Regard de Léa Octavia Guillaume sur le sport béninois : «En Afrique de l’Ouest, nous ne sommes pas des moindres»

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Brave femme et sportive dans les années 80, Léa Octavia Guillaume, vice-présidente de la Cnos-Ben, est récemment nommée Directrice des compétitions à la Fédération béninoise de tennis de table (Fbtt). Dans une interview qu’elle nous a accordée, elle dévoile sa passion pour le sport. Elle n’a pas manqué d’apprécier le niveau du sport béninois. C’est à travers une comparaison entre le sport béninois d’alors et celui d’aujourd’hui. Lisez-plutôt !!!

 

Qui se cache dernière Léa Guillaume et pourquoi cet amour pour le sport ?

Oh ! C’est juste une simple dame, de petite taille d’ailleurs. Vous avez vous même constaté que je ne suis pas la terreur dont on parle souvent. Je fais tout ce que la passion du sport me permet de faire.  J’ai la chance d’avoir une santé assez robuste qui me permet de m’épanouir dans le sport. Je ne suis pas venue au hasard au sport. Je viens d’une famille sportive et je le pratiquais avec mes grands-parents. J’ai aimé le sport en les voyant le pratiquer. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. J’ai eu des modèles devant moi. J’ai voulu les imiter. J’avais des grandes sœurs qui me soutenaient. C’était une ambiance formidable. A notre époque, on n’avait pas d’ordinateur. Jouer ou aller au sport nous intéressait  et ça nous faisait plaisir.

La pratique du sport d’hier à aujourd’hui, quelle comparaison en faites-vous ?

 

Le sport d’aujourd’hui est devenu plus mercantile. Ce qui ne se passait pas avant. A notre époque, on ne connaissait pas les gros sous. C’était la passion. On aimait ce qu’on faisait. On voulait beaucoup plus transcender. On peut dire que nous sommes des révolutionnaires. A cette époque, on avait une soirée à l’école qui était consacrée aux activités culturelles. D’où, vous allez voir la génération des Angélique Kidjo, Stan Tohon, et pas mal de sportifs aussi. Ça nous permettait non seulement de nous entraîner mais aussi de pouvoir mieux nous exprimer.

Quel regard portez-vous sur le niveau du sport béninois ?

 

En Afrique de l’Ouest, nous ne sommes pas des moindres. Nous avons eu à prouver que nous avons des cartes de visite. D’ailleurs, quand nos adversaires nous voient, ils nous craignent. La seule chose, c’est que mon pays ne suit pas. C’est tout.

Vous êtes désormais la Directrice des compétitions à la Fbtt…Impressions…

 

J’ai été un peu surprise de cette nomination. Parce que j’avais quitté le milieu, ça fait déjà un bout de temps. C’est vrai que je venais de temps en temps transpirer. Nous sommes pratiquement de la même génération avec le président et pas mal d’autres anciens. Ce n’est pas une tâche que je vois facile. Mais c’est à l’œuvre qu’on connaît l’artisan. On va s’y mettre. Puisque je ne serai pas seule. Je serai assistée de tout un groupe.

Que dire pour clore cet entretien…

 

A notre époque, il y avait des repères. On aimait et on voulait se comparer à nos grands, les imiter, faire un peu comme eux. Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus ce repère. C’est l’argent ou rien. C’est vraiment dommage. Je ne dis pas qu’il faut faire du sport sans l’argent. C’est le nerf de la guerre. Mais il ne faut pas le mettre tout le temps en avant. Jouer, c’est un plaisir, une passion. C’est en cela j’exhorte beaucoup nos jeunes. Quand j’ai l’occasion de voir quelques-uns, je leur dit qu’on ne joue pas pour quelqu’un d’autre mais on joue pour soi-même d’abord. Après, on joue pour son pays. L’athlète, c’est un ambassadeur. Il n’y a pas plus grand plaisir pour un athlète de monter sur un podium et de voir qu’on chante son l’hymne national. Ce qui fait lever tout le monde dans les tribunes. C’est émotionnel. Et c’est ça la passion du sport.

Propos recueillis par Abdul Fataï SANNI

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