Crise électorale au Bénin : Boni Yayi contraint à l’exil ?

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 Les sanglants affrontements du 28 avril et les meurtrières manifestations du 1er et 2 mai ont permis de se rendre compte que Boni Yayi, contrairement à ce que beaucoup pensaient, apparaît aujourd’hui comme le porte-voix des forces politiques de l’opposition. L’assignation à résidence fardée de l’homme, depuis une semaine laisse désormais penser que le gouvernement l’accuse de tout et pour contenir les frustrations et collisions, lui laisse  deux choix : rester au pays et se taire ou quitter sciemment le pays et recouvrer sa liberté et sa sécurité personnelle.

 

Après son refus de cautionner, d’admettre et de consommer facilement comme l’huile d’onction les élections législatives exclusives, les différents appels de Boni Yayi à l’endroit des populations ont sonné le glas tant du côté des militants que d’autres béninois indécis. En témoignent le non déroulement du scrutin et les débordements constatés dans plusieurs zones favorables à son parti politique, sans compter le boycott massif y annexé. Ces évènements ajoutés à la mobilisation  des populations autour de l’homme craignant son arrestation ce 1er mai et plongeant ainsi le Bénin dans cette crise post-électorale dont nul ne peut encore imaginer la fin, semblent amener le gouvernement à décider autrement du sort de Boni Yayi. Il faut restreindre sa liberté. Ce faisant, sa voix sera éteinte et plus aucun mot d’ordre ne pourra venir de lui.  Ce plan d’ailleurs mis en exécution depuis une semaine n’est pas sans feed-back. Car, Boni Yayi n’est toujours pas depuis la fin des affrontements, sorti du tourment. Après donc la razzia policière des alentours de son domicile prétextant d’un soulèvement qui serait orchestré par lui, le dispositif militaire n’est plus jamais parti. Malgré le calme revenu après deux jours d’intenses affrontements meurtriers entre civils et corps armés à Cotonou et à Kandi, rien ne semble émousser l’ardeur des flics postés de part et d’autre de son avenue. Des riverains aux amis personnels passant par la famille, l’accès à la rue de l’ancien Président de la république est extrêmement réduit, filtré et conditionné. Conséquence, le Président d’honneur du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), ne peut plus recevoir tous ses hôtes. Cloîtré à son domicile pour défaut de sécurité extérieure, sa solitude devient ample et grondante. Ceci, parce que ses proches sont arrêtés et ses gardes sécuritaires que lui confère pourtant la loi fondamentale du Bénin ont inexplicablement disparu. Cette torture morale et psychologique qui s’abat depuis une semaine sur Boni Yayi est à coup sûr la cause de son trop grand activisme, de la réverbération de sa voix rassembleuse et de son punch au sein des forces politiques de l’opposition. Apparemment dépourvu de l’essentiel et de tout ce qui peut le mettre en confiance, il semble être poussé à bout. Fait prisonnier dans sa propre maison, la voix de la résignation ou de l’exil semble être le dilemme auquel fait face actuellement l’ancien Chef de l’Etat. Rester au pays et la boucler ou ne pas en rajouter, s’abader et retrouver sa voix. Quel exutoire pour Boni Yayi l’un dans l’autre ? Va-t-il demeurer et surmonter cet empiètement et cette violation flagrante de sa liberté d’aller et de revenir ? Va-t-il abdiquer et s’exiler ? Toujours est qu’il résiste pour l’instant, même si les actes le poussent à bout. L’autre chose à ne pas perdre de vue est que tous les chefs de partis politiques pouvant rivaliser politiquement avec le pouvoir en place, en trouvant exil ont vu leur formations politiques respectives être étirées.

 

Janvier GBEDO (Stag)

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