Affaire Cnss-Bibe: L’Odhp fait le point et dénonce une torture morale

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(Laurent Mètongnon et ses co-accusés à la barre le 4 avril)

L’affaire de placement “à risque“ des fonds de la Cnss à la Bibe est désormais devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Faisant le point du procès du jeudi, 21 mars dernier, l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (Odhp) pense que les accusés devraient être purement et simplement relâchés.

«A la reprise de l’audience le 21 Mars 2019 à 09h, ont été entendus, Ahonon Célestin, Youssao Saliou et Mora Jérémie. Ahonon dit connaître Boko Romain depuis longtemps pour avoir aussi travaillé dans certaines banques de la place. Après avoir démontré que la BIBE n’était nullement en faillite au moment du placement des DAT, il affirme, pour avoir été DAF (Directeur des Affaires Financières) dans plusieurs banques, qu’aucun texte n’autorise les DG de banque à donner de l’argent à quelqu’un après placement de DAT. Mieux, l’article 6 de la Convention Collective des banques sous le couvert duquel se met Boko Romain est mal interprété, dit-il, ayant été lui-même signataire de ladite convention. Du reste, les dons et libéralités existent dans les banques sous forme d’étrennes (il dispose des factures d’entreprises ayant produit des étrennes en vue de justifier les dépenses) ; ce qui n’est pas le cas dans le cas d’espèces. Il continue en disant que Boko Romain le connait bien, connait sa rigueur et sait qu’il ne lui a jamais remis de l’argent en tant que DG/CNSS. Boko seul pourra dire ce qu’il a fait des fonds décaissés au nom de la CNSS. Il pourra peut-être le dire en aparté à la Cour, conclura-t-il. Le Directeur Financier de la CNSS, Mora Jérémie déclare à la barre que dans ses attributions, il lui revient de déclencher la procédure conduisant aux DAT lorsque le niveau des recettes le permette. Les recommandations de l’IGE (Inspection Générale de l’Etat) exigent que la CNSS ne doit pas laisser séjourner les fonds dans des comptes courants faiblement ou pas du tout rémunérés. Il dit connaître Gnanguènon, le Chef d’agence de la BIBE/Jéricho, gestionnaire du compte de la CNSS à la BIBE, mais que ce dernier ne lui a jamais parlé de rétro-commissions octroyées aux dirigeants de la CNSS ou aux membres du Conseil d’Administration avant ou après le placement des DAT. Saliou Youssao, à la barre, déclare avoir vu Boko Romain pour la première fois le 23 Novembre 2017 dans le bureau du Procureur de la République. Il dit m’avoir envoyé des rétro-commissions par le biais de Edouard Adégoké, fonds que je n’ai jamais reçus. A la question de savoir combien il m’aurait envoyé, il regarde en haut et en bas et déclare 2.500.000F, montant qui aura évolué entre temps pour s’élever à 4.000.000F CFA dans la décision de condamnation. A la question du ministère public de savoir l’intérêt que Boko a à mentir sur son compte, Youssao répond que Boko peut ne pas avoir un intérêt personnel à mentir sur don compte ; mais qu’une tierce personne peut avoir intérêt à ce qu’il mente ; il préfère ne pas aller dans ce domaine et s’en tient au fait. Se basant sur les rapports de la Commission bancaire de l’UEMOA et de l’IGF, il relève les raisons qui peuvent amener le DG Boko Romain à mentir. Ces raisons sont regroupées en 12 points, les unes beaucoup plus techniques que les autres…En somme, Youssao a essayé de démontrer à la Cour que Boko mentait depuis le début de cette histoire pour tenter de couvrir le gap observé dans sa gestion. Il a même rappelé à la Cour que Boko Romain, en 1ère instance, avait dit que c’est à la BEF qu’on lui aurait remis la liste des noms de tous les accusés ici présents. Boko Romain est alors rappelé à la barre. Il confirme qu’il n’avait jamais vu Youssao avant l’éclatement de cette affaire CNSS/BIBE. Il déclare avoir entendu parler de cette affaire pour la 1ère fois en écoutant Mètongnon faire une déclaration à la radio. Il dit être à Covè dans son village natal quand il a été convoqué à la BEF le 16 Novembre 2017. Il confirme avoir été écouté les 16 et 17 Novembre 2017 et qu’il n’a jamais cité les noms de ceux qui sont ici présents. Il dit n’avoir cité le nom de personne, ni à la BEF, ni devant la Commission bancaire de l’UEMOA à Abidjan. A la question du président de la Cour de savoir comment alors on a ces noms aujourd’hui, Boko Romain restera bouche bée. Néanmoins, il poursuivra en disant que Mètongnon était déjà accusé de corruption alors qu’il n’a pas cité son nom et bien avant même qu’il soit convoqué à la BEF. Cette version de Boko Romain est contraire à toutes ses déclarations depuis le début de ce procès » lit-on dans la déclaration de l’Odhp. Quant à la déposition de Laurent Mètongnon, l’Organisation rapporte que l’accusé est revenu sur la genèse de l’affaire pour plaider non coupable avant de déclarer que son compte bancaire sur lequel est viré sa pension de retraite est bloqué depuis le 23 Novembre 2017. Le procès est renvoyé au 4 avril prochain.

A.B

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