Indigné contre l’exclusion de l’opposition aux législatives de 2019 : Le peuple béninois s’est exprimé dans les rues hier !

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(Le Parti Dud de Valentin Houdé : entre inconstance et conviction)

Jeunes, femmes, hommes, ils étaient dizaines de milliers de citoyens béninois à descendre dans les rues ce lundi, 11 mars 2019 pour exprimer d’une part leur indignation face à des machinations visant à exclure les partis de l’Opposition des élections législatives du 28 avril 2019 et d’autre part, s’insurger contre la mauvaise gouvernance des affaires publiques, la destruction des emplois, etc. Du Stade de l’amitié, c’est une foule impressionnante qui s’est ébranlée vers l’Etoile rouge. Etaient présents, plusieurs leaders de l’opposition politique et la grande surprise reste la participation du parti Dud de Valentin Aditi Houdé…

C’est désormais clair, le peuple a lancé un message fort à l’Exécutif à travers une gigantesque mobilisation à Cotonou ce lundi. «Non à l’exclusion», «Pas d’élection sans l’opposition», «Libérer la justice», «Talon ! Des milliers d’emplois perdus», «Non à la vassalisation des institutions», «la démocratie en péril», «Le pays va mal», «Nous avons faim», «Non aux lois d’exclusion». Ce sont des messages qu’on pouvait lire sur des pancartes brandies par les manifestants qui durant le trajet Stade de l’amitié-Etoile Rouge, ont scandé des slogans hostiles au régime de la Rupture. Jeunes, étudiants, femmes, syndicalistes et acteurs politiques, ils ont battu le macadam pour se faire entendre. Cette marche pacifique initiée par les partis politiques de l’opposition a pour finalité d’exposer à la face du monde, la menace qui plane sur les acquis démocratiques et les libertés fondamentales au Bénin. Exclus de la course aux législatives du 28 avril 2019 à travers l’institution par la Cour constitutionnelle, d’une pièce jugée illégale qu’est le certificat de conformité et la non délivrance des quitus fiscaux, les partis de l’opposition n’entendent pas se muer dans un silence alors qu’on s’achemine vers la “décapitation“ de la démocratie béninoise, citée comme une référence dans le monde particulièrement en Afrique. Les populations ont donc répondu massivement à l’appel de l’opposition pour sauver la démocratie. Déjà, très tôt ce lundi, elles avaient fait le déplacement du stade de l’amitié, abandonnant leurs occupations quotidiennes. Venues de plusieurs localités du pays, elles ont répondu présentes. Et ce, malgré, une campagne de démobilisation mise en branle sur les réseaux sociaux depuis quelques jours par certaines personnes, soutenant les actions du gouvernement. La marée humaine observée dans les rues de Cotonou laisse transparaître simplement que le cercle des frustrés n’a cessé de grandir. Et pour plusieurs observateurs, la présence d’un nombre important de jeunes témoigne du niveau inquiétant du taux de chômage au Bénin avec la suppression des milliers d’emplois par le régime actuel. Les étudiants, mécontents des réformes non inclusives dans les universités, ont tenu également à se fondre dans la foule pour exprimer leur colère. Les femmes, victimes des déguerpissements “sauvages“ et de la destruction de leur petit commerce, étaient également au rendez-vous. Des syndicalistes, mécontents de la situation des travailleurs et de la précarité de l’emploi (loi sur l’embauche), sont également descendus dans les rues. Les acteurs politiques de l’opposition devraient se faire entendre. La situation est alors plus que jamais tendue tant l’opposition n’entend point concevoir qu’il y ait des élections sans elle. Les leaders des partis de l’opposition étaient alors également de la partie. Il s’agit entre autres de Joël Ajavon, Donclam Aballo de l’Union social libéral, Nouréini Atchadé, Grégoire Akoffodji, Théophile Yarou des Forces cauris pour un Bénin émergent, Eric Houndété, Alexandre Hountondji, Saka Fikara, Iréné Agossa, Guy Mitokpe du parti Restaurer l’Espoir sans oublier ceux du Parti communiste du Bénin, du Parti pour la libération du peuple. Avec des pancartes, des branchages, des instruments de sonorisation, les manifestants se sont exprimés dans les rues de Cotonou.

L’opposition réclame des élections inclusives…

A l’arrivée, les leaders de l’opposition ont tous dénoncé et déploré des pratiques visant à exclure les partis de l’opposition des élections législatives. Pour le secrétaire exécutif national adjoint du parti Fcbe, Théophile Yarou, les populations ont marché contre un régime, contre un système d’oppression, d’exclusion. Selon ses dires, l’opposition réclame la délivrance sans délai des récépissés aux partis. «Nous avons marché pour donner un avertissement au gouvernement et au Chef de l’Etat ; pour dire notre désapprobation de cette volonté d’exclure l’opposition ; pour leur dire notre attachement aux élections crédibles, transparentes et inclusives », dira le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété. A travers la présente marche, c’est un message qui est lancé à la classe politique notamment ceux soutenant les actions du Chef de l’Etat. Le peuple béninois est épris de paix, selon le député. « Nous sommes venus leur dire de délivrer immédiatement les quitus à tous ceux qui en ont droit, de délivrer immédiatement les documents qu’il faut pour que l’opposition participe aux élections », lance-t-il. Notons que la marche a été bien encadrée par les éléments de la police républicaine. Quant à Lucien Medjico et ses militants, ils ont juste transformé la marche en chemin de croix. L’ancien fou du roi sous le régime du président Thomas Boni Yayi transportait une lourde croix à l’image de celle utilisée les « vendredis saint » comme si on était à une procession de l’Eglise catholique. Mais un invité surprise s’était joint également à la foule…

Le Dud de Valentin Aditi Houdé aux côtés des opposants : entre inconstance et conviction…

Annoncé depuis peu dans l’opposition, le parti Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) du député Valentin Aditi Houdé a finalement jeté le masque. « Houdé et la Dud se rangent derrière l’opposition pour la démocratie en danger », lit-on sur la banderole des militants de ce parti appartenant, jusqu’à il y a quelques jours seulement, à la mouvance. C’est donc la rupture entre Valentin Aditi Houdé et le chantre de la Rupture. Un divorce qui ne passe pourtant pas dans l’opposition. Pour certains jeunes de l’opposition, l’homme n’est pas la bienvenue et surtout pas à un moment où la bataille électorale est imminente. Ancien homme fort de Sébastien Ajavon, Valentin Aditi Houdé s’est, au lendemain des élections présidentielles, rangé du côté du Président Patrice Talon. Le député qui a manifesté son soutien au Programme d’actions du gouvernement a donné également son quitus aux différentes lois “controversées“ et dénoncées aujourd’hui par l’opposition. A travers plusieurs publications et post sur les réseaux sociaux, des jeunes de l’opposition dénoncent une inconstance politique et un manque de conviction de leur aîné en politique. « Nous voulons une opposition exemplaire », laissera entendre un jeune opposant. La seule évidence est que le parti Dud a pris part à la marche de l’opposition ce lundi. Reste à savoir si les portes de l’opposition lui seront vraiment ouvertes. Les jours à venir nous édifieront.

La diaspora béninoise manifeste à Paris vendredi prochain…

De sources bien introduites et selon l’information relayée par plusieurs médias locaux, les Béninois de la diaspora organisent ce vendredi, 15 mars 2019, un sit-in à l’Ambassade du Bénin près la France. L’objectif de ce mouvement d’humeur est de réclamer non seulement les élections  inclusives et transparentes mais aussi le retour au bercail des exilés politiques. Après Cotonou, Paris sera donc pris d’assaut par des Béninois pour exprimer leur indignation quant aux machinations visant à exclure les partis politiques de l’opposition des élections législatives prévues pour le 28 avril 2019. Il sera question pour ces Béninois de la diaspora de revendiquer des élections libres, transparentes et inclusives. Les organisateurs du sit-in expriment aussi leur mécontentement face à ce qu’ils appellent la  «chasse aux opposant». Le gouvernement de la Rupture devra donc se plier face à la volonté du peuple pour préserver les acquis démocratiques.

 

Aziz BADAROU

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