Audition de l’ancien Président Boni Yayi : Une procédure viciée du juge d’instruction…

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(Le régime Talon accusé d’une mise à mort de Yayi)

Contraint à faire la ronde dans sa maison, l’ancien Président de la République, Dr Boni Yayi devrait répondre ce vendredi, 07 juin 2019 à un interrogatoire de la justice béninoise. En effet, dans une correspondance en date du 05 juin 2019 adressée à l’ex Chef de l’Etat, le juge d’instruction Aubert M. Kodjo a décidé de se transporter judiciairement au domicile de ce dernier pour l’entendre dans le cadre de l’instruction du dossier Coto/2019/RP/02285-CABA/2019/0041 relatif aux manifestations post-électorales. Seulement, la procédure est loin d’être respectée, selon les avocats de Boni Yayi qui dénoncent une intention déguisée…

 

D’abord, deux jours avant que le juge d’instruction ne décide de se transporter judiciairement au domicile de Boni Yayi, les avocats de ce dernier lui aurait adressé une correspondance pour demander le report de l’audition de leur client pour des raisons de santé. Une correspondance brandie par Me Renaud Agbodjo devant les professionnels des médias. A l’en croire, ladite lettre a été accompagnée d’un certificat médical signé depuis le 15 mai par le médecin personnel de Boni Yayi. Cependant, le juge d’instruction a effectué le déplacement sans pouvoir entendre le concerné. Pour l’avocat, outre la maladie dont souffre son client, il est inadmissible qu’un juge décide d’entendre quelqu’un dans de circonstances pareilles. Boni Yayi n’est pas dans des conditions requises pour répondre aux questions d’un juge, a-t-il martelé. Ensuite, Me Renaud Agbodjo relève une contradiction dans la correspondance du juge d’instruction. Si le juge décide d’entendre Boni Yayi à son domicile en raison de sa qualité d’ancien Président de la République (comme mentionné dans la correspondance), pourquoi alors en objet, il est écrit “transport judiciaire“. Et chose curieuse, la préoccupation des avocats de savoir sous quel régime juridique, conformément au code de procédure pénale (audition de témoin ou de perquisition et de saisie), leur client devrait être entendu, est restée sans réponse, selon Me Agbodjo. Et le comble, c’est qu’il y a eu interjection d’appel dans le dossier dans lequel Boni Yayi devrait être entendu. Toute chose qui, pour une bonne administration de la justice, contraint le juge d’instruction à attendre la décision de la Cour d’Appel. Pourquoi alors s’empresse-t-on de vouloir écouter Yayi alors que sur plus de soixante personnes mises sous mandat de dépôt, seulement une dizaine de personnes a été écoutée ? L’audition de Boni Yayi était si urgente et nécessaire ? Autant de questions que se posent les avocats de Yayi Boni qui estiment que les dépositions des prévenus ne renvoient pourtant pas encore à une audition de leur client. Me Renaud Agbodjo plaide pour une justice impartiale et invite les juges à accomplir leur mission avec toute la conscience professionnelle requise.

Vers une mise à mort de Yayi ?

 

La situation de l’ancien Président de la République, Dr Boni Yayi inquiète davantage et ses avocats accusent le régime de la Rupture. Selon Me Kato Atita et Me Renaud Agbodjo, leur client est malade de la torture morale. Toute chose qui affecte sur tous les plans, l’ancien Chef de l’Etat notamment psychologiquement. Face à la non-levée du dispositif policier autour de son domicile malgré les alertes sur l’état de santé de leur client, Me Kato Atita accuse le régime actuel de vouloir être à l’origine de la mise à mort de Boni Yayi. « Même la Cour constitutionnelle qui a le pouvoir de s’autosaisir sans une requête ne dit rien » se désole l’avocat Kato Atita.

 

A.B

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