Thèse de Doctorat en biologie de la conservation des espèces : Mention Très Honorable pour Dr. Gnido Amandine Assogba-Deleke

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 Le registre  des sciences biologiques de la conservation des espèces s’est enrichi d’un nouveau docteur. L’impétrante, Dr Gnido Amandine Assogba-Deleke   a présenté le fruit de ses recherches  sur l’utilisation et l’importance du bombax Costatum ( le faux kapokier) par les populations du Bénin. Elle a aussi exposé les reconnaissances relatives à l’écologie de l’espèce. C’était lundi 03 juin 2019, devant un jury relevé d’examinateurs.

 

Mention Très Honorable pour Dr. Gnido Amandine Assogba-Deleke. C’est la sentence du jury au terme de sa présentation sur l’utilisation et l’importance du bombax Costatum ( le faux kapokier) par les populations du Bénin, ainsi que sur les reconnaissances relatives à l’écologie de l’espèce. Cette étude, objet de la thèse en question, se veut une contribution remarquable à la gestion durable de Bombax Costatum et de son potentiel en Afrique de l’Ouest. Dr Gnido Amandine Assogba Deleke  a aussi convaincu le jury sur l’importance ethnobotanique et socioéconomique. Le jury a pris connaissance de la distribution actuelle du kapokier et la variabilité écophenotypique et sa productivité. L’originalité aura été la caractérisation de la structure des peuplements du kapokier Bombax Costatum dans la réserve de la biosphère de la Pendjari.

En effet, espèce d’origine de l’Afrique de l’Ouest, Bombax costatum demeure peu exploitée et considérée  comme une espèce sous-utilisée notamment au Bénin malgré son importance socio-économique et environnementale considérable. De plus, les facteurs d’adoption, d’utilisation et de diversité morphologique de l’espèce restent très peu étudiés. L’étude est donc une contribution à la gestion durable des populations de B. costatum. De façon spécifique, elle vise à faire une analyse critique de l’état des connaissances sur Bombax costatum et de son potentiel en Afrique de l’Ouest, évaluer son importance ethnobotanique et socioéconomique ; déterminer la distribution actuelle et prévoir la distribution future des habitats potentiels pour la conservation de B. costatum au Bénin. Il était également question de décrire la variabilité écophénotypique et la productivité de B. costatum suivant son aire de distribution au Bénin et de caractériser la structure des peuplements de B. costatum dans la réserve de la biosphère de la Pendjari.

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La méthodologie de l’étude

 

Pour atteindre ces objectifs, une revue analytique a d’abord été réalisée afin d’identifier les gaps de connaissances scientifiques sur l’espèce. Des entretiens individuels semi-structurés avec 118 enquêtés ont été conduits pour évaluer les connaissances ethnobotaniques et de diversité morphologique locale de l’espèce suivant les facteurs sociolinguistiques des enquêtés. Les modèles linéaires à effet mixte ont été utilisés pour évaluer l’influence des facteurs environnementaux sur la production du calice de B. costatum et les modèles de régressions pour établir des modèles allometrics pour la production de cette dernière. Les caractéristiques structurales de B. costatum suivant les modes d’affectations des terres ont été évaluées grâce aux paramètres dendrométriques dont la densité, le diamètre moyen à 1,30m, la surface terrière et la hauteur moyenne et aux structures en diamètre.

Les résultats au terme de l’étude

 

Au terme de l’étude, les résultats ont révélé 46 utilisations de Bombax costatum classées en huit catégories d’utilisations dont les plus importantes sont l’alimentation, les médicaments, les usages culturels et écologiques. Le calice est l’organe le plus utilisé, généralement pour la préparation de la sauce légume ou gluante. En ce qui concerne les groupes sociaux culturels, les «Gourmantchés» et les «Berbas» sont les groupes socio-culturels qui utilisent le plus l’espèce et lui accordent une grande importance culturelle. Sur le plan géographique, les zones propices à B. costatum étaient larges et couvraient les trois zones biogéographiques du Bénin. Globalement, les niveaux de protection augmentent de la zone guinéo-congolaise à la zone soudanienne (du sud au nord). Par conséquent, les zones protégées des zones soudano-guinéenne et soudanienne sont les mieux adaptées à la conservation durable de cette espèce. Les résultats ont révélé que tous les critères traditionnels de différenciation de B. costatum, ainsi que les morphotypes distingués, étaient similaires dans les zones climatiques. Les morphotypes ayant des fleurs rouges et une écorce rugueuse dans les deux zones climatiques étaient les plus préférés. B. costatum a une faible densité dans le parc national de Pendjari et une forte densité dans la chaîne de l’Atacora (adultes et plantules) et dans la zone de chasse de la Pendjari (juvéniles et jeunes plantes). Enfin, les implications de l’étude pour la conservation et la gestion ont été discutées et des pistes de recherche futures ont été suggérées.

 

Th. A.

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