Les forces de l’opposition au sujet de la crise politique au Bénin : Des artifices de Talon pour empêcher la tenue des élections

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Les derniers développements de l’actualité politique préélectorale ont une fois encore suscité la sortie médiatique des forces de l’opposition béninoise. Hier mercredi 14 mars 2019, ils ont dénoncé les manipulations orchestrées à devers niveaux pour empêcher le bon déroulement du processus électoral. C’était au siège du parti Restaurer l’espoir (Re). 

 

Face la crise politique qui secoue le Bénin, les forces de l’opposition par la voix de leur porte-parole Guy Mitokpè dénoncent les tentatives de remise en cause de la démocratie au Bénin, manifestée par la volonté du chef de l’État et du groupe de députés à sa solde et révélée en avril 2017, par  le député Dakpè Sossou, de mettre en place un  plan secret qui devrait conduire à la révision de la constitution, afin que Patrice Talon s’octroie après les 5 ans, un septennat pour son règne. C’est ainsi qu’après le rejet de la révision de la constitution par les députés de la minorité renvoyant la question à l’avis de peuple, le Chef de l’Etat  serait revenu à la charge en usant d’artifices pour empêcher l’organisation des élections à bonne date, excluant les partis de l’opposition de la compétition électorale.

 

Et pour cause

 

Selon les conférenciers, pendant que le processus électoral est lancé le 1er février 2019, la cour constitutionnelle, prend la décision, de rajout d’une pièce supplémentaire obligatoire, constitutive du dépôt des dossiers de candidature, le certificat de conformité. Le 14 février, le ministre de l’intérieur annonce qu’aucun parti politique ne peut justifier d’une existence légale et que les formalités de constitution de parti politique ne pourront s’achever avant deux mois, d’où l’impasse. Et pour trouver une issue à la crise, le Chef de l’Etat, après une série de rencontres avec les différentes forces politiques du pays, investit le président de l’assemblée nationale, président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Adrien Houngbédji, de conduire les discussions avec la classe politique, afin de trouver une solution consensuelle. Cependant au même moment, on assiste à une bataille rangée entre Adrien Houngbédji, la Céna et la cour constitutionnelle, à travers des dénonciations troublantes. C’est dans ce contexte, que le ministre de la  justice, avocat personnel du chef de l’Etat, déclare le 13 mars 2019 sur Rfi :  « Est-ce qu’il faut absolument que les partis présidés par ces personnalités aillent nécessairement à l’élection, pour que notre élection soit crédible ? », et d’ ajouter que : « Retourner à l’ancien code électorale de 2013 serait une pure incongruité ». Ce même jour, 13 mars 2019, la cour constitutionnelle rend une décision, qui ne reconnait que les listes Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Bp), dans la course pour les élections législatives. Dans la même journée du 13 mars 2019, la Commission électorale nationale autonome (Céna) donne de la voie après les multiples dénonciations et déclare que les listes Up et Br ne comportaient que des fautes mineures, confirmant qu’il existe bien des irrégularités sur les listes des partis du Chef de l’Etat, mais qu’il juge mineures, alors que pour défaut de signature, le ministre de l’intérieur refuse de délivrer un certificat de conformité aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Autant  de faits qui confirment à suffisance, selon leurs propos, que le régime de la rupture distrait le peuple dans un jeu de dupe orchestré avec la complicité du président de l’Assemblée nationale. Ainsi, tout en déniant à Adrien Houngbédji le  rôle de médiateur dans la crise, les forces de l’opposition exigent la démission et l’arrestation des membres de la Céna, pour avoir trahi leur serment. Elles exigent par ailleurs, la démission du ministre de la justice, dont les déclarations sont en contradiction avec celles du chef de l’Etat, la libération des quitus fiscaux et la désignation d’un médiateur de la Cedeao. Elles saluent pour finir la  mobilisation du peuple béninois pour le succès de la marche du 11 mars 2019 et le professionnalisme des forces de l’ordre.

 

Thomas AZANMASSO

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