Arrestations ciblées d’activistes : Quid des « klébés » vindicatifs?

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Comme une épée de Damoclès, elle plane sur la tête des voix discordantes. Depuis son vote à l’Assemblée nationale, la loi sur le numérique n’a été aussi appliquée que pendant cette période de crise post-électorale. Une application rigoriste qui ne laisse aucune marge de manœuvre aux jeunes opposants et voix critiques. Pendant le même temps, les « Klébés » qui enfreignent à la même loi, en vexant dans des invectives de toute sorte à l’égard des personnalités politiques opposées au pouvoir de la Rupture, ne sont nullement inquiétés. 

Au nombre de la kyrielle de lois jugées scélérates et pourtant votées par les députés de la législature finissante, précisément sous le règne du président Patrice Talon, figure en bonne place celle du numérique. Même si beaucoup de voix ne se sont pas levées pour la dénoncer lorsqu’elle prenait corps, certaines personnes dont particulièrement des activistes et web activistes, ont alerté sur l’omerta et le caractère rébarbatif qui la déterminait. Quelques jours seulement ont suffi pour que ces personnes aient raison. Telle une épée de Damoclès, cette si ardente loi après sa promulgation a étendu ses tentacules. En un temps record, elle a envoyé un nombre important de ces activistes et web activistes devant procureurs et juges. Pis, le brouhaha et les nombreuses prises de positions qui jalonnent la crise post-électorale depuis presque deux semaines, faute de l’exclusion maquillée de l’opposition des législatives du 28 avril dernier ont rendu cette loi, plus célèbre que jamais dans l’arsenal juridique béninois. Dès lors, elle s’abat encore plus et ce sans rémittence, sur toute voix qui oserait désappointer de façon jusqu’au-boutiste toute autorité politico-administrative, proche de l’exécutif, dans cette affaire d’élections.  Ainsi, depuis quelques jours on assiste à des interpellations de toute sorte même celles qui ne respectent aucune procédure. L’exil ou la prison sont les deux alternatives qui s’offrent aux voix critiques. De telle sorte que nombreux parmi web activistes dont les écrits gênent se retrouvent aujourd’hui soit privés de leur liberté, soit hors du territoire national. On peut dare-dare citer l’arrestation d’Habib Ahandessi, d’Hermann Kokou et  de Moudjibou Laourou ; la semaine dernière. Celle-ci, à l’instar de Gilbert Makou, Kamar Ouassagari, Hugues Sossoukpè, Constantin Amoussou, Prudence Tessi, d’Innocent Atindoklèdjè et bien d’autres qui ont trouvé refuge à l’extérieur du pays, face à la menace d’interpellation ou d’enlèvement.. Sans oublier Doncklam Abalo aujourd’hui menacé s’arrestation. Pendant ce temps, c’est la sérénité totale chez ceux qui à longueur de journée  vouent aux gémonies et jettent de l’opprobre sur les responsables de l’opposition, sans oublier les anciens présidents de la république qui sont trainés dans la boue, par eux. En d’autres termes, point de loi du numérique à leur opposer. Rassurés et même amusés, ils peuvent tout dire, pourvu qu’ils aient l’occasion de le dire. De Facebook à WhatsApp passant des certains médias traditionnels, ils sont rois de la médisance. Qui ou quoi pour calmer leur folie des grandeurs ? Quelle loi faudra-t-il leur opposer, quant à eux ? Nonobstant les nombreuses plaintes de certains leaders de l’opposition à l’encontre de ces herculéens de l’heure, rien n’a fait. A défaut d’être rangées aux oubliettes, ces plaintes ne prospèrent guère. A cette mise à l’épreuve, toute la partialité que certains pensaient de cette loi trouve déjà par ces faits et gestes, de justificatifs. Pendant qu’on réclame, qu’on contraint à chanter et à s’approprier tout comportement de paix et de non-violence, cette loi dans son application en devenant l’enfer pour certains et le paradis pour d’autres, indique clairement que certaines autorités veulent d’une chose et de son contraire en même temps. Il est alors nécessaire et impérieux de relever que cette fantaisie observée dans son application est porteuse de semences crisogène et conflictogène.

 

M.M

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