Comité de soutien aux détenus et exilés politiques du Bénin: Rapport procès Aïmasse du 1er avril 2019

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TALON fait de nouveaux détenus politiques. Le camarade Aïmasse Joseph arrêté le jeudi 28 mars 2019 par la police républicaine, présenté au procureur le vendredi 29 mars 2019 est déposé à la prison civile de Porto-Novo pour comparaître le lundi 1er avril 2019 à 08 heures.

Ce lundi donc, le camarade Aïmasse est envoyé au tribunal de 1ère instance de Porto-Novo pour être jugé.
Au démarrage de l’audience, rien ne présageait du jugement du camarade ce jour, car n’étant pas annoncé et n’étant pas dans la salle avec les autres prisonniers. Contre toute attente à 10h 20mn, le camarade fait son entrée menotté et accompagné des policiers. Il est confondu aux détenus de droit commun.
L’audience est présidée par le juge Ibrahim Isdine ; le deuxième substitut du procureur de la République, Monsieur GODEMIN Codjo Romain a joué le rôle du représentant du ministère public.
L’audition du camarade a démarré à 10h 40m.
Avant tout propos, le camarade a dénoncé le traitement qui lui a été fait en prison, et les menottes dans lesquelles on l’a enserré pendant 65 m, avant de le conduire dans la salle d’audience.
A la question du président de reconnaître que les actes posés constituent des troubles à l’ordre public, une violation de la loi et donc passible de sanctions, le camarade, grand pédagogue, démontre sans ambage qu’il n’a joué que son rôle de patriote en invitant la population à aller manifester à l’Assemblée, pour empêcher les députés qui ne méritent plus la confiance du peuple à continuer de voter des lois liberticides qui plongent le pays dans l’impasse.
Poursuivant la réponse aux questions, il dit qu’il ne saurait parler de violation de loi car il a agi en conformité avec les prescriptions de la loi fondamentale de la République en ses articles 19, 23 et 25. Au passage, il rappelle que la loi fondamentale est constamment violée par le gouvernement de Talon, ses députés et la Cour Constitutionnelle. Il ajoute que toutes les Institutions de la République sont en crise et son souhait est que le pouvoir judiciaire se démarque d’elles. Il a martelé que les lois qui ne prennent pas en compte les aspirations du peuple sont déchirées par le peuple. C’est la leçon fondamentale qu’il donne à son peuple et évoque les luttes en cours en Algérie, la suppression de la taxe civique au Bénin, l’apartheid en Afrique du Sud, etc. En évoquant les limites et les insuffisances des lois liberticides, le camarade réagit et demande que le géniteur de telles lois en soit recherchés et trainés devant la justice.
Il finit son propos en demandant à la cour d’être fière de rendre la justice au nom du peuple et non le contraire.
L’avocat de la défense, Maître Pognon YAYA exprime sa colère compte tenu des traitements dégradants infligés aux citoyens à cause de leurs opinions.
Il s’exclame en disant que la loi en vigueur contient une forme d’injustice. La loi est fonction de l’humeur de celui qui la prend aujourd’hui et c’est écœurant.
Malgré toutes les démonstrations de l’inculpé pour montrer qu’il n’a pas enfreint la foi et le plaidoyer de l’avocat, le camarade est condamné à deux (02) mois d’emprisonnement ferme et à 200.000 F d’amende. Un procès inique.
Le CSDEP dénonce avec vigueur la violation des droits de l’homme en permanence dans notre pays et la maltraitance infligée au camarade AÏMASSE. Il ne mérite pas cette humiliation en tant qu’enseignant, directeur d’école et qui plus, est responsable syndicale patriote, défenseur des droits des travailleurs et des autres couches sociale. L’être humain est sacré et mérite respect. Le CSDS exige la libération immédiate et sans conditions du camarade AÏMASSE, sa condamnation étant arbitraire.

Fait à Cotonou, le 02 avril 2019

Pour le Comité
La Présidente
Mme Françoise SOSSOU HOLONOU

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