Législatives 2019/Constitution des dossiers de candidatures : L’opposition exige le retrait du certificat de conformité…

359

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

(La Cour s’est discréditée et disqualifiée du processus électoral, selon l’opposition)

La situation liée au processus électoral devient confuse et surtout préoccupante notamment avec l’institution d’une pièce non prévue par les dispositions des lois portant code électoral et Charte des partis politiques : le certificat de conformité. Face à la presse nationale et internationale ce lundi, 18 février 2019, les partis politiques de l’opposition ont dénoncé une violation du code électoral et de la Charte des partis politiques. L’opposition exige le retrait sans délai du certificat de conformité des pièces constitutives des dossiers de candidature et déplore cette manœuvre de la Cour constitutionnelle…

Si le ministre de l’intérieur, Sacca Lafia a essayé de convaincre l’opinion publique lors de sa sortie médiatique sur la nécessité de délivrer un certificat de conformité aux partis politiques en raison de l’imminence des élections législatives et de la fréquence de parution (deux fois par mois) du Journal Officiel, l’opposition accuse l’autorité ministérielle de tenir des propos graves et attentatoires aux dispositions légales encadrant le processus électoral. Dans une déclaration lue par Candide Azannai, président du parti Restaurer l’Espoir, les forces politiques de l’Opposition condamnent l’institution d’une pièce illégale dans la constitution des dossiers de candidature pour les législatives du 28 avril 2019. En effet, en expliquant les conditions de mise en conformité des partis politiques, le ministre Sacca Lafia avait clarifié qu’après le dépôt des pièces, un récépissé provisoire est délivré et la délivrance du récépissé définitif est conditionnée par la publication au Journal officiel. Face à l’impossibilité de satisfaire aux exigences au niveau du Journal officiel au regard du délai, la Cour constitutionnelle est intervenue pour autoriser la délivrance de certificat de conformité, une fois que le récépissé provisoire est délivré. Si le certificat de conformité permet aux partis politiques d’aller aux élections sans le récépissé définitif, il leur est fait obligation de poursuivre le processus même après le scrutin. Une période transitoire illégalement instituée, selon l’opposition qui accuse la Cour constitutionnelle de s’être discréditée et disqualifiée pour prendre part au processus électoral. A en croire Candide Azannaï, il s’agit d’une pièce inventée pour aider les deux blocs soutenant les actions du Chef de l’Etat, qui se sont retrouvés dans l’incapacité de fournir dans les délais, les pièces constitutives des dossiers de candidatures. Et ce, conformément aux lois “aveuglément” votées par les députés du Bmp. L’opposition est prête mais ce sont les deux blocs de la mouvance qui ne le sont pas, selon le porte-parole de l’opposition. “On n’aide pas son adversaire”, lance Candide Azannai pour faire savoir que la Cour a fait le jeu pour sauver les blocs Républicain et Progressiste qui, conformément aux textes, sont disqualifiés pour les élections. Constatant que la mouvance est prise à son propre piège, il affirme que les réformes du système partisan et électoral ont échoué. Ainsi, l’opposition exige le retrait sans délai, du certificat de conformité; l’arrêt de la mascarade observée autour de la délivrance des quitus fiscaux et le rend le gouvernement responsable des troubles qui découleraient de son entêtement. “La voie de la sagesse recommande que le pouvoir de Talon recule”, martèle Azannai.

 

Yayi, Rosine et Nicéphore Soglo sortent des griffes contre la gouvernance Talon…

 

“Trop, c’est trop, la ligne rouge est dépassée”, déplore l’ex Président de la République, Dr Boni Yayi qui estime qu’en matière de gouvernance électorale, l’exemplarité au sommet de l’Etat s’impose. Selon ses propos, le ministre de l’intérieur est loin de convaincre l’opinion publique quant à la légalité du certificat de conformité. Il a, par ailleurs, dénoncé une persécution fiscale des potentiels candidats avant de relever quelques failles des lois portant Code électoral et Charte des partis politiques. Quant à Rosine Soglo, elle appelle le peuple à se lever pour défendre la patrie tout en se disant prête à combattre le régime en place même au péril de sa vie. Et au Président Nicéphore Soglo de reprocher au Président Patrice Talon de vouloir empêcher la compétition alors qu’il s’est toujours dit “compétiteur né”. Selon lui, le ministre Sacca Lafia devrait être contraint à la démission à la suite de la confusion orchestrée autour du processus électoral.

 

Yayi évoque l’achat des milliers de cartes d’électeurs…

 

L’ancien Président de la République, Boni Yayi est également triste de se rendre à l’évidence que l’achat des cartes d’électeurs est une effectivité. Environ, un million de cartes d’électeurs seraient achetés par des blocs de la mouvance avec des registres. Au détour de sa visite aux familles éplorées à Karimama, on lui aurait fait part de la situation, preuves à l’appui. Tout en déplorant le fait, il a évoqué la nécessité pour le gouvernement d’œuvrer pour des élections équitables, pacifiques et transparentes.

 

Aziz BADAROU

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite