Bilan à mi-parcours du championnat national de Ligue 1: L’arbitrage, les statistiques, l’affluence et la valse des entraîneurs

442

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Démarré samedi 27 octobre 2018 au stade municipal de Parakou entre les Buffles du Borgou et l’Aspac, l’Association sportive du port autonome de Cotonou (1-1), le premier championnat national de football de Ligue 1 sous l’ère Mathurin de Chacus, a connu son épilogue, dimanche 10 mars 2019, pour le compte de la phase Aller. A mi-parcours de ce championnat, votre Quotidien Matin Libre, dans un dossier spécial, est revenu sur l’arbitrage qui a été au cœur des polémiques tout au long de ce championnat. L’affluence dans les stades, la valse des entraîneurs ainsi que les statistiques de cette première phase sont les autres aspects évoqués dans ce dossier.

«Le football est l’opium du peuple». L’adage est bien connu. Il se confirme régulièrement avec l’affluence de spectateurs pour les grandes affiches dans les grandes compétitions. La qualité de jeu et la présence de stars ne font assurément pas tout. Et, quelques clubs en sont la preuve. La ferveur, la vraie, insufflée par des groupes de supporters bien structurés est un facteur indispensable dans le succès des différentes formations. Ce constat est désormais fait au niveau de la Ligue 1. Bien vrai qu’au démarrage, le championnat n’a pas connu trop d’engouement au niveau du public. Mais, au fil des journées, les férus, les supporters, les curieux et les fanatiques ont pris goût au bon déroulement des challenges. Conséquence, le public ne rate plus l’opportunité pour venir soutenir des équipes ou apprécier les différents acteurs. Dans ce chapitre, le derby septentrional du 9 février dernier, de la 15e journée du championnat ayant opposé les Buffles du Borgou aux Panthères de Djougou (1-0), reste inexorablement le match qui aura battu le record d’affluence lors de cette phase Aller de la Ligue 1 de football au Bénin.
Dans la foulée, d’autres groupes de supporters se sont créés, tels que ceux de la Jeunesse athlétique de Cotonou (Jac), de Soleil Fc, de l’Asvo, toujours habillés aux couleurs de leur équipe préférée. A ces groupes, il faut ajouter ceux des clubs de l’Union sportive de Sèmè Kraké (Ussk), les Dragons de l’Ouémé, les Buffles du Borgou, les Panthères de Djougou, Tonnerre de Bohicon, Dynamo d’Abomey, habitués aux stades et qui ont aussi saisi l’occasion pour s’illustrer de fort belle manière. Au moyen des tam-tams, des gongs et autres matériels, ils poussent leur équipe respective à la victoire. Conséquence, aucun match du championnat ne se déroule sans une animation de taille dans les tribunes. A ce beau décor, il faut ajouter les passionnés et les fans du sport-roi qui, individuellement, joue leur partition à l’image de l’infatigable Martin Falola, communément appelé Epassé, supporter des Requins.
Pour maintenir la tendance, le Conseil de gestion de la Ligue de football du Bénin (Lfb) et la Direction des différents clubs doivent continuer à travailler afin d’accroître la fréquentation des stades. Ceci passe donc d’abord par des stratégies de mobilisation, tout en sensibilisant et en formant les différents groupes de supporters sur le respect et l’esprit du fair-play. Plus de sécurité et plus de confort pourraient permettre de séduire un public plus large. Toutefois, le Conseil de gestion de la Lfb devra décourager tout acte de hooliganisme ou de mauvais comportements de la part des supporters indélicats. Le football reste et demeure un jeu et un spectacle.

 

La valse des entraîneurs au cours de la phase Aller…

«Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi, beaucoup d’ennuis te seront épargnés». Cette pensée signée du penseur Chinois Confucius, résonne d’un écho particulier au crépuscule d’une première partie de saison marquée par un record, celui du nombre d’entraîneurs remplacés avant l’échéance du championnat au Bénin. En effet, depuis le démarrage de la Ligue 1 de football, déjà cinq changements de chef d’orchestre ont été opérés. Qui, d’une procédure de licenciement, qui, d’une démission ou qui encore, d’un départ négocié. C’est le bilan que nous avons fait à la fin des matches Aller du championnat national de football de Ligue 1. Si on y ajoute la Ligue 2, le cru de cette saison atteint même un sommet avec 10 remplacements. Ce qui dénote que l’entraîneur de Ligue 1 est une espèce menacée cette saison.
Réputé pour son instabilité depuis quelques saisons, le club des Dragons de l’Ouémé n’a, cette fois, rien d’une exception qui confirme la règle. Le club le plus titré du Bénin (12 titres à son actif, Ndlr), actuellement dans la zone rouge (16e avec 21 points), a connu un départ d’entraîneur et une arrivée. René Mensha, déchargé par les responsables des Ouémènou pour cumul de résultats négatifs, était obligé de laisser sa place à son adjoint, Jean Louis Noumèhangnan qui a joué le rôle d’intérimaire jusqu’à l’arrivée du Togolais Ouadja Lantame qui a paraphé un contrat, le 23 février 2019. Le montant et la durée n’ont pas été révélés. Mais, avant cette instabilité sur le banc des Dragons, Shoualiou Coulibaly, de nationalité ivoirienne, désormais ex entraîneur de Dynamo d’Abomey, est le premier à subir cette sentence pour raison de mauvais résultats. Vient ensuite, Emile Enassouhan qui n’a pas résisté à ce vent dévastateur sur le banc de l’AS Police, auteur d’un parcours catastrophique et qui a fini par être retiré de la Ligue 1. Après la défaite de trop face à la Jeunesse sportive de Pobè (Jsp) lors de la 15e journée de Ligue 1 (3-0), Ibrahim Aboudou a aussi quitté le navire portuaire. Les résultats de l’Association sportive du port autonome de Cotonou (Aspac), n’ont pas convaincu les responsables dudit club. Désaccord à l’amiable, c’est l’expression qu’il convient d’utiliser pour qualifier la séparation intervenue entre le coach Roger Enama et la formation de UPI-Onm au lendemain de la défaite face aux Dragons (4-0). La Ligue 1 était à sa 15ème journée. Avec ces changements opérés, certains clubs ont bénéficié du fameux choc psychologique. D’autres, par contre, ont continué de sombrer, à l’instar de Dynamo d’Abomey, désormais relégable au terme des matches de la phase Aller (15e avec 2 points). Ce qui amène à poser la question de savoir, si la carrière d’entraîneur est-elle alors devenue encore plus instable qu’à l’accoutumée ? Au Bénin, dans un passé récent, la durée moyenne d’un entraîneur sur un banc est d’au moins six mois. Mais, force est de constater, dans le cas des cinq entraîneurs déjà limogés, que la durée s’est raccourcie, à l’exception de celle de Roger Enama. Toutefois, on remarquera que ni Soleil Fc, ni la Jac, candidats annoncés à la lutte pour le maintien dès le début de la saison, n’ont changé d’entraîneur malgré les difficultés. La valse des départs est d’abord nourrie par de “grosses” écuries du championnat (Aspac, Dragons…), certainement candidates au titre de champion et par ricochet, à la participation à une Coupe continentale. La seconde partie du championnat risque d’être encore plus animée sur les bancs de touche des clubs au regard de l’enjeu du championnat. En somme, le temps reste très orageux pour les entraîneurs de Ligue 1.

 

L’arbitrage au cœur des polémiques et des accusés…

Considéré comme le mal du football au Bénin, l’arbitrage a été une nouvelle fois, au cœur des débats tout au long de la première partie du championnat national de Ligue 1 de football. De la première à la 17e journée, l’arbitrage a été au banc des accusés et a défrayé négativement la chronique de la Ligue 1 de football au Bénin. L’illustration est apportée par la lourde et collective sanction infligée à 15 arbitres de district et internationaux. Une arbitre a été même purement et simplement écartée de la compétition pour insuffisance de résultat comme motif. Cette sanction appréciée par les uns et dépréciée par les autres. La cause de cette suspension collective, n’est en réalité que la résultante des différentes plaintes des acteurs. La plupart du temps, elles viennent des équipes perdantes, et parfois même, des équipes gagnantes. Pourtant, certains de ces arbitres ont passé de mauvais temps sur les stades au cours de cette phase Aller. Si, des arbitres ont été extirpés de la colère et de la furie de certains supporters, d’autres ont échappé de peu à la bastonnade. Leurs bourreaux ont noms, supporters zélés et indélicats, entraîneurs, joueurs, voire dirigeants de clubs. Dans cette pratique relevant d’une autre époque, certains clubs notamment l’As Tonnerre de Bohicon, à travers ses supporters, a été épinglé après les incidents du match face à Béké Fc (1-1) au stade Paulin Tomadaga, le 6 janvier 2019 lors de la 10ème journée du championnat. Une attitude qui a valu quatre matches de suspension à la formation de Bohicon, contrainte de disputer ses matches sur le terrain municipal de Lokossa. Idem pour l’équipe de Dynamo d’Abomey, lors de son opposition du 23 décembre 2018 face à Asos (0-1). La Ligue 1 était à sa 8ème journée. L’équipe d’Abomey a été aussi obligée de jouer le restant de ses matches de la phase Aller sur le terrain de Zakpota. Avrankou Omnisports (Ao) s’est aussi négativement illustrée dans cette pratique face à Aspac (0-0) à l’occasion de la 6ème journée, disputée le 08 décembre 2018.
L’autre actualité marquant l’arbitrage au cours de la phase Aller du championnat national de football de Ligue 1 au Bénin a été également la polémique suscitée autour du retard de payement des arbitres. Demander parfois à un arbitre d’effectuer un voyage sur de milliers de kilomètres par le système de préfinancement, est sans nul doute, une exposition à la corruption et une porte ouverte aux trucages des matches. Toutefois, malgré leurs moyens limités, et parfois très en retard par rapport à l’avancée des règles de jeu, les arbitres béninois s’emploient à rehausser leurs prestations et changer l’image à eux attribuée. Ainsi, face aux défis qui attendent la Lfb, il est primordial de prendre le taureau par les cornes lors de la phase retour au risque de faire échouer un travail de longue haleine. A cet effet, il devient une nécessité de faire d’une priorité, la formation des instructeurs, des inspecteurs et des arbitres. Comment comprendre que depuis l’entame de la Ligue 1, aucune formation ni recyclage n’ait été initié à l’intention des hommes en noir. Payer à temps et régulièrement les primes et avantages des arbitres, ne leur fera que du bien. Ces différentes propositions seraient gages d’un arbitrage où il y aura moins de remous, de polémiques et de tension.

 

Quand les statistiques frissonnent au terme de la phase Aller…

Neuf matches gagnés, six nuls et deux défaites avec 14 buts marqués et quatre encaissés. Tel a été le bilan qui a permis aux Buffles du Borgou d’être sacrés champions du Bénin à mi-parcours du championnat national de football de Ligue 1. Pour cette première partie du challenge, 153 matches ont été joués pour un total de 271 buts (dont 153 à domicile avec 71 victoires et 118 à l’extérieur avec 38 victoires). Soit une moyenne de 1,77 but marqué par match et 14,26 buts marqués par journée. On retiendra 736 biscottes dont 699 cartons jaunes et 37 cartons rouges (Upi Onm détient la palme d’or au niveau des cartons jaunes avec 48 reçus, alors que Dynamo d’Abomey et la Jac ont reçu plus de cartons rouge avec chacun quatre, Ndlr). La meilleure attaque porte la signature des Panthères du Djougou avec 20 buts marqués alors que la meilleure défense est détenue par les Buffles du Borgou avec seulement quatre buts encaissés dont deux lors des deux dernières journées face à la Jac (12e avec 22 points) et au Soleil Fc (18e avec 13 points -14). Cette équipe de Soleil détient d’ailleurs la mauvaise défense du championnat avec 30 buts encaissés en 17 rencontres. De son côté, Upi Onm est la mauvaise attaque de ce championnat avec seulement neuf buts marqués. C’est d’ailleurs ce chiffre neuf qui a permis au joueur des Dragons de l’Ouémé Allabani Balla d’être sacré meilleur buteur de Ligue 1 à mi-chemin du périple (six buts marqués à domicile et trois à l’extérieur, Ndlr). De plus, le plus large score de ce championnat a été enregistré par les Dragons de l’Ouémé en déplacement à Cotonou 2 face à Upi Onm (0-4) lors de la 15e journée alors que la rencontre qui a enregistré plus de buts est celle qui a vu la victoire de l’Aspac devant Soleil Fc (4-2) à l’occasion du 13e chapitre du championnat. Par ailleurs, si aucune équipe n’est restée invaincue au terme de cette phase Aller ni à l’extérieur, il faudra remarquer que les Panthères de Djougou, Béké Fc et la Jsp sont par contre invaincues devant leurs publics (à domicile). Il faut toutefois préciser que Béké Fc est la seule équipe n’ayant pas encaissé le moindre but à domicile. En somme, il y a eu au total, 13770 minutes de jeu, soit 229h30mn (une moyenne de 90,00 mn par match joué, selon la Lfb). Ainsi se résume le bilan à la moitié du chemin parcouru de la Ligue 1 béninoise. Que nous réserve la seconde moitié du championnat ? L’équipe des Buffles pourra-t-elle conserver son titre ? Quelles sont les équipes qui vont rejoindre l’As Police en Ligue 2 la saison prochaine ? Bien malin qui pourrait, à ces questions, répondre avec certitude…!

Dossier spécial réalisé par : Abdul Fataï SANNI, Damien TOLOMISSI, Issa HAMADOU (Coll)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite