Soglo déçu de la gestion de la crise préélectorale : « Talon se trompe de pays et d’époque »

1 070

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Son mutisme après sa dernière rencontre avec Patrice Talon commençait par nourrir la polémique. On se demandait si l’ancien chef de l’Etat a fini par renoncer à la lutte pour la sauvegarde des acquis démocratiques au profit d’intérêt personnels. Mais il n’en est rien. Nicéphore Soglo est plutôt déçu de la décision de poursuite du processus électoral, contrairement aux engagements pris par le chef de l’Etat et rapportés par lui après sa première rencontre. « Après des échanges de quelques heures, je suis ressorti avec un sentiment de malaise », a déclaré l’ancien chef d’Etat faisant le point de sa dernière entrevue avec Patrice Talon. Contrairement aux assurances de la première rencontre, Nicéphore Soglo, après sa deuxième visite, s’est rendu à l’évidence qu’il ne fallait pas rêver, car ce fut un dialogue de sourds avec des développements constitutionnels assez insipides. Pour lui, il n’y a plus aucun doute que la tâche, manifestement, est au-dessus des forces de Patrice Talon, si tel était au départ son objectif. Pour s’en convaincre, l’ancien maire de Cotonou n’en veut pour preuve que la non consultation de Boni Yayi, des anciens présidents de la Cour constitutionnelle tels que Maurice Ahanhanzo-Glèlè, Théodore Holo et Robert Dossou. Pour Nicéphore Soglo, Patrice Talon est toujours dans la même logique que la profession de foi faite sur les antennes de la télévision nationale lors du débat entre les deux tours de la présidentielle : « Ce qui permet à un président en exercice d’être réélu, c’est sa capacité à soumettre, à avoir à sa solde tout le monde : députés, maires, élus locaux, commerçants, partis politiques. C’est la manière dont personne n’est capable de lui tenir tête, d’être compétiteur contre lui. Si vous n’avez pas de compétiteur, vous avez beau être mauvais vous serez réélu » fin de citation. Selon l’ancien chef d’Etat, cela ne fait l’ombre d’aucun doute que l’actuel président de la République s’est trompé de pays et d’époque. « …je répète encore une fois ici qu’il n’y aura pas d’élections crédibles et pacifiques au Bénin que si tous les citoyens riches ou pauvres y participent librement. Toute autre option serait la négation pure et simple de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen : Liberté, Egalité, Fraternité », a-t-il dit avant d’inviter la nation à se mettre debout.

 

M.M

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite