Situation politique nationale : Qui pour sauver le Bénin de l’impasse ?

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Les forces politiques de l’opposition béninoise préviennent et mettent en garde le pouvoir de Patrice Talon, contre ce qu’elles qualifient d’exclusion déguisée des élections législatives du 28 avril 2019. A l’opposé, l’exécutif ne semble pas encore appréhender ces avertissements. Tandis que cet antagonisme présente déjà des traces d’une probable crise électorale en gestation, les autorités morales et religieuses quelles qu’elles soient, se sont malheureusement muées dans un silence abasourdissant, bien qu’elles puissent pendant qu’il est encore temps, éviter au pays toute situation malaisée et incontrôlable.

Les prochaines joutes électorales sont, faute de non-participation de la plupart des partis politiques de l’opposition, sujettes à un brouhaha qui ébranle déjà en douceur, toute la classe politique béninoise. En témoigne depuis peu, les conversations extrémistes, les menaces et clashs entre militants dans les réseaux sociaux, les soulèvements des populations qui réclament des élections inclusives, sans oublier les mises en garde de l’opposition qui refuse d’admettre une quelconque élection sans elle. Pis, avant même que la Commission électorale nationale autonome (Cena) ne mette un terme aux dépôts des déclarations de candidatures des partis politiques désireux de challenger au grand dam de ceux de l’opposition qui, pour défaut de certificat de conformité, n’ont pu franchir dans leur majorité le portail de l’institution, la contraction est toujours vivace. Autrement dit, ces foyers de tensions montrent clairement que chaque camp politique est déjà campé sur sa position. La rencontre entre l’opposition et le Président de la république le 25 février dernier a permis de se rendre compte que Patrice Talon n’est nullement favorable à une concession, gage d’une sortie à coup sûr, de cette crise qui étale déjà ses tentacules. Au contraire, les deux antagonistes ont passé tout leur temps pendant la séance à s’accuser mutuellement, laissant ainsi de côté le minimum de consensus que tout le peuple béninois attendait d’eux. Cette absence d’un dialogue sincère et franc entre les parties en conflit crée inexorablement une grande psychose dans la tête des béninois et amène certains à se poser des questions sur l’effectivité réelle du scrutin, si l’on se remémore les menaces de l’opposition. Qui de mieux pour aider ces acteurs politiques en conflit à épargner au Bénin une situation ingérable, si ce n’est les autorités morales et religieuses ?

Le Bénin en quête d’autorité morale crédible

 

Le fait est que ce ne sont pas les autorités morales et religieuses qui manquent. Mais force est de constater que depuis le décès du Cardinal Bernadin Gantin, il n’y a plus personne qui fasse vraiement le consensus. La plupart des autorités morales et religieuses sont soupçonnés, à tort ou à raison, de prendre fait et cause pour tel ou tel autre camp. Ne parlons plus des anciens présidents. Ils sont au cœur de l’action politique tous les jours. Que dire du Médiateur de la République dont le rôle est justement de prévenir de tels conflits et d’aider à sa résolution. Joseph Gnonlonfoun semble lui-même dépassé par la situation. Il en est de même des têtes couronnées qui publiquement prennent parti  pour telle ou telle liste en compétition. Aujourd’hui, même des Imams sont candidats. Qui reste-t-il de neutre pour jouer ce rôle alors que la situation est des plus préoccupante. Le Bénin traverse une vraie crise des valeurs.

 

Janvier GBEDO (Stag)

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