Evaluation intellectuelle des enseignants : 3ème échec, que fera désormais la Rupture ?

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16 juin 2018, les enseignants de la Maternelle et du Primaire ont été soumis à un test d’évaluation de leur niveau intellectuel par le gouvernement de Patrice Talon. Cette première évaluation a été invalidée du fait de certaines insuffisances qu’aurait relevées l’employeur. Premier fiasco donc. Le samedi 28 juillet 2018, alors que le gouvernement tentait de refaire son image dans l’opinion, puisqu’à vrai dire, au premier test, le boycott n’était pas négligeable, c’est un scénario plus catastrophique que l’opinion a vécu. En effet, dans toutes les écoles primaires publiques, le mot d’ordre du boycott a été largement suivi. Deuxième échec en cinq semaines. Que se passe-t-il concrètement dans le sous-secteur dirigé par le ministre Salimane Karimou ? Maîtrise-t-il réellement sa troupe, ou bien il est victime de l’impopularité du Pouvoir Talon dans l’opinion ? Jusqu’à ce jour, aucun diagnostic sérieux pour appréhender les réelles causes de cette position adoptée par les enseignants pour y remédier. Pourquoi le pouvoir en place s’obstine-t-il à évaluer le niveau des éducateurs ? Est-ce de cette manière que l’opération devrait être conduite ? Les enseignants formés à l’école normale, ceux titulaires du Capes, ceux Ape, Ace ou ceux-là qui sont à un an de la retraite ont-ils les mêmes problèmes pour subir le même test qu’un ‘’vacataire’’ ? Comme si on avait un objectif à atteindre avant telle échéance, l’Exécutif a foncé tête baissée et, dans la foulée, il a décidé d’appliquer au secondaire ce qui n’a pas prospéré au niveau inférieur. Courant décembre, le projet a été, à nouveau, agité et soutenu par le ministre de tutelle et universitaire, Kakpo Mahougnon. Mais, au regard des signaux qui se dégageaient du corps enseignant à l’évocation de ladite évaluation, le président Patrice Talon a dû certainement demander à ses collaborateurs de surseoir d’abord au test. Un repli tactique qui n’aura duré que le temps d’un feu de paille puisque quelques jours après, l’évaluation sera programmée. Samedi 12 janvier 2019 était le jour J. Mais du point global fait sur l’ensemble du territoire, il en résulte que c’était un vrai camouflet pour l’autorité politique. A part quelques-uns qui ont composé, ce fut un boycott général avec des enseignants en courroux. En tout cas, pas prêts à reprendre de sitôt un tel exercice. Les raisons avancées sont diverses et varient d’un enseignant à un autre. Troisième désaveu retentissant pour le gouvernement. Sous d’autres cieux, cela suffit pour qu’à défaut de tout le gouvernement, tout au moins les ministres Salimane Karimou et Kakpo Mahougnon démissionnent. Là n’est peut-être pas le plus important. Alors, au regard de la situation au niveau des deux ordres d’enseignement, que feront désormais Patrice Talon et ses collaborateurs ministres en charge du secteur de l’enseignement ? Opérer un forcing, prendre en compte le peu d’enseignants qui a composé, et radier le reste pour insubordination ? Ou bien, vont-ils profiter de la délicate période électorale pour abandonner définitivement ce projet et passer à autre chose ? Les prochaines semaines nous édifieront.

 

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Worou BORO

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