Echec de l’appel à la grève et seule au front: Et si la Cstb revoyait sa stratégie de lutte ?

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Esseulée ces dernières années sur le champ de bataille pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des partenaires sociaux, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) devra désormais pouvoir tirer les meilleures conclusions et réorienter sa stratégie de lutte syndicale. Une stratégie de lutte syndicale qui visiblement a montré ses limites et qui, à bien analyser, n’a pas apporté grand-chose aux travailleurs ces dernières années quant à leurs acquis socioprofessionnels. L’échec de l’appel à la grève de ce mercredi, 15 mai 2019 reste une illustration qui devrait amener les responsables confédéraux de la Cstb à repenser leur démarche…

Se réclamant à cor et à cri, la confédération la plus représentative, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) semble tellement débaucher d’énergie sans obtenir grande chose en termes d’acquis au profit des travailleurs. En effet, depuis le mandat du bouillant Paul Essè Iko à l’infatigable secrétaire général Kassa Mampo, la Cstb mène très rarement de lutte aux côtés des autres centrales et confédérations syndicales comme la Cosi-Bénin, la Cgtb, la Csa-Bénin ou encore l’Unstb. Ce qui, pourtant, a été déterminant dans les récents succès des luttes syndicales menées au Bénin pour la satisfaction des plateformes revendicatives des travailleurs. Les anciens secrétaires généraux Pascal Todjinou (Cgtb), Dieudonné Lokossou (Csa), Noël Chadaré (Cosi), Paul Essè Iko (Cstb), Emmanuel Zounon (Unstb) réunis, mobilisés, l’évidence est que les gouvernants ne résistent pas longtemps. Mais depuis que la Cstb, au cours d’une séance de négociations à l’Infosec, a taxé les autres secrétaires généraux de traîtres et complices de complots contre les travailleurs, le monde syndical est resté divisé. Habitués à claquer les portes des négociations, les secrétaires généraux de la Confédération “la plus représentative“ n’ont pu réellement défendre la cause des travailleurs à ces rencontres capitales, laissant ainsi le privilège à ceux qu’ils accusent de traîtres, de décider du sort des partenaires sociaux. Ainsi, les quelques revendications satisfaites “partiellement“ par le gouvernement, la Cstb ne peut se targuer d’y avoir contribué. « On ne peut pas défendre les travailleurs en boycottant ou en se retirant des négociations car en le faisant, qui négociera pour les travailleurs ? » s’interrogeait un observateur au terme d’une rencontre gouvernement/centrales syndicales. De plus, les décisions de manifester ne sont plus conjointement prises au niveau de la Bourse de travail. La Cstb s’est illustrée comme la confédération qui manifeste le plus mais pour beaucoup, cela frise souvent la mal organisation, l’improvisation. Etant donné qu’on ne peut parler de l’immaturité syndicale avec l’une des plus anciennes confédérations syndicales, il y a tout de même matière à s’interroger sur cette stratégie de lutte de la Cstb. C’est clair qu’il faut faire du vacarme à un moment donné, mais il faudrait aussi savoir faire du bruit pour ne pas se discréditer. Nul ne doute de l’engagement de la Cstb à défendre les acquis démocratiques, les intérêts des travailleurs mais il urge à présent de mener des luttes fructueuses. Car, depuis un moment, les mots d’ordre ne sont plus suivis par les militants et cela pourrait bien constituer une faiblesse dont pourrait se servir le gouvernement. L’échec de la grève de ce mercredi reste un exemple palpable. A-t-on évalué le contexte avant de prendre une telle décision ? A-t-on consulté les syndicats affiliés ou la base avant de déclencher une telle grève ? Combien voudront aujourd’hui prendre le risque d’aller en grève au regard de la nouvelle législation en vigueur sur l’emploi, la fonction publique au Bénin ? Quelle est l’importance d’une grève en fin d’année scolaire et à la veille des examens scolaires ? Les questions restent toutes posées. Loin d’en vouloir à la Cstb qui a toujours combattu énergiquement pour le bien-être et le mieux-vivre des béninois, les partenaires sociaux ne veulent que d’une confédération qui, par sa stratégie de lutte ou démarches, protège leurs intérêts. Et pour y arriver, la Cstb pourrait bien revoir sa stratégie de lutte syndicale…
M.M

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