Respect ou non de l’arrêt de la Cadhp : Talon face à la réalité du pouvoir

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Pendant que l’éventualité d’une loi d’amnistie à l’endroit des exilés politiques au régime de Patrice Talon se susurre, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp), redonne espoir à Sébastien Ajavon, un des exilés et opposant au pouvoir actuel. Cette juridiction internationale à laquelle le Bénin a librement souscrit a en effet rendu vendredi dernier à Arusha, une décision qui blâme définitivement l’Etat béninois, dans l’affaire dite « 18 kg de cocaïne pure », dans laquelle Sébastien Ajavon a été condamné à 20 ans de prison, par la justice béninoise. Ce verdict de la Cadhp  vient à nouveau mettre à l’épreuve, la sincérité et la parole donnée de Patrice Talon.

Au Bénin, pendant que le doute plane sérieusement sur la tenue ou pas des élections législatives inclusives, l’homme d’affaires et opposant Sébastien Ajavon, peut quant à lui se frotter les mains.  Forcé à l’exil en France et sous le coup d’un mandat d’arrêt international,  l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 a pris un dessus considérable sur l’Etat béninois. Ceci, dans l’affaire de trafic international de drogue,  dans laquelle il a été accusé. Acquitté  en première instance au bénéfice du doute et curieusement condamné après, à 20 ans de prison ferme par les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), une nouvelle juridiction créée, Sébastien Ajavon s’était remis à la Cadhp. Ce faisant, pour que son honneur soit lavé et que son image soit rétablie. C’est d’ailleurs ce que vient de faire cette juridiction africaine qui a en autres, annulé tout simplement la  condamnation de la Criet. Autrement dit, si tout devrait se dérouler comme dans un État de droit, le roi de la volaille peut désormais fouler le sol béninois sans être craintif puisque d’après l’arrêt de la Cour, la décision est définitive et s’impose donc à l’Etat béninois. Mais quand on se remémore quelques actes posés par le régime de Patrice Talon à l’endroit de cette  juridiction dans le même dossier, des doutes en ce qui concerne le respect de cet arrêt définitif, peuvent subsister. Alors que l’Etat béninois a présenté des pièces, a défendu le dossier et a même plaidé devant les juges de Cour, son refus d’exécution d’une première décision de l’instance a, en son temps, laissé pantois, plus d’uns. S’exécutera-t-il cette fois-ci ? Toujours est-il que ce nouveau verdict de la Cadhp tombe à un moment où Patrice Talon serait d’après Nicéphore Dieudonné Soglo, disposé à étudier favorablement une loi d’amnistie, à l’endroit des exilés politiques qui sont pour la plupart des opposants à sa gouvernance, dont Sébastien Ajavon. Des propos jamais démentis officiellement par la présidence qui a accueilli à nouveau l’ancien Président de la république Nicéphore Dieudonné Soglo. Avec la succession de ces faits, il est à croire que le Chef de l’Etat se retrouve désormais dans un dilemme ardu. Soit il respecte la décision de la Cour et décide de rentrer dans l’histoire ou encore il choisit de ne pas la respecter et l’histoire continuera de retenir  que sous son règne, le Bénin comme il aimait le dire, est un État  voyou car, incapable de respecter des décisions de justice.

Janvier GBEDO (Stag)

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