5ème Enquête démographique et de la santé (EDS V) : 42% des femmes ont subi des violences conjugales

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(Plus de la moitié des femmes en subissent dans l’Atacora et le Plateau)

La situation des femmes en union reste déplorable au Bénin en ce qui concerne les violences conjugales. Le tableau demeure sombre, selon les résultats définitifs de la cinquième enquête démographique et de santé (Eds V), réalisée par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers. De ladite enquête réalisée sur le terrain de novembre 2017 à février 2018, il ressort que 42% des femmes en union ou en rupture d’union ont subi des violences conjugales au Bénin…

Dans les ménages, plusieurs femmes béninoises subissent toujours des sévices de la part de leurs conjoints. Et malgré les campagnes de sensibilisation, des initiatives en faveur de l’épanouissement de la femme et surtout l’arsenal juridique renforcé, elles ne sont toujours pas à l’abri des violences conjugales. C’est ce qu’il convient de retenir des résultats définitifs du volet “violence domestique“ de la cinquième enquête démographique et de santé, réalisée sur un échantillon de 15 928 femmes de 15-49 ans dans tous les ménages sélectionnés et 7 595 hommes de 15-64 ans. «Dans l’ensemble, 42 % des femmes en union ou en rupture d’union ont subi des violences conjugales (émotionnelles, physiques ou sexuelles) de la part de leur mari/partenaire à n’importe quel moment et 32 % ont subi des violences conjugales au cours des 12 derniers mois. Plus de la moitié des femmes dans les départements de l’Atacora et du Plateau ont subi des violences conjugales à n’importe quel moment de la part de leur mari/partenaire actuel ou le plus récent », renseigne la présente enquête par sondage représentative. Soulignons que 37% des femmes ont subi des violences émotionnelles et 9%, des violences sexuelles. Quant aux violences physiques, 20% des femmes continuent d’en subir et 22% subissent des violences physiques et/ou sexuelles. « Une femme sur 10 a subi des violences sexuelles à un moment quelconque. Cinq pour cent des femmes ont subi des violences sexuelles au cours des 12 derniers mois. La violence sexuelle récente est la plus élevée dans le département du Plateau (9 %)», renseigne le rapport de synthèse de l’Eds V. Selon ladite enquête, plus d’un quart des femmes de 15-49 ans (27 %) ont déclaré avoir subi des violences physiques à un moment quelconque de leur vie depuis l’âge de 15 ans. “Douze pour cent des femmes ont subi des actes de violence physique au cours des 12 derniers mois. La proportion des femmes ayant subi des actes de violence physique au cours des 12 derniers mois est la plus élevée dans le département de l’Alibori (22 %)“, peut-on également lire dans le rapport de synthèse. « L’EDSB-V a demandé aux femmes et aux hommes de 15-49 ans s’ils pensaient qu’il était justifié qu’un homme batte sa femme/partenaire pour les raisons suivantes : si la femme brûle la nourriture, si elle argumente avec lui, si elle sort sans lui dire, si elle néglige les enfants ou si elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. Dans l’ensemble, 32 % des femmes et 16 % des hommes considèrent que, pour au moins une des cinq raisons citées, il est justifié qu’un homme batte sa femme/partenaire. Les raisons les plus fréquemment citées par les femmes et les hommes sont : si la femme néglige les enfants, si elle sort sans lui dire et si elle argumente avec son mari », lit-on également. L’enquête révèle aussi que parmi les femmes de 15-49 ans ayant subi des violences physiques ou sexuelles, 35 % ont recherché de l’aide et 11 % n’ont pas recherché de l’aide, mais elles en ont parlé à quelqu’un. Cependant, 54 % des femmes n’ont jamais recherché de l’aide ou n’en ont parlé à personne. Les femmes ont recherché le plus souvent de l’aide auprès de leur propre famille ou la famille du mari/partenaire. Notons, par ailleurs, que la présente enquête fournit des informations dans plusieurs domaines comme la fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité et la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, VIH/sida et des infections sexuellement transmissibles (IST) etc.

 

Aziz BADAROU

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