Examen national de licence au Bénin : Une attribution fantaisiste des notes, des rachats exagérés…

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La réforme relative à l’organisation des examens nationaux de Licence et de Master s’est heurtée certes à de la résistance dans le rang des promoteurs des universités privées mais sa pertinence et indispensabilité ont été finalement reconnues. Si cette réforme fondamentale du gouvernement vise à assainir le milieu des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes) et surtout crédibiliser les diplômes délivrés par ces derniers, l’organisation et les consignes de correction données par la Direction  des examens et concours (Dec), ne font que plomber la vision. Des rachats fantaisistes au favoritisme, tant d’irrégularités entachent l’organisation desdits examens…

la réforme gouvernementale portant organisation des examens nationaux de Licence et de Master au Bénin est simplement sabotée. L’évidence est que les objectifs fixés à travers ladite réforme  sont détournés pour faire la promotion de l’incompétence et du coup, les diplômes délivrés par le ministère de l’Enseignement supérieur ne sont pas destinés qu’aux méritants. D’abord, ce fut tout un bordel autour de la première édition de l’examen national de licence. Si les Epes ont manqué de temps pour aguerrir leurs étudiants, des consignes ont été données pour ne pas pénaliser voire sanctionner ceux qui ont soutenu la réforme. Il a été recommandé plus de largesse dans la correction des copies. Des consignes largement suivies, de façon exagérée en Science de Gestion et moyennement dans les autres domaines. A titre illustratif, les forts taux de réussite enregistrés par les Epes avec des résultats allant de 80% à 100%  en Gestion. Faut-il le souligner, la quasi-totalité des Epes présentent des candidats en Gestion. Par contre, en Génie électrique, Système industriel, Réseaux informatiques et télécommunications, la consigne n’a pas été suivie et les résultats médiocres (0%, 8%, 15%) reflètent bien le niveau des candidats. Le hic est qu’en dehors de ces filières,   l’option de passage des candidats au tamis  n’est plus suivie.

 

De la triche?

De sources bien introduites,   pour l’édition 2018 desdits examens nationaux, les mêmes consignes ont été données. Ainsi, pour les trois épreuves de Gestion, il a été noté une correction de complaisance avec l’attribution des notes fantaisistes à savoir 7 points pour le tronc commun et 10 points pour les spécialités et l’épreuve pratique. Une répartition qui permet aux candidats d’obtenir plus facilement la moyenne de 10. « Des notes ont été rajoutées dans certaines épreuves et à tout le monde sans exception. En Banque, 5 points dans l’exercice 3 de l’épreuve de spécialité à tous les candidats. En Finance Comptabilité et Audit, il a été demandé aux candidats de produire 2 factures. Pour chacune des factures demandées, 2 points ont été attribués soit 4 points sur 20 dans cette épreuve que le candidat ait bien répondu ou non. Pour l’épreuve du tronc commun, nous l’avons dit, la largesse va amener la plupart des copies à la note de 7 pour les plus mauvaises copies, et bon nombre au-delà de 10 de moyenne » nous confie une source bien renseignée. Des points auraient été rajoutés pour aider les étudiants dans d’autres domaines également.  Des actes qui remettent en cause non seulement l’importance desdits examens nationaux mais surtout la crédibilité des diplômes délivrés avec cette réforme. Il urge pour le Chef de l’Etat de prendre ses responsabilités sinon on aura investi des fonds dans la gadoue.

 

Quid des correcteurs

Si les critères de sélection des correcteurs des copies méritent d’être remis en cause, il faut également déplorer la qualité du travail fait par ceux-ci. En effet, il n’est pas exclu de voir des professeurs de spécialités corriger des épreuves de Management, une matière qu’ils n’ont jamais enseigné. Un véritable bazar orchestré par le Directeur des examens et concours. « Ainsi un spécialiste de Transport  Logistique ne comprenant pas grandes choses à la correction de l’épreuve, s’est  vu dire par d’autres collègues de suivre la correction type pour avoir son argent » confie une source. Et de poursuivre « Certains correcteurs sont opposés dans leur domaine à cette pratique d’octroie de note, comme l’épreuve de chimie en Biologie ou on peut avoir des notes de 01/20, ou en Science Juridique par exemple. L’épreuve de Tronc commun des Sciences de Gestion a regroupé le plus grand nombre de copies : sa correction a été faite par l’ensemble de tous les professeurs de Gestion ». C’est inadmissible ! Le comble est que ces correcteurs bien qu’ils soient conscients qu’avec cette distribution fantaisiste de notes, la Licence sera bien galvaudée, veulent bien rehausser l’image de leur Epes. Et l’excuse trouvée est que les candidats sont déjà admissibles dans leur établissement donc inutile de les faire échouer. Quel crédit alors pour ces examens nationaux…

 

Il y a urgence d’agir…

Si d’après nos investigations, ces consignes n’émanent guère du ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Odile Attanasso, il importe que l’autorité ministérielle prenne des mesures subséquentes pour éviter le déluge, la délibération étant prévue pour ce vendredi. « Il urge de voir les résultats sous anonymats, les statistiques par filières, les plus faibles notes par filières, le tout par une équipe entièrement étrangère à la DEC et s’il y a lieu, de rejeter la délibération de vendredi pour une meilleure correction des épreuves. Il y va de l’avenir du BENIN tout entier et de son développement. Beaucoup d’autres problèmes restent à étudier » recommande une source qui a requis l’anonymat. A présent, la balle est dans le camp du gouvernement.

M.M

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