Princesse voix d’or à propos de sa musique : «On ne peut résister à l’appel du talent»

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Victorine Agboca à l’état civil, “Princesse voix d’or” est originaire du plateau d’Abomey. Passionnément amoureuse de la musique, elle s’y consacre non pas sans peines. La chanteuse, depuis son entrée dans l’arène musicale, fait montre d’un talent atypique. Mariée, mère d’enfants, elle dispose de deux albums audio à son palmarès. L’artiste envisage la réalisation de clips mais ses moyens modestes ne lui ont pas encore donné l’opportunité. Plus connue dans la région septentrionale, ses berceuses sont notamment distillées en langue fon. Quoi de plus normal! Nous parlons d’une amazone…Ensemble, sur les traces d’une admiratrice de maman Vivi l’Internationale…

 

Matin Libre : Princesse voix d’or et sa rencontre d’avec la musique; quelle est l’histoire?

‘’Princesse voix d’or’’ : D’entrée, je suis commerçante de fruits. J’en achète au Sud-Bénin et je les revends en gros tout comme en détails dans la partie Septentrionale où je suis basée. Ma passion pour la musique remonte à l’âge de 14 ans. Mais, il faut dire que j’aimais déjà chanter à la maison. A 14ans, j’ai connu le Seigneur. Devenue fidèle d’une église évangélique, j’ai intégré presque tous les groupes de chorale. Au fil du temps, j’avais des inspirations. Je composais des chansons qu’ensemble, on exécutait. Elles étaient appréciées de tous. Un beau jour, je me suis retrouvée au studio.

 

Votre parcours

Aujourd’hui, j’ai deux albums audio à mon actif. Le premier de huit titres, est intitulé “Wassin Jésus”, un appel à la repentance. Fait de huit titres également, le deuxième est baptisé, “Aklunon Gigonon cé” qui veut dire mon Dieu de gloire. Les deux albums ont été respectivement lancés en décembre 2011 et 2018. Dans mes chansons, j’aborde plusieurs thématiques. Je ne fais pas que du gospel. Je chante la paix, le salut, l’amour comme Dieu le recommande. Genre, pour dire que Dieu est amour, qu’il faut qu’on s’aime. Je chante presque tout. Je m’inspire aussi de mon vécu, des expériences qui m’ont marquée. Par exemple, le titre éponyme du deuxième album, je l’ai composé alors que je vivais une situation douloureuse. L’artiste compose des chansons en fonction de ce qu’il vit et ce qu’il voit dans son environnement.

 

Studio, commerce, vie de couple…comment parvenez-vous à vous en sortir ?

A ce niveau, c’est un problème de gestion. Il faut savoir gérer. Les difficultés, on arrive à les surmonter parce que c’est un désir, c’est une volonté, c’est une passion. C’est un talent qu’on ne peut ne pas utiliser. On ne peut résister à l’appel du talent. Maintenant, nous savons qu’au Bénin, la musique ne nourrit pas son homme donc, il faut pouvoir faire autre chose.

 

Cette phrase est redondante. Mais le paradoxe, c’est que de plus en plus, il s’observe une ruée vers ce domaine. Tout le monde veut chanter…

C’est un secteur qui n’est pas encadré. Il est laissé à lui-même si bien que tout le monde s’y plaît. Il y a trop d’artistes; ce qui fait que le secteur n’est plus respecté et apprécié comme avant.

 

Parlant ‘’d’hier’’, qui est votre modèle d’artiste ?

J’aime Vivi. J’aime maman Vivi l’Internationale. Je l’ai toujours aimée. Son habillement… On a jamais vu les seins de maman au dehors, ni ses cuisses. Et pour ceux qui me connaissent, j’aime m’habiller comme elle. Dans son habillement, elle fait la grande dame, elle s’habille comme une africaine, une béninoise. Elle est fière d’être elle-même. Je ne comprends toujours pas pourquoi certaines femmes aiment exhiber les parties intimes de leur corps. Et, ce n’est pas que les femmes artistes seules. Le comportement s’est généralisé. Je pense qu’après tout, c’est un problème d’éducation et de choix.

 

Une artiste, ce sont les concerts de nuit, des shows sur des shows, des réunions, etc…Comment votre époux apprécie-t-il tout ça? Est-ce difficile à une artiste d’être sous le toit d’un homme?

C’est un peu difficile surtout si la confiance n’y est pas. Ça dépend aussi du caractère de la femme, ses paroles, son comportement. Depuis toute petite, je n’ai pas d’amies et je suis restée telle. Si, une réunion d’artistes doit nuire à la paix dans mon foyer, si je n’arrive pas à convaincre mon mari, je m’en garde. En réalité, s’il faut un petit effort de la part d’une femme ordinaire pour rassurer son homme, il en faut beaucoup plus pour la femme artiste.

 

Un mot sur le Fonds des arts et de la culture ?

Bon, je dirai que je n’ai pas encore eu la chance. J’entends des artistes dire qu’ils en ont bénéficié. J’ai déposé mon dossier après le lancement de mon premier album. Ça n’a pas prospéré. Je l’ai encore fait tout récemment. Je reste en prière.

 

Votre mot de la fin, nous sommes à la fin !

Je n’ai jamais cessé de lancer mon cri de cœur. Ce que je récolte, ce sont, “les je t’aime”, “tu me plais”, “j’aime ta musique”… Alors que chanter, c’est de l’argent. C’est la raison pour laquelle sur deux albums audio, je n’ai pu encore réaliser un clip. Le problème de financement se pose. Je lance un appel à tous ceux qui aiment Princesse voix d’or, aux bonnes volontés qui aspirent à mon évolution, à l’émergence de la musique béninoise, de bien vouloir faire ce que Dieu leur mettra à cœur. Je suis disponible sur le : 62 88 54 58. Merci à vous pour l’opportunité.

Propos recueillis par Cyrience KOUGNANDE

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