Dossier Komi Koutché : Le gouvernement dans l’improvisation !

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(Le mandat d’arrêt n’était plus juridiquement valable)

Interpelé et gardé à vue en Espagne depuis le 14 décembre 2018, Komi Koutché est poursuivi par les autorités béninoises sans un mandat juridiquement valable. Pendant qu’on y est, les autorités  tentent d’en fabriquer un, en vue de légaliser sa procédure d’extradiction. 

Il n’est plus un secret pour quelqu’un que l’ancien Directeur général du Fonds national de la microfinance ‘’Fnm’’ (2008-2013) et ancien Ministre  des Finances (2015-2016), n’est plus libre de ses mouvements. A Madrid en Espagne où il est detenu, c’est un supposé mandat d’’arrêt qui en est la cause. Un mandat qui en réalité n’a juridiquement jamais pris corps. Pour cause, le seul décerné par le juge d’instruction du tribunal de première instance de Cotonou à son encontre le 4 avril 2018 avait déjà perdu sa valeur. Ceci, du fait qu’il se soit présenté de son propre gré au cabinet de ce juge le 6 avril 2018, soit deux jours plus tard. Après l’avoir écouté, le juge n’a pas jugé utile de le priver de sa liberté. Après son interrogatoire, le juge a décidé de le mettre sous convocation pour une date subséquente. Mieux, le juge a rendu une ordonnance dans laquelle, il a manifesté son désir de ne pas l’envoyer  devant le juge des libertés, qui en réalité est seul compétent pour placer quelqu’un sous mandat de dépôt, dans le cadre d’une instruction. Le juge est allé plus loin en balayant de revers, toutes les velleités du procureur visant à mettre Komi Koutché sous mandat de dépôt en témoigne, une autre ordonnance de refus de placement qu’il a prise. L’autre paradoxe qui a motivé le juge dans ses differentes prises de décisions, c’est le refus du procureur et du gouvernement de laisser travailler l’auditeur choisi par ce juge. Or, cet audit impartial à nouveau commandité devrait laisser voir la réalité des faits, attendu que le premier est unilatéral et non contradictoire, ne respectant de ce fait, à aucune norme professionnelle requise. Il ne portait d’ailleurs que sur six mois de gestion de Komi Koutché puisqu’en Août 2013, il a fait son entrée au gouvernement au poste de Ministre de la communication. En absence donc de pièces justificatives crédibles pouvant prouver aux autorités Espagnoles que l’opposant au régime Talon est un fugitif,  une astuce a été pensée par le gouvernement du Bénin, pour essayer de se rattraper. Ce dernier de façon improvisée a délivré le 28 décembre 2018, un nouveau mandat d’arrêt, contre l’ancien argentier national. Cette fois-ci, le mandat a été porté aux autorités espagnoles par voie diplomatique. Une attitude qui laisse davantage planer le doute, sur la sincérité du gouvernement béninois, dans cette affaire. Rien qu’à se fier à cette situation juridique et à l’aune du statut de la famille politique de Komi Koutché qu’est les Forces cauris pour un Bénin émergent  (FCBE), Parti d’Opposition au pouvoir de Patrice Talon, on ne peut trouver aucun tort à ceux  qui pensent qu’il s’agit d’une machination politique dans le seul but de nuire à un adversaire politique de taille.

 

Janvier GBEDO (Stag)

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