faire du saupoudrage », explique-t-il. A l’en croire,  il est tout de même curieux d’entendre certains affirmer, parfois péremptoirement, que ces soit disant ”bons résultats” obtenus au BEPC 2019 seraient dus aux ”réformes engagées” dans le sous-secteur. « On cite pêle-mêle en appuis à cette thèse, le déroulement d’une année scolaire sans grève,  les récentes mutations des CP et celles des enseignants, mutations qui participeraient d’une meilleure répartition des compétences sur le terrain etc, etc. Il s’agit certainement là de facteurs dont les effets positifs ne sauraient être passés sous silence, notamment le déroulement sans heurt d’une année scolaire ”paisible” du début à la fin. Cependant, considérer ces facteurs comme sérieusement et positivement modificateurs des performances des candidats au BEPC cette années reviendrait à dire entre autres, sans aucune étude scientifique sur le sujet que: les enseignants et les CP mutés dans les départements du septentrion à partir des autres régions du Bénin seraient les principaux artisans des bons quantitatifs réalisés au BEPC dans les départements concernés ; leurs départs des départements de la partie méridionale du Bénin expliqueraient entre autres le recule relatif globalement observé dans lesdits départements ; il n’y aurait jamais eu au Bénin démocratique, de résultats au BEPC qui aient été aussi bons que ceux de cette année malgré une année scolaire perturbée par les grèves » précise le conseiller pédagogique. Selon ses dires, les taux de réussites à nos examens nationaux sont de moins en moins indicateurs du véritable état de santé de notre système éducatif. « Les raisons d’être du système, ce ne sont pas les taux de réussites paradoxalement et quantitativement élevés, mais contrastant ouvertement avec la  qualité de ses produits. L’idéal serait que le bon quantitatif s’accompagne simultanément d’un bon qualitatif. Se préoccuper de la quantité au détriment de la qualité est forcément handicapant pour des pays comme le nôtre. La quantité, d’accord, mais la qualité d’abord. Tel devrait être le credo pour le salut du système éducatif béninois » conclut-il.

 

A.B

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