Cérémonie de présentation de vœux au Chef de l’Etat : Talon se satisfait de la « convergence » des institutions

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 Au Bénin, les institutions de  la République affichent une certaine complicité. Contrairement à ce que le régime de la Rupture a vécu durant ses premières années, il y a ces derniers mois une certaine convergence de points de vue entre le gouvernement et les autres institutions. Patrice Talon l’a d’ailleurs souligné hier, mardi 08 janvier lors d’une manifestation officielle à Cotonou.

Durant un peu plus de deux ans, le Chef de l’Etat a voulu créer une certaine harmonie entre les institutions de la République. Certains observateurs disaient qu’il voulait que les autres institutions s’alignent derrière l’Exécutif. Lors de la cérémonie de présentation de vœux organisée au palais de la Marina en 2018, Patrice Talon avait même souhaité être accompagné dans ses réformes décriées. Il avait exprimé ce besoin parce qu’il sentait une certaine résistance  notamment au niveau de la Cour constitutionnelle qui ne partageait pas la même vision que lui. Le professeur Théodore Holo qui dirigeait à l’époque la Haute juridiction avait imposé une autre dynamique, celle qui défendait la volonté du peuple et le respect des libertés démocratiques. Mais hier, curieusement, le président Talon s’est satisfait des relations qu’entretiennent les institutions au Bénin. « J’apprécie hautement la qualité de l’accompagnement que chacune de vos institutions apporte à mon gouvernement dans l’accompagnement de sa mission exaltante, et je sais pouvoir compter davantage sur elles pour relever les prochains défis qui se poseront à nous», a en effet déclaré le président de la République. Il ajoutera : « Nous félicitant de l’harmonie globale qui caractérise les rapports entre institutions, je voudrais souhaiter qu’elle soit maintenue au cours des années à venir». Le discours du Chef de l’Etat montre clairement qu’il y a eu une évolution notable entre janvier 2018 et 2019. Le gouvernement a certainement éprouvé moins de difficultés pour faire passer ses réformes majeures. Même si la réforme constitutionnelle n’a une fois encore pas prospéré, plusieurs lois ont été votées au Parlement sans grandes difficultés. Et la Cour constitutionnelle qui a changé de main entre temps a fermé les yeux sur des initiatives qui posent de réels problèmes de droit. L’équipe dirigée par le Professeur Joseph Djogbénou a en effet cautionné la restriction du droit de grève ainsi que  l’adoption d’une charte des partis politiques et d’un code électoral problématiques. Seulement, ces changements qui justifient sans doute la satisfaction et la joie du Chef de l’Etat devraient plutôt pousser les Béninois à s’interroger sur la démocratie béninoise. Car la  complicité entre les institutions  de l’Etat n’est pas toujours un signe de progrès.

 

 Mike MAHOUNA

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