Pour une paix sociale durable au Bénin : Ce qu’il faut attendre des futurs députés, selon le Sg/Csa

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Dans le numéro 4 de l’initiative “Lettre aux futurs députés“, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, s’est préoccupé du rôle des députés de la 8è législature dans l’enracinement d’une paix sociale durable au Bénin. En faisant référence sur des lois liberticides adoptées par la 7ème législative et certaines dérives, le secrétaire confédéral a évoqué les attentes du peuple et surtout celles des partenaires sociaux pour préserver les acquis démocratiques au Bénin…. Il a, par ailleurs, appelé à l’engagement des prochains élus en lice, à sauvegarder le dialogue social avec les organisations syndicales de travailleurs.

 

« Le Bénin se vante de la paix sociale qu’il préserve depuis le renouveau démocratique. C’est une singularité précieuse dans un environnement géopolitique perturbé par des instabilités sociales. Une paix relativement précaire qui a souvent été malmenée par des conflits sociaux générés par la mauvaise qualité du dialogue social. Or, seule une paix sociale durable peut contribuer au développement et à l’épanouissement. Le renforcement de cette paix incombe entre autres au parlementaire à travers l’une de ses missions premières, le vote des lois.

Le renouvellement du mandat des députés pour une huitième mandature offre l’opportunité aux travailleurs d’attirer l’attention du futur député sur la nécessité d’adopter une démarche susceptible de contribuer à la préservation et à l’enracinement de la paix sociale. Nous devons tirer leçon des pratiques parlementaires passées pour mieux contribuer à la paix sociale » a contextualisé le Sg Anselme Amoussou, dans sa lettre, avant de s’en prendre aux députés de la 7ème législature.   Une législature très prolifique en matière de législation, selon lui, avec plus de 140 textes de lois étudiés et votés. Si cela reste un record pour beaucoup, le syndicaliste s’interroge tout de même sur la portée sociale desdites lois. « Mais, ces lois portent-elles en elles les germes d’une paix sociale durable, d’un projet de progrès économique durable ? Le député de la 7ème législature a-t-il véritablement travaillé à consolider la paix sociale ?

Nous devons nous rappeler que l’élément déclencheur des mouvements de grève de l’année 2018 a été la modification de la loi portant exercice du droit de grève et celle portant statut général de la fonction publique. L’action législative a ainsi généré une tension sociale sévère. Onze (11) semaines de perturbations de la paix sociale provoquées par une loi d’initiative parlementaire. Reviendriez-vous, chers futurs députés, sur les lois polémiques de la 7ème législature qui ont mis à mal la paix et la cohésion sociales ? » s’interroge-t-il. Aux futurs députés qui seront élus à l’issue des élections législatives du 28 avril 2019, le secrétaire général de la Csa-Bénin donne les clés pour être des artisans de la paix sociale à travers le style d’exercice de leur mandat tout en s’investissant dans une recherche constante de la légitimité de leur action. «Vous ne devez pas vous satisfaire exclusivement de la pertinence et de l’utilité de votre action. Mais au contraire, en tant qu’acteur public dans une démocratie en adolescence, vous devez aussi viser et revendiquer la légitimité de l’intervention publique. Le gain de vos actes parlementaires, pour le bien-être commun, passe aussi par le gain pour l’apaisement social. Concilier ces deux impacts positifs est ce qui a manqué à la mandature finissante. Il est aussi attendu de vous que vous œuvriez, aussi bien dans vos relations avec vos adversaires politiques que les acteurs de la société civile, les citoyens et plus particulièrement les organisations syndicales, à la construction et à la préservation de l’apaisement social ».

Ce qu’attendent les organisations syndicales…

 

A en croire Anselme Amoussou, les organisations syndicales veulent bien être rassurées de l’engagement des futurs députés à exercer leur mandat en évitant les attitudes qui les font apparaître comme le seul dépositaire de la volonté du peuple, en tant que pouvoir législatif pour tout le mandat ainsi que les attitudes qui ferment la porte à toute concertation et concession. Les organisations syndicales plaident également afin que les députés remettent dans leur agenda politique et social, les valeurs de solidarité, d’humilité, d’équité et de citoyenneté pour donner un contenu positif à la notion de représentation. Elles souhaitent que les futurs députés veillent à la crédibilité de l’action législative par la proximité de leurs décisions avec la compréhension du citoyen tout en évitant toutes démarches susceptibles d’affaiblir l’idéal démocratique et de mettre en danger la paix sociale. Il est donc impératif que ces futurs élus du peuple soient d’inlassables artisans d’une plus grande implication citoyenne en vue d’une responsabilisation collective par le dialogue, les échanges, la participation. Il faudra ainsi œuvrer à formaliser  le dialogue social avec la société civile par des rencontres d’échanges où les initiatives de lois sont soumises aux avis du citoyen pour profiter de la diversité des points de vue et diminuer les malentendus et les crises. « Faciliter la compréhension ou la coproduction de la législation ne peut qu’être bénéfique pour le renforcement de la démocratie, de la paix sociale et donc du développement de notre pays » conclut Anselme Amoussou. Un appel est donc lancé aux députés de la 8ème législature.

 

Aziz BADAROU

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