Echauffourées du mercredi 1er mai à Cotonou : La soeur d’une victime témoigne

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Jeudi matin, une dame, vendeuse de nourriture à Cadjèhoun, a succombé à ses blessures au Cnhu de Cotonou. Sortie pour chercher sa fille et la ramener à la maison, elle a reçu une balle au dos. Conduite d’abord au centre de santé de Mènontin, elle a ensuite atterri au Cnhu où elle a succombé à ses blessures. Sa raconte les faits.

Lire le verbatim de sa déclaration aux médias

 

“Dans la nuit du mercredi, il sonnait 2h quand mon portable sonna. Le temps pour moi de décrocher que, l’intéressé avait déjà coupé. Je n’avais pas de crédit d’appel. J’ignorais aussi qui était-ce. Du coup, je n’ai pu bien dormir. Je m’interrogeais sur l’identité de la personne. A 5h du matin, j’ai dû aller m’en a procuré non loin de la maison. J’ai entrepris d’appeler mon frère pour savoir si l’appel était de lui. Il me faisait comprendre qu’il a essayé de me joindre mais que mon portable était éteint. Qu’il n’avait pas non plus de crédit et qu’il a dû prêter le portable d’un tiers. A l’entendre, c’était pour me faire savoir que, lors des manifestations d’humeur le mercredi, ma soeur a reçu une balle. Il me faisait comprendre qu’ils étaient au CNHU mais qu’incessamment, il prendrait le chemin de Porto-Novo pour acheter du sang. Je me suis donc portée sur les lieux. Arrivé là-bas, j’ai vu le jeune frère de ma soeur. Il m’a fait comprendre que si je n’ai pas été informée plus tôt, que c’est à cause de mon état de santé défaillant. J’ai voulu savoir davantage sur l’origine du drame. Il m’a lui aussi dit que ma soeur a reçu une balle. Ce qui m’a d’ailleurs surprise parce que de par sa nature, ma soeur n’aime pas ses genres de manifestations. Ses déplacements se limitaient entre le marché pour s’approvisionner afin de manger et  préparer les mets qu’elle vendait. En réalité, ma soeur est une vendeuse de nourritures de toutes sortes. Son lieu de vente est située non loin de l’école de Cadjèhoun là où notre feue mère aussi vendait.

Elle a de petits enfants. Le dernier doit avoir entre 8 et 9 mois. Je me suis par la suite rendue chez elle, dans notre maison familiale qui est dans la von avant l’église Bon Pasteur. L’aînée n’avait pu, ce jour, se rendre à l’école. Et c’est elle qui m’expliqua qu’en réalité, que c’est elle qui est allée, sur la demande de sa maman, évaluer l’ampleur de la situation. En effet, vu que les repas à vendre étaient déjà prêts, sa maman lui a demandé d’aller voir s’il y a possibilité de se rendre au lieu de vente. Et puisqu’elle tardait a revenir, la maman inquiète, s’est mise à sa recherche. Et c’est au retour, qu’elle a reçu la balle. Ma sœur n’était pas enceinte contrairement aux rumeurs. Elle a subi une césarienne pour son dernier geste et dans ce cas, elle ne pouvait plus nouer le pagne sur le ventre. En plus, elle avait de l’embonpoint. Elle n’était pas enceinte. Elle a un nourrisson de 9 mois qui tétait encore.

Après avoir reçu la balle, elle a été admise à l’hôpital de Menontin où elle a reçu les premiers soins. Selon les explications, elle a reçu la balle de dos, laquelle a réussi à toucher une partie de son coeur. A Menontin, ils ont essayé d’arrêter l’hémorragie. Elle a été par la suite transférée au CNHU. Moi, j’y étais aux environs de 6h 30 voire 7h. Mais, je n’ai pas pu voir ma soeur. J’étais donc allée voir ses enfants et peu de temps après, mon frère m’appella pour me demander de revenir. Il sonnait 11h. Arrivé là-bas, on m’annonce que ma soeur a rendu l’âme. J’étais perdue. Ma sœur est veuve. Elle a laissé 7 orphelins. Moi aussi je suis veuve depuis 7 ans et j’ai quatre enfants.

Après sa mort, toutes les tentatives pour rentrer en possession des dossiers ont échoué. Mon frère m’a, en effet, fait savoir que les médecins ont dit qu’elle n’a pas reçu de balle. Qu’elle a juste reçu un coup lors des échauffourées.  A Menontin, pourtant, ils lui ont fait des soins y afférents avec, à l’appui, des papiers. J’étais étonnée. Nous, sa famille, avions donc demandé qu’on lui fasse une radiographie.  Ils y ont opposé un refus laissant entendre que l’État s’est enquéri de l’affaire. Au moment où je vous parle, nous n’avons reçu aucun dossier, ni celui des soins qu’elle a reçus à Menontin, ni celui du CNHU. Aucune de nos demandes pour récupérer les dossiers n’a prospéré. Pire, on nous informe qu’un autre parent a pris en charge les dépenses. Jusqu’à présent, nous ne savons rien sur lui. On nous fait croire que c’est un parent et qu’il a pris les dossiers. C’est vrai, aux premières heures, nous n’étions pas avec notre soeur mais sa fille aînée était avec elle. Quelques instants après, notre frère les a rejoints. A la suite de leur demande, on a même payer deux poches de sang ce jour. Comment peut-on nous signifier maintenant qu’un autre parent est venu  et qu’il a pris les dossiers? Qui est ce parent ? C’est inacceptable. A force d’insister, ils ont fini par nous dire de ne plus nous en préoccuper et que cette histoire est de l’ordre de l’État. Certes, nous sommes sous la responsabilité de l’État. Mais, sommes-nous en vie jusqu’à présent, l’Etat sait-il qu’il y a des pauvres dans le pays? Dormons-nous à jeun, l’État, le sait-il? C’est à cause de toute cette misère que tout cela arrive”.

 

Transcription M.M

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