3ans de gestion du pouvoir par le régime Talon: Le secteur culturel toujours à l’agonie

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(Plusieurs raisons évoquées par les acteurs)
Le régime en place est installé il y 03 ans le 06 avril 2019. Le bilan à mi-parcours au niveau des acteurs, promoteurs et entrepreneurs culturels n’augure pas de résultats reluisants. Sinon, selon eux le secteur serait toujours orphelin et qui pour l’entretenir véritablement n’existe pas. Suivons-les.

Pascal Wannou (Ancien Directeur du Fitheb)

Le secteur culturel peine beaucoup à se relancer. Parce que nous à trois ans de l’installation du régime de la rupture et quand nous faisons le bilan aujourd’hui, nous nous rendons compte que nous avons perdu deux ans pour rien. Deux ans, je dirais de saccage du secteur. Deux ans de léthargie totale. Nous avons perdu du temps à ne rien faire. Nous avons gaspillé de l’énergie pendant deux ans. Deux ans dans la vie d’un artiste c’est beaucoup. Les artistes ont été forcés à la mendicité carrément. Puisque toutes les activités étaient suspendues. Le secteur ne vivait plus. Mais c’est seulement dans cette troisième année qu’on a senti souffler un vent d’optimisme. En ce sens que le Chef de l’Etat ayant entendu nos cris de cœur, a répondu favorablement dans une certaine mesure à certaines de nos doléances, d’abord en nous changeant de locataire de département de la culture, et en nous amenant un certain Oswald Homéky. Il faut avouer que celui-ci, à l’observer, n’est pas un inconnu du secteur. D’où le vent d’optimisme est arrivé. Mais un an après son installation il était question pour de faire un point en assemblée. Et nous nous sommes aperçu malheureusement que malgré les efforts qu’il a fournis, malgré sa détermination à changer les choses il y a encore beaucoup à faire. Le secteur a à peine bougé. C’est vrai qu’il a œuvré à la relance du secteur. C’est à son actif. Mais malheureusement c’était un élan de courte durée. Donc il faut que les autorités du secteur s’asseyent encore pour revoir la feuille de route »

Missihoun Fagbédji Marius alias ‘’Fadji’’ du groupe H2O

« Il faut reconnaitre que depuis le 06 avril 2016 jusqu’à nos jours, il y a eu beaucoup d’ambitions et d’idées. Mais ces ambitions et idées peinent à se mettre place. Vous savez, un homme politique a sa vision des choses. On ne peut pas interdire à quelqu’un d’avoir une vision pour quelque chose qui lui a été confié. Mais en tant que culturel et cultuel nous remarquons malheureusement que les autres secteurs prennent le pas sur la chose culturelle. Alors que sans la culture il n’y a pas de développement. Nous avons lu le programme qui est mis en place par le pouvoir. C’est un bon programme il faut le reconnaitre. Mais la méthode et la manière pour gérer posent problème. La synergie qu’il devrait avoir autour n’existe pas. Mais nous, nous ne prions pas pour qu’un pouvoir échoue. Bien au contraire, nous prions pour que les vrais canaux s’ouvrent et que les vrais boutons soient touchés afin que la culture décolle chez nous. Nous étions à une étape avant l’arrivée du pouvoir en place. Mais aujourd’hui on remarque la quasi-absence d’activités et d’engouement culturels. Sur les trois ans de gestion, pour l’instant, il n’y a rien à quantifier comme résultats. On est passé de plus de cent, à moins de dix voyages par an. On a vu les écureuils qui se sont qualifiés et on leur a donné près de cinq cent mille Euros comme bonus. Ce qui équivaut à ce qu’on affecte à toute une corporation en ce qui nous concerne. Et quand ils remporteront le trophée ? Ce qui ne s’est jamais produit dans l’histoire du foot chez nous au Bénin. Alors que quand les artistes sortent pour des compétitions, ils reviennent souvent avec les meilleures distinctions dédiées à la première place. Qu’est-ce qu’on leur fait ? C’est déplorable. »

Jean Pierre Hountin Kiki (Artiste chanteur traditionnel, ancien expert au Fonds d’aide à la culture)

« Vous savez c’est difficile d’apprécier quand on est en position d’observateur. Si on n’est pas un averti on risque de se tromper et de mal apprécier. Le gouvernement actuel est en train de faire un travail minutieux. Et en matière de réforme beaucoup de chose se passent. On ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on note beaucoup de grincements de dents. Le président ne veut plus que la gestion du patrimoine publique soit considérée comme la gestion de la chose privée. L’Etat s’efforce aujourd’hui à nous amener à un changement de comportement dans la gestion du patrimoine publique. Et c’est difficile. Parce que les mauvaises attitudes qui étaient ancrées en nous, on nous demande de nous en départir. Moi je fais l’effort de comprendre le chef de l’Etat et son équipe. Mais pour mes pairs c’est comme si je ne veux pas que les artistes vivent de leur art. Alors que ce n’est pas cela. Je suis aussi acteur et je veux bien qu’on nous donne des milliards mais que la gestion soit saine et orthodoxe c’est tout ce que je souhaite »

Réalisation Teddy GANDIGBE

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