Bénin : Violation flagrante des droits de Yayi

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 Presqu’assigné à résidence depuis plus d’un mois et assiégé par une horde de policiers républicains, Boni Yayi ne jouit plus de sa liberté d’aller et de venir, alors qu’elle est la plus fondamentale à tout individu, dans un Etat de droit. Pis, la loi relative aux droits des anciens présidents de la république en vigueur au Bénin depuis près de dix ans, ne s’applique plus à l’homme par le pouvoir en place, en ce qui concerne à l’instar d’autres aspects, son droit à la sécurité et à l’assurance maladie.  

 

Promulguée le 15 juillet 2009, la ‘’loi n° 2009-18, portant pension et autres avantages aux anciens présidents de la république’’ et appuyé par un décret d’application, devrait être appliquée à tout ancien chef d’Etat béninois, élu démocratiquement. Mais Boni Yayi, nonobstant son statut d’ancien président de la république du Bénin, n’est pas à la date d’aujourd’hui, bénéficiaire de plusieurs avantages accessoires à cette loi. Cette transgression de l’arsenal juridique du Bénin par le gouvernement de Patrice Talon qui, dans un passé récent, traitait le Bénin d’Etat voyou parce que ne respectant pas certaines lois, est tellement flagrante qu’elle est considérée, depuis que le domicile cotonois de Boni Yayi est militairement ceinturé, comme un secret de polichinelle. Depuis des mois et avant même les manifestations post-électorales macabres  des 1eret 2 mai à Cotonou et à Kandi, source du malheur de Boni Yayi, l’homme n’avait plus à ses côtés, pour assurer sa sécurité personnelle, les hommes en uniforme. Certains avaient délibérément cessé de le servir mais n’ont jamais été remplacés. Alors que l’article 8 de la loi stipule clairement que l’ancien chef de l’Etat a ‘’droit à un service de sécurité comprenant deux gardes de corps choisis parmi les forces armées ou de sécurité publique…’’. Pour pallier cette injustice, Boni Yayi a été obligé de faire recours à un service de sécurité privée, que les mêmes qui l’ont dépouillé des gardes en question, ont qualifié de mercenaires, en les mettant aux arrêts. Pas plus tard que la semaine dernière, deux autres agents de sécurité privée ont été arrêtés devant le domicile de Boni Yayi. Depuis qu’il est confiné chez lui et empêché de recevoir des visites de ses proches, même pas celle de son coiffeur, sa santé selon son médecin se dégrade de plus en plus. Privé donc de soins adéquats d’assurance et même de médicaments personnels, c’est encore une violation flagrante de cette même loi, précisément en son article 9 qui dit : « L’ancien Président de la République visé à l’article 1er ci-dessus, son conjoint et ses enfants mineurs bénéficient d’une assurance-maladie .Le droit à l’assurance-maladie ne préjudicie nullement au bénéfice de la pension spéciale. L’assurance-maladie n’est pas réversible au décès du bénéficiaire ». Au-delà, Boni Yayi, malgré le fait qu’il soit prêt à prendre en charge sa santé, est visé par une audition chez lui. Ce qui davantage complique sa situation en ce sens que cela ne lui permet pas de bénéficier de soins médicaux. Si alors ses droits sont brimés sans que le gouvernement n’en dise mot, quid des autres dispositions prévues dans cette loi ? Sont-elles respectées à l’endroit de l’ancien chef de l’Etat ? Que fera-t-on des droits du citoyen lambda si ceux relatifs aux personnalités ayant servi le Bénin au plus haut niveau ne sont nullement respectés?  Toujours est-il que c’est sous Patrice Talon qui a promis monts et vallées aux Béninois en terme d’égalité et de respect des droits et lois, que Boni Yayi est confiné chez lui sans une raison officielle, chevauché et dépouillé de tout ce que lui confèrent la Constitution et cette loi relative à sa personnalité.

 

Janvier GBEDO (Coll.)   

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