Contrôle de conformité des partis politiques à la nouvelle loi : Sacca Lafia, juge et partie?

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Le ministre de l’Intérieur joue un rôle fondamental  dans le contrôle de conformité des partis politiques à la nouvelle charte des partis politiques. Et la position de Sacca Lafia, vice-président de l’Union progressiste (Up), pourrait être  interprétée différemment par les formations de la mouvance présidentielle et de l’opposition. Sa légitimité pourrait être remise en cause.

La loi confère assez de pouvoirs au ministre de l’Intérieur dans le cadre du contrôle de conformité des formations politiques à la nouvelle charte des partis politiques. Selon l’article 19 de ladite charte, “(…) Le ministre de l’Intérieur fait procéder à toute enquête nécessaire au contrôle de conformité à la loi du dossier de déclaration administrative de constitution (…)”. Le ministre Sacca Lafia a lui-même reconnu la grande responsabilité que la nouvelle loi lui a confiée. Il l’a d’ailleurs souligné lors de la conférence de presse organisée le 14 février 2019 à Cotonou. ” Le ministre de l’Intérieur a une lourde responsabilité dans le cadre du processus de la réforme du système partisan actuel en cours dans notre pays”. Mais quand on sait que le ministre Sacca Lafia est membre, qui plus est, vice-président de l’Union progressiste (Up), l’un des deux grands blocs qui soutiennent les actions du Chef de l’Etat, on doit se poser des questions  quant à l’impartialité qu’exige sa mission. Dans un environnement  politique fait de suspicions et de roueries, certains chefs d’organisations politiques pourraient douter de la personne de Sacca Lafia parce qu’il a aussi de grands rôles au sein  d’une formation politique concurrente. Sa position  de chef de parti politique l’affaiblit. On pourrait lui reprocher de travailler pour une chapelle politique et bien justifier ses allégations. Même si dans la réalité, il pourrait être amené à faire de gros efforts pour se montrer impartial,  tout joue contre lui apparemment. Lors de la conférence de presse de la semaine écoulée, il a pu démontrer que l’Up ne remplissait pas aussi toutes les conditions  pour se conformer à la nouvelle charte des partis politiques. Mais beaucoup pourraient parler de manœuvres et douter  de sa sincérité. D’autres pourraient soutenir qu’il voulait endormir tout le monde au début du processus et favoriser vers la fin des délais légaux des formations politiques proches du pouvoir exécutif. La suspicion est grande. Et elle ne manque de légitimité. D’ailleurs, dans le camp de la majorité au pouvoir, l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) a contesté les arguments étalés par Sacca Lafia pour justifier le rejet de ses dossiers. Elle parle de manœuvres  visant à l’empêcher  de participer aux élections législatives. L’opposition, elle, aura de sérieuses raisons pour soutenir naturellement sa position. Le ministre Sacca Lafia est indubitablement juge et partie. L’arbitre qu’il doit être, ne rassure pas. Et cela doit déteindre sur les décisions  qu’il aura à prendre au cours du processus très sensible dans lequel le Bénin s’est engagé depuis quelques jours.

Mike MAHOUNA

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