Gouvernance sous la Rupture : Des centres de promotion sociale toujours sans budget

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Le projet de budget de l’Etat gestion  2019 a été adopté le jeudi 20 Décembre 2018. Il est équilibré en ressources et en charges à la somme de 1877,543 milliards FCFA contre 1862,918 milliards FCFA en 2018, soit une hausse de 0,8%. Six mois après, à l’instar de plusieurs structures sous tutelle de différents ministères, certains Centres de promotion sociale (Cps) sont, à ce jour, sans budget de fonctionnement.

 

Pour les agents de l’Etat en fonction dans les sociétés d’Etat ou structures sous tutelle, les réalités sont souvent différentes de celles des radios, télés et réseaux sociaux. En effet, lorsqu’en mars 2019, le ministre des Affaires sociales et de la Microfinance Adam Bintou Taro remettait à chaque responsable de structure et gestionnaire de crédit une lettre de mission pour le compte de l’année 2019, les agents des Centres de promotion sociale (Cps) imaginaient sans doute que c’est la fin de leur calvaire. Malheureusement, tel n’est pas le cas, notamment pour ceux des départements du Couffo et du Mono. Dans les Centres de promotion sociale de ces départements, pour ne citer que ceux-là, les jours passent et se ressemblent. Sans budget de fonctionnement depuis 6 mois, aucune des activités prévues sur le budget national ne se mène dans les centres de promotion sociale de ces communes. Les agents viennent au service, impossible pour eux d’aller sur le terrain pour le suivi des usagers ayant bénéficié de différents appuis ou pour réaliser les enquêtes sociales afin d’offrir à la population des services adéquats. Ils sont contraints de rester au bureau, se ronger les ongles, attendre l’heure de sortie pour ensuite rentrer. Ils végètent dans une totale oisiveté du fait de la politique de décaissement de fonds pour laquelle le gouvernement de la Rupture a opté depuis 2016.

Dans la plupart des structures sous tutelle comme les Cps, les fonds de fonctionnement sont envoyés par semestre. Il faut pouvoir justifier les fonds du 1er semestre pour recevoir ceux du deuxième semestre. Normal, dira-t-on. Mais là où le bât blesse, si jusqu’en juin, les fonds ne sont pas encore décaissés, comment planifier, exécuter et justifier les activités qui devraient s’étaler sur six mois en au plus un mois ? Cela fait que lorsqu’enfin l’argent vient, les activités se mènent à la va-vite. Car, c’est dans le budget que toutes les activités sont réalisées : les célébrations des Journées mondiales (femmes, enfants, journées de l’enfant africain, etc.). Ce retard fait donc que certaines journées sont célébrées en différé. Quel impact vise-t-on avec des activités réalisées à la va-vite ? Ou s’agit-il seulement de donner la preuve que les fonds ont été consommés ?

Ce retard, devenu une habitude, dans la réception des fonds fait, que les agents ne peuvent pas répondre aux besoins de certains usagers lorsque la situation de ces derniers nécessite un appui financier (pour les soins de santé, pour l’alimentation).  Car, il arrive qu’en raison de la situation de l’usager, on juge de la nécessité de lui octroyer de façon ponctuelle une modique somme pour s’alimenter, pour son déplacement, etc. C’est toutes ces petites attentions mais vitales pour des familles à revenus modestes qui sont ainsi bloquées. Cela fait longtemps que ce dysfonctionnement dure sans qu’il n’émeuve les autorités au plus haut niveau. L’année dernière par exemple, c’est pratiquement au mois de mai que certains Cps ont reçu de financement. Cette année, les plus chanceux l’ont reçu en avril, le cas de certaines communes de l’Atacora. Dans l’Ouémé par exemple, certaines communes l’ont reçu le mois dernier seulement.

M.M

Les CPS (Centres de Promotion Sociale) sont des complexes d’appui au développement des communautés à la base. Ils ont pour mission de veiller à l’application des politiques et stratégies du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance dans les différentes communes. Ils s’occupent de la prévention et de la gestion des risques sociaux encourus par les populations et particulièrement les groupes vulnérables.
A ce titre, ils sont chargés de :
  • Donner des appuis conseils aux individus, aux familles, aux groupements, aux associations et aux élus locaux en cas de nécessité ;
  • Contribuer à la promotion de la famille, de la femme, de l’enfant, de l’adolescent, des personnes handicapées, des personnes de troisième âge et de tout autre groupe social vulnérable ;
  • Organiser des séances d’information, de sensibilisation et de mobilisation sociale sur divers sujets ayant trait à l’amélioration des conditions et du niveau de vie de la population ;
  • Encadrer les structures d’accueil, d’éducation, de formation et les orphelinats ;
  • Assurer la prise en charge psychosociale des victimes du VIH/SIDA en général et des Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV) en particulier ;
  • Identifier et d’appuyer les groupements féminins par l’appui-conseils ;
  • Superviser le recensement des chefs de ménage pauvres extrêmes et pauvres non extrêmes ;
  • Assurer le secrétariat des comités communaux œuvrant dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables.
Il y a un CPS dans chaque commune et les grandes communes comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou en ont plus d’un. Ce qui fait qu’il y a au total 85 CPS au Bénin.

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