“Enlèvement de deux touristes français au Parc de la Pendjari“ : Un sérieux coup pour le tourisme béninois !

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Considéré comme un pays éminemment touristique de par ses multitudes de sites, sa faune, sa flore et son histoire, le Bénin a entrepris depuis peu, des actions fortes pour se révéler au monde et devenir une destination de premier choix. Mais le tourisme béninois pourrait bien prendre un sérieux coup notamment avec le supposé enlèvement de deux touristes français au Parc national de Pendjari et l’assassinat de leur guide touristique. Une situation qui ternit non seulement l’image du Bénin mais pourrait être une ombre pour la révélation du tourisme béninois…

 

Que d’efforts consentis en peu de temps et ce, malgré les divergences, pour faire du Bénin, une destination de premier choix. Occupant une place de choix dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) et considéré comme un véritable pôle de croissance, de développement économique, le tourisme béninois vit sûrement un tournant non souhaitable de son éclosion. Réhabilité grâce au partenariat liant le gouvernement béninois à African Parks, le Parc national de la Pendjari, l’une des plus grandes réserves protégées restantes en Afrique de l’ouest et centrale, avait à peine commencé par attirer du monde que le ciel s’assombrit au moment où nul ne s’y attendait. Le 1er mai 2019, il est annoncé la disparition de deux touristes français et de leur guide dont le corps sans vie sera retrouvé lors des recherches. Selon certains médias étrangers, les deux français seraient enlevés et conduits au Mali. A présent, combien de touristes voudront encore se rendre au Parc national de la Pendjari ? Qui voudra risquer d’emprunter le même sentier que les victimes de ces ravisseurs toujours inconnus ? Qu’en est-il du partenariat de 23 millions de dollars Us annoncé en janvier 2018 pour protéger le parc avec des partenaires clés, notamment la Wyss Foundation, National Geographic, la Wildcat Foundation ? La seule évidence aujourd’hui est que cette situation vient donner un grand coup au tourisme béninois, en plein essor selon certains observateurs. Des réformes étant amorcées pour repositionner le tourisme comme un axe clé de la relance de l’économie béninoise au regard de sa contribution au Produit intérieur brut (Pib). C’est clair qu’en raison de la situation, plusieurs touristes ont dû renoncer à visiter le parc pour l’instant étant donné que pour beaucoup, désormais, il y a une menace qu’on ne saurait négliger. “Avec ma famille, il n’y aucune chance que nous allions là-bas. C’est trop risqué. Pourtant j’aime le risque. Mais nous n’irons pas tant que le risque d’enlèvement sera élevé, ça n’en vaut pas la peine”. Ces propos d’un touriste rapportés par l’Afp en disent long. Peut-être que le gouvernement n’aurait pas dû autoriser le retrait des forestiers du Parc et le pire aurait été évité. En effet, pour beaucoup, les faits semblent donner raison au capitaine Patrice Trêkpo, secrétaire général du syndicat national des eaux, forêts et chasse, radié pour s’être opposé à l’affermage du Parc. Pour le gouvernement béninois, en confiant la gestion du Parc à African Parks, il entend doubler la population sauvage du parc en une décennie, développer un tourisme responsable et rehausser le profil du parc en tant que destination, et assurer un développement économique et social axé sur la conservation au profit de la population du pays. Aire protégée du Bénin, située à l’extrême nord-ouest du pays, dans le département de l’Atacora, sur les communes de Tanguiéta, Matéri et Kérou, à la frontière du Burkina Faso, le parc de la Pendjari devrait encore patienter pour voir pulluler des touristes étrangers. Pour l’instant, tout laisse croire que le tourisme béninois traversera des moments sombres.

 

Aziz BADAROU

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