Campagne électorale précoce : Qui pour arrêter Progressistes et Républicains ?

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Les élections législatives sont prévues pour le 28 avril 2019. Mais avant même le lancement de la campagne électorale par la Commission électorale nationale autonome (Cena), les Blocs Républicains et Progressistes, appendices de la mouvance présidentielle, se sont lancés depuis peu, dans une campagne électorale voilée. Pis, leurs leaders confectionnent des tissus et logos, à l’effigie desdits Blocs. Une désobligeance qui en plus de violer le Code électoral en vigueur pose un problème d’éthique et de morale dans le gotha politique béninois, au point où l’on se demande qui pourra arrêter le bazar.

Depuis plusieurs semaines, certains caciques de la rupture par le truchement de leurs Blocs respectifs, se sont adonnés à une campagne électorale déguisée. Ceci, en témoigne leur envahissement hebdomadaire des contrées et villes pendant les weekends, sans oublier la kyrielle d’affiches géantes des deux Blocs, qui inondent certains carrefours des villes. Dans sa parution du 9 janvier 2018, votre journal dénonçait dans un article, le caractère incongru et flottant de cette démarche initiée par les proches du pouvoir en place, à l’instar des députés de la majorité parlementaire. Au-delà, les réquisitoires et alertes sur ce triste spectacle sur le terrain et relayé par des médias ont été et continuent d’ailleurs d’être persistants. Cette persistance trouve sa source dans le germe de violation des articles 54 (La campagne électorale est déclarée ouverte par décision de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Sous réserve des dérogations prévues par la loi, elle dure quinze (15) jours. Elle s’achève, la veille du scrutin à zéro (00) heure, soit vingt-quatre (24) heures avant le jour du scrutin) et 55 (Nul ne peut, par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période prévue à l’article précédent), du présent code électoral porté par cette attitude à valeur propagandiste. Malgré le caractère péremptoire de cet article 55, ils ont depuis quelques jours, décidé d’enfoncer le clou. Cela, en confectionnant des logos voire tissus avec lesquels ils déambulent et ce, à l’effigie desdits Blocs. Un complément de non-droit qui, au-delà des autres excitations, viole allègrement l’article 63 du même code qui stipule par ailleurs que : «Les pratiques publicitaires à caractère commercial, l’offre de tissus, de tee-shirts, de stylos, de porte-clefs, de calendriers et autres objets utilitaires à l’effigie des candidats ou symbole des partis ainsi que leur port et leur utilisation, les dons et libéralités ou les faveurs administratives faits à un individu, à une commune ou à une collectivité quelconque de citoyens à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote sont et restent interdits douze (12) mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme ». Cette série de violation flagrante du code déséquilibre déjà à coup sûr la prochaine compétition électorale et devrait amener les autorités compétentes à sortir de leur torpeur. Mais jusque-là, rien. Personne ou aucune structure habilitée n’a jugé opportun de recadrer ces acteurs, y compris des députés de la mouvance qui violent joyeusement les textes qu’ils ont initiés et votés eux-mêmes. Ni la Cour constitutionnelle, ni la Cena ou encore la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), ne voient encore ce qui se passe presque tous les weekends, dans les circonscriptions électorales et ce qui se diffuse dans les médias. Qui pour recadrer ou mettre fin alors à cette campagne à peine voilée ?

L’éthique et la morale mis à rude épreuve…

Même en écartant la thèse de recadrage des mis en cause, ils devraient pour la plupart parmi eux, commencer par faire leur mea-culpa. En se limitant juste à ce qu’ils ont été dans un passé récent et toutes les leçons de morales qu’ils ont infligées au régime précédent à qui, ils ont tout le temps reproché les mêmes choses et qui n’a d’ailleurs pas fait autant, on peut sans risque de se tromper affirmer que l’environnement les a phagocytés. Même si ce dernier est un facteur d’expériences variées, les acteurs de la mouvance d’aujourd’hui qui se plaisent à jouer à ce jeu devraient savoir que leur comportement contrastent avec les mielleux discours du président Patrice Talon qui n’a jamais cessé de rappeler depuis les moments forts de la campagne électorale de 2016, son désir de faire revenir l’éthique avec sa dose de morale, dans la vie politique béninoise.

J.G.

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