Législatives/Au sujet de ses mises en garde en direction du gouvernement : Azannai, un engagement irrévocable ou une simple plaisanterie ?

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L’un des premiers soutiens du candidat Patrice Talon aux élections présidentielles de 2016, l’ex ministre délégué auprès du président de la République chargé de la défense a tourné dos au gouvernement depuis le 27 mars 2017. Mais depuis que le désamour avec le Chef de l’Etat a été étalé à la face du monde, Candide Azannai s’est mué dans un silence. Il semble jeter désormais le masque pour en découdre avec le régime Talon.

Les choses sont allées très vite entre jeudi et lundi chez Candide Azanaï. Des déclarations en paraboles et ironiques, l’ancien ministre démissionnaire de la défense nationale de Patrice Talon est passé désormais aux mises en garde. Un peu comme pour annoncer son entrée en scène après plus d’un an de round d’observation. Outre les questions de gouvernance de l’actuel Pouvoir qu’il ne partage pas, ce grand artisan de la victoire du président Talon n’est pas non plus d’accord avec la gestion du processus électoral devant conduire à l’élection des parlementaires de la 8ème législature, le 28 avril prochain. «Ces temps-ci, je ne devrais pas être scotché en un endroit plus de dix ou quinze minutes parce que je suis déjà entré en action pour l’intérêt général », lançait déjà Candide Azannai, invité à la “Clinique électorale’ de l’Association béninoise du droit constitutionnel (Abdc). Le torrentueux président du parti Restaurer l’Espoir qui a secoué l’ancien président, Boni Yayi, serait-il enfin sorti de ses gongs pour donner de l’insomnie au régime du Nouveau départ ? Une chose est sûre, il a donné le ton. L’homme qui se dit très organisé est certainement contraint de reprendre les armes avec les réformes du système partisan et électoral. Et, selon certains observateurs, c’est lui qui a visiblement sonné le réveil de l’opposition quant à l’illégalité du certificat de conformité introduit « subrepticement » par la Cour constitutionnelle comme sésame à obtenir par les formations politiques avant de pouvoir prendre part aux législatives d’avril prochain.” Si la loi passe, je vais me retirer, mais s’ils veulent tordre le cou à la loi, j’irai au secours de la loi et au secours de l’intérêt général”, a déclaré le président Candide Azannai en présence des leaders de l’opposition politique. C’est dire simplement que le philosophe politique est décidé à descendre sur le terrain quand le Pouvoir en place passera outre les textes. Autrement dit, Candide Azannaï va s’opposer farouchement si le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia pour ne pas dire le gouvernement délivrait « illégalement » le certificat de conformité pour sauver les blocs Républicain et Progressiste (de la Mouvance) afin de leur permettre de participer aux prochaines joutes électorales en tant qu’entités politiques légalement reconnues. Au-delà du ministère de l’Intérieur, Candide Azannai en veut également à la Cour constitutionnelle. « La Cour ne peut pas faire n’importe quoi, elle est notre Cour, elle est enfermée dans notre souveraineté, dans le respect de la loi », menace l’ancien ministre de la défense. Clamant l’échec de la réforme du système partisan et du système électoral, il a dépiécé dans le nouveau code électoral. « L’article 242 du code électoral est une pure bâtardise qui mélange un système électoral de type fédéral à un système de type unitaire national », fait remarquer d’un ton ferme, cette figure de l’opposition politique. Celui qui entend désormais sortir de sa réserve ne veut sous aucun prétexte laisser passer une « “Rwandisation“ du Bénin qui se fait sur fond de corruption, de privatisation, de perversion morale ». Et il en appelle à une prise de conscience au niveau de l’opposition : « Je vous le jure, si on était organisé à 8h, à 9h cette comédie, ce théâtre va cesser à la tête de la République ». En analysant bien ces propos, on peut dire que Candide Azannaï mijote quelque chose. Et très bientôt, les choses pourraient tourner autrement. L’on se rappelle encore ses actions contre le Pouvoir de Yayi Boni, toute chose ayant fait le lit à l’avènement de Patrice Talon. Mais vu que le contexte n’est plus le même, on est tenté de se demander si Azannaï plaisante ou il est sérieux ? Que peut-il et jusqu’où pourrait-il aller pour faire plier les institutions sur certaines décisions ? Le dépôt des dossiers de candidatures, c’est déjà demain. Et aux dernières nouvelles, les partis politiques pourraient se voir délivrer leur certificat de mise en conformité pour les formalités à la Cena. Le processus suivra-t-il son cours normal ou sera-t-il vraiment bloqué pour un consensus autour des textes électoraux ? Les jours à venir nous édifieront.

 

A.B

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